Les vertus insoupçonnées du ya ya et de la salsa

Pour que la danse puisse se comparer à... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

Agrandir

Pour que la danse puisse se comparer à un entraînement efficace, elle doit exiger du danseur qu'il maintienne sa fréquence cardiaque à au moins 75 % de sa capacité.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Danser serait bon pour les méninges, le système cardiorespiratoire et le moral. Autre point positif, on n'a pas besoin de s'abonner quelque part pour s'y adonner ! Est-ce trop beau pour être vrai ?

On danse d'abord pour le plaisir, que ce soit dans une soirée avec des amis ou debout sur le sofa avec les enfants. Or, plusieurs études tendent à démontrer que ce petit bonheur qu'on s'offre pourrait avoir des vertus insoupçonnées comme augmenter la matière blanche du cerveau et peut-être même brûler plus de calories qu'une activité demandant un effort continu comme le jogging. La danse serait-elle cet exercice accessible et efficace qu'on attendait pour se remettre en forme ?

« La danse est un bon exercice, mais je ne pense pas qu'il y ait un seul exercice meilleur que les autres », nuance d'emblée Marie-Claude Lapointe, kinésiologue chez Actiforme. L'efficacité d'une activité physique sur la santé d'une personne dépend d'une foule de facteurs dont, en premier lieu, sa condition physique de départ.

« Pour les gens sédentaires ou qui bougent très peu, danser va avoir un impact sur le système cardiovasculaire. Pour les gens déjà très en forme, il va falloir que la danse soit assez sportive pour avoir un impact », souligne la kinésiologue.

Ceux-là doivent oublier tout de suite le ya ya et plutôt opter pour la salsa ou la danse acrobatique.

Pour que la danse puisse se comparer à un entraînement efficace, elle doit exiger du danseur qu'il maintienne sa fréquence cardiaque à au moins 75 % de sa capacité. « Il faut sentir au moins un peu d'essoufflement quand on fait l'effort, dit-elle. Si on est essoufflé et qu'on est capable de parler, c'est bien, mais si on n'est pas capable de parler, c'est bien aussi et ça peut avoir un impact sur le système aérobie. »

Marie-Claude Lapointe, kinésiologue chez Actiforme... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 2.0

Agrandir

Marie-Claude Lapointe, kinésiologue chez Actiforme

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Marie-Claude Lapointe se montre toutefois sceptique quant au fait qu'une danse marquée par des accélérations et des décélérations puisse ressembler à un entraînement par intervalles et brûler davantage de calories que le jogging, comme l'avance une étude publiée en 2015 par Nick Smeeton, de l'Université de Brighton. Il faudrait que la fréquence cardiaque atteigne 90 % des capacités du danseur, selon elle.

Danser pour sa tête

Louis Bhérer, neurologue et professeur au département de médecine de l'Université de Montréal, est aussi prudent lorsqu'il est question d'améliorer sa forme physique par la danse. Il sait par contre qu'on peut en tirer des bienfaits sur le plan cognitif. L'une des études qu'il a menées montre un impact « significatif » d'un entraînement axé sur la danse destiné à des personnes de plus de 60 ans après trois mois seulement.

La danse est en effet une activité plus complexe qu'il n'y paraît : la synchronisation avec la musique, la coordination des membres et la mémorisation des pas s'avèrent stimulantes pour le cerveau. « Surtout chez les personnes âgées qui commencent à montrer des signes de faiblesse [sur le plan cognitif] », dit le chercheur.

« Les danses les plus complexes, selon ce que j'ai vu à ce jour, ont des effets plus grands. Quand il y a beaucoup de coordination motrice, probablement que ça implique plus de concentration et d'apprentissage. » 

Aussi, sur le plan de la confiance en soi, de la diminution du stress et du bien-être général ressenti, les activités de danse « scorent très fort », selon lui. Bref, c'est bon pour le moral des danseurs de tous les âges.

« Ce qui est bon avec la danse, rappelle Marie-Claude Lapointe, c'est que ça amène les gens à socialiser. » L'isolement étant associé à la détresse psychologique et même à un risque de mortalité prématurée, le contact avec d'autres est un aspect non négligeable de cette activité. La kinésiologue ajoute que l'aspect social contribue à la motivation des participants. « C'est essentiel, souligne-t-elle. Souvent, les gens qui commencent un programme d'exercices arrêtent parce que ce n'est pas motivant, ils trouvent ça plate. »

Sans vouloir simplifier les choses, la kinésiologue rappelle que bouger, que ce soit par la boxe, la course à pied, l'entraînement ou la danse, contribue à diminuer le stress et l'anxiété, à augmenter le niveau d'énergie et la qualité du sommeil. « L'idée serait d'amener les gens à faire de la danse deux ou trois fois par semaine, suggère Marie-Claude Lapointe. Tous les gens qui aiment ça devraient danser. »




Les plus populaires : Société

Tous les plus populaires de la section Société
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer