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Spécialistes du corps humain: à quel saint se vouer?

Après avoir posé un diagnostic, le chiropraticien effectue... (PHOTO THINKSTOCK)

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Après avoir posé un diagnostic, le chiropraticien effectue des manipulations vertébrales ou articulaires.

PHOTO THINKSTOCK

Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Qui consulter pour un mal de dos, des migraines sévères ou une tendinite? Un physiothérapeute, un ostéopathe, un ergothérapeute, un chiropraticien ou un acupuncteur? Pour y voir plus clair, La Presse donne la parole aux spécialistes du corps humain.

Qui fait quoi?

L'un mise sur les manipulations vertébrales et articulaires, alors que l'autre place des aiguilles sur différentes zones de votre corps. Regard sur les particularités propres à chaque discipline.

Chiropratique: craquements et soulagement

Le chiropraticien s'intéresse à la relation entre le squelette, le système musculaire et le système nerveux. Après avoir posé un diagnostic, il effectue des manipulations vertébrales ou articulaires (genoux, chevilles, poignets, épaules, etc.): les fameux craquements. «Quand on exerce une pression sur une articulation, comme lorsqu'on fait craquer nos doigts, il se forme une augmentation de la pression à l'intérieur, qui entraîne l'éclatement d'une bulle gazeuse et la production du son», illustre le président de l'Ordre des chiropraticiens du Québec, le Dr Jean-François Henry. Il précise que la manipulation est sans douleur, qu'elle ne casse aucun os et qu'elle ne cause pas l'arthrite ni l'arthrose. Chaque intervention entraîne une cascade d'effets positifs. «Quand une articulation est restreinte dans son mouvement, les muscles, les ligaments et les tendons qui l'entourent la protègent pour éviter une blessure, dit-il. C'est une protection normale et souhaitable. Mais quand on favorise l'amplitude d'une articulation, tous les tissus autour vont également se replacer.» Le chiropraticien utilise également l'électrothérapie, les ultrasons, la glace et la chaleur.

Ostéopathie: traiter la migraine en soignant la cheville

L'ostéopathie est une approche naturelle et manuelle permettant d'identifier pourquoi le corps exprime une douleur ou un inconfort. «On pourrait se comparer à l'horloger de l'être humain, explique Marc Gauthier, président d'Ostéopathie Québec. Notre but est de remettre les mécanismes de la santé en mouvement.» Intéressés par la globalité de leurs patients, les ostéopathes débutent avec une évaluation subjective: ils les questionnent sur leurs activités quotidiennes, leur travail, leurs traumatismes passés, leur prise de médicaments, leurs chirurgies, le type de douleurs et leur fréquence, leur alimentation, leur génétique, leur stress, leurs émotions, le fonctionnement des systèmes digestif, reproducteur et respiratoire. «Pour donner un exemple de la nécessité d'évaluer l'ensemble du patient, une entorse à la cheville datant de 10 ans peut causer mécaniquement des maux de tête aujourd'hui», dit M. Gauthier. Vient ensuite l'évaluation objective, avec des tests manuels. Puis le traitement. À noter que les ostéopathes québécois sont en voie d'obtenir leur ordre professionnel.

Physiothérapie: exercices, manipulations et courants électriques

Selon l'étymologie, la physiothérapie se résume par le traitement de diverses conditions de santé à l'aide de moyens physiques : des exercices (étirement, renforcement, posture, etc.), des techniques de thérapie manuelle (manipulation, techniques de tissus mous, etc.) et l'utilisation de courants électriques, sonores et électromagnétiques. «Nous identifions les déficiences et les incapacités fonctionnelles de nos patients en évaluant les systèmes musculaire, squelettique et cardiorespiratoire», résume Denis Pelletier, président de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec. Si une déficience physique affecte un individu dans sa capacité à bouger, à pratiquer des sports, à travailler ou qu'il est plus à risque de chuter, le physiothérapeute élaborera un plan lui permettant de retrouver son fonctionnement optimal. Contrairement à certaines croyances populaires, la physiothérapie ne se résume pas au traitement de la zone douloureuse. «C'est un piège de croire qu'on se concentre seulement sur la région symptomatique. Selon la nature du problème, il y a pratiquement toujours une phase d'observation de l'ensemble.»

Acupuncture: les aiguilles à la rescousse

Bien que la science occidentale commence tout juste à expliquer certains bienfaits de l'acupuncture, cette médecine traditionnelle millénaire est utilisée pour de nombreux éléments : douleurs musculaires, problèmes respiratoires (asthme, bronchite, allergies, etc.), douleurs menstruelles, infertilité, désintoxication, digestion, dépression, anxiété, faciliter les accouchements naturels, diminuer les symptômes après les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie, etc. En fonction de son ou de ses objectifs, l'acupuncteur dispose de minuscules aiguilles à différents endroits du corps. «Notre approche holistique considère l'humain dans ses dimensions organique, psychique et émotionnelle, explique le président de l'Ordre des acupuncteurs du Québec, Raymond Bourret. Même si la personne ressent uniquement une souffrance dans son corps, les causes peuvent être affectives ou psychiques. Le choix des points d'acupuncture est donc fait en fonction de l'ensemble de cette configuration.» Sachez que si les aiguilles créent une douleur, c'est souvent signe qu'elles touchent une terminaison nerveuse ou un vaisseau sanguin. Les spécialistes peuvent les déplacer légèrement pour améliorer votre confort.

Ergothérapie: viser l'autonomie 

L'objectif des ergothérapeutes est de réhabiliter les capacités fonctionnelles d'un individu pour qu'il s'adapte à son milieu ou que son milieu s'adapte à lui. Dans la vie quotidienne, au travail et dans ses loisirs. «Par exemple, si une personne a mal au cou en raison d'un travail sédentaire dans un bureau, on visite son environnement pour savoir quoi adapter, explique France Verville, directrice de la division québécoise de l'Association canadienne des ergothérapeutes. On peut faire des recommandations posturales, suggérer des aides techniques, des pauses plus fréquentes, etc.» Les spécialistes peuvent aussi accompagner un récent amputé ou un paraplégique à l'hôpital ou dans un centre de réadaptation, afin d'évaluer comment il transfère son corps d'un lit à un fauteuil roulant et du fauteuil aux toilettes. Il s'implique également pour superviser la suite. «On aide le patient à développer son autonomie pour retourner à domicile et reprendre ses activités. On évalue le besoin d'un fauteuil, l'utilité d'une aide technique et l'état du domicile pour recommander de possibles adaptations.» Les ergothérapeutes soutiennent aussi les gens vivant avec des problèmes de santé mentale, afin de les aider à apprivoiser leur vie quotidienne.

Qui consulter pour un mal de dos, des migraines... (Photomontage La Presse) - image 2.0

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Photomontage La Presse

Cinq traitements pour le dos

Pour mieux comprendre l'approche de chacun, prenons un exemple précis, comme des douleurs au bas du dos. Celles-ci peuvent être causées par des dizaines de facteurs. Et les cinq spécialités offrent des solutions parfois semblables, parfois diamétralement opposées. 

Le physiothérapeute 

Le physiothérapeute débute par une vue d'ensemble. «On observe le patient pendant qu'il se rend à la salle de traitement, sa démarche et sa posture de la tête au pied. On ne fait pas un examen strictement local-régional de la zone douloureuse», précise Denis Pelletier, président de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec. Durant l'analyse spécifique, il évalue le patient en fonction des systèmes neuro-musculo-squelettiques pour identifier la déficience générant les douleurs. «On regarde si c'est causé par un problème nerveux ou de tissu musculaire, et si on détecte des douleurs mécaniques, neurogènes ou inflammatoires.» Puis, il observe les incapacités du patient: perte de mobilité, de force ou de souplesse, difficulté à remplir ses obligations familiales, professionnelles ou quotidiennes. Finalement, il détermine un plan de traitement composé de thérapie manuelle et/ou d'exercices et/ou de courants électriques. 

L'acupuncteur

En acupuncture, les pathologies sont regroupées en deux grandes familles: par le vide ou par plénitude. Ainsi, après un accident, une personne peut avoir un mal de dos par «plénitude», dans le sens d'accumulation. «Quand le tissu est blessé, il peut y avoir une accumulation de sang et de chi dans la région, avec de l'inflammation et de l'irritation, illustre Raymond Bourret. On veut donc faire circuler le sang et la lymphe dans cette région et renforcer le tissu musculaire.» Si la douleur est causée par le vide, on parle plutôt d'épuisement d'un organe, d'un système ou du métabolisme. «On va alors nourrir la région et la réchauffer avec d'autres points d'acupuncture.» En tout temps, l'acupuncteur évaluera les dimensions affective et psychique. «Si quelqu'un a des douleurs au dos après un accident, il peut avoir eu très peur et son émotion a potentiellement affecté certains organes en relation avec ses douleurs au dos. Dans notre grille d'analyse, chaque émotion est en lien avec un organe. Ainsi, en dégageant l'émotion, on peut lever l'obstruction qu'elle a causée.»

L'ergothérapeute

L'ergothérapeute travaille en parallèle avec les autres spécialistes et/ou en amont. Il observe l'impact des douleurs au dos sur les activités, les mouvements et les postures. «Par exemple, après un accident, une personne qui a mal au dos peut avoir de la difficulté à prendre un chaudron dans sa cuisine et elle ne se penche pas nécessairement de la bonne façon, dit France Verville. On peut lui montrer comment faire le mouvement, et si sa tolérance en position debout est diminuée, on peut recommander l'utilisation de bancs adaptés.» Si les douleurs sont causées par un trop grand nombre d'heures de travail à l'ordinateur, l'ergothérapeute peut faire des suggestions sur la posture du patient, la hauteur de son écran, de ses appuie-bras et de sa chaise, etc. 

L'ostéopathe

Toujours intéressé par la globalité de l'humain, l'ostéopathe évaluera si le patient bouge bien dans son ensemble en testant la mobilité des membres inférieurs, du sacrum, des lombaires et des iliaques. Il envisagera l'influence du système digestif sur le bas du dos, puisque les viscères se trouvent devant la région lombaire. Il déterminera si un traumatisme crânien ou une commotion cérébrale diagnostiquée par un médecin peut avoir causé des tensions au niveau du crâne, sachant que des membranes de ce dernier s'attachent jusqu'au bas du dos. «On va aussi penser aux douleurs qui sortent en période de stress, dit Marc Gauthier. Comme le système nerveux entoure les artères, qui envoient le sang partout dans le corps, c'est important que le système nerveux sympathique travaille bien.» Les causes sont nombreuses, et les ostéopathes adaptent leurs traitements manuels à chaque situation.

Le chiropraticien

Le chiropraticien passera en revue les nombreuses causes neuro-musculo-squelettiques possibles: douleurs dorsales d'origine musculaire ou articulaire, entorses lombaires, douleurs sciatiques causées par une hernie discale ou autre, problèmes dans la région sacro-iliaque, etc. Selon ses observations, il mettra en place un plan d'intervention par étapes. «Si l'articulation est trop douloureuse, on ne pratiquera peut-être pas une thérapie manuelle dès le départ, dit le Dr Jean-François Henry. On va d'abord soulager l'inflammation, avec de la glace ou des exercices thérapeutiques.» Ensuite, il choisira parmi plus d'une centaine de techniques en s'adaptant au patient. «S'il est inconfortable couché sur le ventre, on peut le positionner autrement, sur le côté, assis ou sur le dos.»




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