Acupunture, homéopathie, vitamines et fleurs d'ail pour réduire les crises d'asthme? Près de 60 % des parents de jeunes asthmatiques québécois croient aux vertus des médecines douces. Pourtant, rien n'a été encore démontré!

Publié le 22 déc. 2010
Isabelle Burgun AGENCE SCIENCE PRESSE

«Je n'ai pas d'idée préconçue, mais il faut se baser sur les évidences: aucune étude ne démontre qu'un produit alternatif a un effet supérieur à un placebo», soutient Francine Ducharme, pédiatre au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Pour arriver à cette conclusion, la chercheuse a interrogé 2 000 familles en visite, sur une période de huit ans, au Centre de l'asthme de l'Hôpital pour Enfants de Montréal. Résultat: 13 % des familles québécoises verseraient régulièrement dans les médecines douces.

Un moindre mal, lorsqu'on compare ce résultat avec celui des États-Unis - plus de 50 % - ou leur grande popularité en Europe. «Notre chance est la grande couverture de médicaments gratuits pour les enfants. Les bons traitements restent accessibles», relève la chercheuse.

Les suppléments vitaminés (28 %), l'homéopathie (18 %) et l'acupuncture (11 %) constituent les pratiques les plus courantes en matière de choix alternatifs.

Médecine pas si douce

L'asthme infantile est la maladie chronique la plus fréquente chez les enfants (10 %). Elle se caractérise par une difficulté à respirer, de la toux, une sensation d'oppression et une hypersensibilité des voies respiratoires. Cette maladie se contrôle traditionnellement par un anti-inflammatoire prescrit par un médecin.

En revanche, les thérapies «douces» présentent de nombreux effets négatifs. Elles retarderaient la prise du traitement traditionnel - l'anti-inflammatoire -ou même l'en détourneraient. L'assimilation de certains ingrédients, le chili et la camomille notamment, pourrait aussi déclencher de nouvelles crises.

Ces thérapies ne devraient pas être prises à la légère chez les jeunes enfants. «Il ne faut pas dire que "cela ne peut pas faire de mal". Ce sont le plus souvent ces enfants ayant été traités à l'aide de médecines alternatives que l'on rencontre aux urgences», met en garde la chercheuse. Les résultats de cette étude ont été publiés dans un récent numéro du Canadian Respitatory Journal.



Pour en savoir plus :

Use of complementary and alternative medicine in children with asthma, par Vanessa Torres-Llenza,  Sanjit Bhogal, Michael Davis et Francine M. Ducharme.

https://tinyurl.com/2uogdjj