Le Québec manque de médecins de famille, mais les patients québécois sont ceux qui, au Canada, parviennent à consulter un médecin spécialiste dans les plus courts délais. Et c'est vrai tant pour consulter un cardiologue qu'un oncologue, ou un spécialiste pour un problème respiratoire ou une maladie de la peau.

Sara Champagne LA PRESSE

En fait, plus de la moitié des Québécois qui ont dû recourir à un spécialiste en 2007 ont obtenu leur rendez-vous dans un délai d'un mois et moins. Ce qui positionne la province largement devant l'Ontario, où moins de la moitié des gens, soit 44,7%, sont parvenus à obtenir une consultation auprès d'un spécialiste dans le même laps de temps, révèle une étude de Statistique Canada, dont les résultats sont dévoilés cette semaine.

 

Sur une note moins encourageante, toutes provinces confondues, les femmes ont par ailleurs plus de difficultés que les hommes à obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. Pour en venir à cette conclusion, Statistique Canada a analysé le dossier de 5515 patients de 15 ans et plus de tout le Canada, qui ont consulté un spécialiste au cours des 12 mois précédents l'étude et qui ont déclaré un temps d'attente.

Si 51% des hommes sont parvenus à voir un spécialiste en un mois en moins d'un bout à l'autre du Canada, seulement 42% des femmes y sont parvenues. Pourtant, durant cette même période, la gynécologie est l'une des trois spécialités les plus sollicitées (12% des cas), devant la cardiologie (9%) et l'oncologie (7%).

 

Julie Bernier, analyste en chef à Statistique Canada, avance des hypothèses pour expliquer la disparité d'accès à un spécialiste entre les hommes et les femmes. «Les hommes ont moins l'habitude de consulter leur médecin de famille, explique-t-elle. Et quand ils le font c'est pour quelque chose de grave. On peut penser que, dans le cas des femmes, les maladies ont été décelées lors d'examens annuels.»

Statistique Canada admet par ailleurs que son étude a ses limites puisque l'agence n'a pas eu accès au niveau de gravité de chaque cas étudié. Dans le cas du Québec, on sait toutefois que 37% des patients n'avaient pas passé par leur médecin de famille ou un spécialiste pour obtenir leur consultation.

«Pour le Québec, où la pénurie d'omnipraticiens est marquée, on émet donc l'hypothèse que les patients ont consulté un spécialiste à la suite d'une visite à l'urgence ou, dans le cas des personnes âgées, qu'elles ont été référées par leur résidence, ajoute Mme Bernier. Pour le savoir, toutefois, il faudrait un registre des visites chez les spécialistes, ce qui n'existe pas présentement.»

Au total, 3 millions de consultations chez un spécialiste ont été dénombrées au pays, en 2007. Au Québec, les spécialistes ont accueilli 711 000 patients. En Ontario, beaucoup plus, avec 1,2 million de visites examinées.