Des chercheurs montréalais ont fait une avancée importante dans le traitement de la bronchiolite. En combinant deux médicaments à l'efficacité encore incertaine, les chercheurs de l'Université McGill ont réussi à réduire du tiers le taux d'hospitalisation.

Mathieu Perreault LA PRESSE

Cette infection pulmonaire, qui touche un bébé sur cinq, mène à l'hospitalisation une fois sur quatre. Elle est associée à l'asthme, dont elle pourrait dans certains cas être le facteur déclenchant. Les enfants qui en souffrent ont de la difficulté à respirer, de la toux, et une respiration sifflante. Elle est généralement causée par un virus.Les pédiatres de l'Hôpital de Montréal pour enfants, qui ont travaillé avec des collègues ontariens et albertains et publié leurs résultats dans le New England Journal of Medicine, ont été surpris des résultats spectaculaires obtenus en combinant un médicament inhalé et un autre sous forme orale. Pour cette raison, et aussi parce qu'une analyse statistique supplémentaire a atténué l'efficacité du traitement, ils préviennent qu'il faudra d'autres études avant d'utiliser couramment la combinaison.

De plus, l'un des médicaments utilisés, des corticostéroïdes à haute dose, ont un effet néfaste sur le développement du cerveau et des poumons, ajoutent deux pédiatres européens dans un commentaire accompagnant l'article. Les chercheurs canadiens tempèrent ce risque, parce qu'ils ne concernent que les bébés qui pesaient moins de 1,5 kilo à la naissance et qui recevaient les corticostéroïdes dans leurs premiers jours.

L'échantillon comportait 800 patients de moins d'un an, qui avaient visité les urgences de quatre hôpitaux pédiatriques universitaires. Ils ont été divisés en quatre groupes, qui recevaient les deux médicaments combinés, l'un ou l'autre des médicaments, et un placebo. Les patients ont été revus après six semaines pour voir s'ils avaient été hospitalisés.