Une ex-employée de Prada au Japon a annoncé lundi qu'elle avait entamé une action en justice contre la filiale japonaise de la maison de couture milanaise, pour licenciement abusif en raison de sa prétendue «laideur».

AGENCE FRANCE-PRESSE

Rina Bovrisse, 36 ans, a expliqué devant la presse qu'elle voulait plaider l'affaire devant le tribunal, avec deux autres ex-employées de Prada, au nom de toutes les femmes traitées injustement par leur employeur au Japon. Lors du procès, fixé au 14 mai, la plaignante va demander l'annulation de son licenciement et réclamer des dédommagements, a déclaré son avocat.

Sa décision a été prise après l'échec en mars d'un arrangement à l'amiable entre les deux parties.

«Je suis ici pour prendre position au nom des femmes japonaises qui ont été victimes de harcèlement et de discrimination sur leur lieu de travail», a dit Mme Bovrisse lors d'une conférence de presse.

«J'aime ce pays, je suis fière d'être japonaise. Mais ce que j'ai vu au Japon, c'est que l'environnement au travail n'est pas aussi protégé qu'à l'étranger», a-t-elle ajouté. «Le problème auquel nous faisons face aujourd'hui devrait être réglé par notre génération.»

Mme Bovrisse, mariée à un Français, accuse la direction de Prada Japon d'avoir poussé à la démission un certain nombre d'employées, en leur reprochant d'être «âgées, moches, grosses, d'avoir une mauvaise dentition et de ne pas être mignonnes».

Selon elle, un responsable lui a également fait savoir, par l'intermédiaire du directeur des ressources humaines, qu'elle devait changer de coiffure, perdre du poids et s'entretenir physiquement pour être en harmonie avec le style Prada.

«Il a dit qu'il avait honte de ma laideur», a-t-elle déclaré en sanglotant.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat de Prada au Japon. Mais la direction à Milan avait, le mois dernier, catégoriquement rejeté ces accusations.

Prada Japon, qui gère une quarantaine de boutiques de la griffe, emploie quelque 500 personnes.