Fêtes à la vietnamienne: cuisiner, partager, aimer

Dans la culture vietnamienne, faire à manger pour... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Dans la culture vietnamienne, faire à manger pour les autres est un témoignage d'amour. En voyant Kim Thúy et sa famille se réunir et cuisiner ensemble, on peut donc conclure qu'ils s'aiment beaucoup.

Photo Martin Chamberland, La Presse

Josée Lapointe

Dans la culture vietnamienne, faire à manger pour les autres est un témoignage d'amour. En voyant Kim Thúy et sa famille cuisiner ensemble, on peut donc conclure qu'ils s'aiment beaucoup. Moment de grâce et d'intimité avec une auteure qui signe, en compagnie de ses tantes, un livre de recettes à offrir en partage.

Manger, c'est fêter«Nous n'avons pas l'habitude de verbaliser nos joies, et encore moins notre affection. Nous empruntons la nourriture comme outil pour exprimer nos émotions.» C'est ainsi que Kim Thúy explique le rapport à la bouffe des Vietnamiens dans Le secret des Vietnamiennes, livre de recettes de son pays natal qu'elle a lancé au début du mois de novembre.

L'auteure à succès, qui a été restauratrice dans une autre vie, s'est servie du savoir de sa mère et de ses tantes pour écrire ce très beau livre, qui les met aussi en vedette. C'est pourquoi nous lui avons demandé de réunir quelques membres de sa famille dans sa maison du Vieux-Longueuil, question d'assister à une séance rituelle de cuisine familiale.

Comme la généreuse auteure ne fait jamais les choses à moitié, se sont retrouvées autour de son grand comptoir sa mère et ses tantes 4, 5, 6 et 7 - ces chiffres, pas du tout aléatoires, sont attribués selon le rang dans la famille -, qui se sont toutes présentées élégamment vêtues de robes de soie.

«Il ne manque que ma 8», précise Kim Thúy. Cette dernière tante devait vraiment être dans l'impossibilité de se déplacer, puisque tante 6, qui mène à New York une prospère carrière de femme d'affaires, a interrompu un voyage au Japon pour être de la partie. Étaient aussi présents la belle-fille de tante 5, ainsi que sa fille et ses deux jeunes enfants.

«Nous ne fêtons pas vraiment Noël au Viêtnam, qui est à 80 % bouddhiste, explique Kim Thúy, qui se rappelle la dinde reçue par son père peu de temps après l'arrivée de sa famille au Québec, à la fin des années 70. On ne savait pas quoi faire avec cette grosse bête-là. Quand on l'a sortie du four, elle n'était pas cuite du tout. Et en plus, on avait laissé les abats dans le sac à l'intérieur! Mon père n'a jamais voulu qu'on en refasse.»

De toute façon, ajoute Kim Thúy, pas besoin d'un événement particulier pour qu'un repas de famille et sa préparation soient festifs. Pour les besoins de ce reportage, l'hôtesse avait ainsi décidé qu'on allait cuisiner un bì, plat de riz au porc émincé. Mais tante 4, venue expressément de Virginie avec son mari, a décidé d'apporter une bûche maison - rare concession vietnamienne au rituel de Noël. «C'est sa recette, explique Kim Thúy. On a toutes essayé de la faire à un moment, et chaque fois, c'était la guerre.»

Tante 4 est aussi arrivée avec de la pâte de crevettes - «parce que notre grand-mère adorait les petites boules frites dans des galettes de riz», précise l'auteure. «C'est toujours comme ça quand on cuisine, on fait toujours plusieurs plats en même temps. Et puis les boules de crevettes, on les mange en cuisinant. Quand on passe à table, il n'y en a plus dans l'assiette!»




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