La réputation des vins japonais ne concurrence pas encore celle des crus français, italiens, australiens, californiens ou chiliens. Mais une nouvelle génération de vins 100% nippons affiche son ambition, et cherche à séduire les oenophiles.

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Shomei Yokouchi, gouverneur de la première région vinicole du Japon, la préfecture de Yamanashi, s'est rendu à Londres en janvier pour promouvoir les vins de son terroir. Accompagné par des représentants des domaines de la région, il a présenté 15 vins blancs Koshu, élaborés à partir du raisin Koshubudo, lors d'une réception à l'ambassade du Japon.

Le gouverneur juge que la combinaison du vin blanc et des mets traditionnels japonais, comme les sushis, provoque «une alchimie unique».

«L'image du vin japonais n'a pas été très bonne jusqu'à aujourd'hui, et nous devons admettre que son goût n'était pas aussi bon que celui des vins d'autres nations, mais cela s'est considérablement amélioré», estime de son côté Kiyoshi Yokoyama, responsable de la communication au sein de l'entreprise vinicole Mercian, interrogé par Relaxnews.

«Chez Mercian, nous avons étudié pendant longtemps pour améliorer les techniques et obtenir l'odeur et le goût juste», explique-t-il. «Mais il est aussi important d'avoir une bonne gestion du vignoble, et un bon processus de fermentation.»

Cette attention au détail vaut à la plus ancienne entreprise vinicole du Japon (depuis 1877) de remporter de nombreux prix.

Le Château Mercian Kosh Japan Sur Lie se vend à 12 euros, tandis qu'une bouteille de Merlot Kikyogahara Signature Shinshu 1998 peut valoir 85 euros.

On trouve d'autres vins Koshu chez Millesimes, qui se forge une belle réputation pour sa sélection Shizen, et la Cuvée Magrez-Aruga Koshi Isehara, du vignoble de Katsunuma Jozo dans la préfecture de Yamanashi.

Le secteur espère beaucoup du cépage Koshu. Variété indigène qui a gagné le Japon en passant par l'Asie centrale et la Chine il y a plus d'un millénaire, ce cépage est à 90% vitis vinifera, ce qui le rapproche du sauvignon blanc d'Europe, ont découvert des experts en 2004.

Les 200 vignobles du Japon ont décidé de tirer partie de cette aubaine, et exportent aujourd'hui des quantités limitées vers les États-Unis et l'Europe. Même en France, l'un des marchés les plus méfiants au monde, les producteurs nippons ont écoulé près de 6.000 bouteilles depuis début 2008.

Les vins blancs secs se marient bien avec le goût délicat des sushis et des fruits de mer présents dans la gastronomie japonaise, et recueillent de bonnes critiques.

«Nous concentrons encore la plupart de nos efforts sur le marché japonais, mais nous avons l'intention de continuer à nous bâtir une réputation, en distribuant graduellement nos vins dans les restaurants et hôtels haut de gamme, et nous espérons continuer à remporter des prix et des médailles», déclare Kiyoshi Yokoyama, de Mercian. «De cette façon, nous espérons que les oenophiles en apprendrons plus sur nos vins.»