Les Canadiennes célébraient leur troisième place depuis deux ou trois minutes devant une foule survoltée au Pacific Coliseum quand on a annoncé la disqualification des Coréennes. Leur médaille de bronze venait de se changer en argent.

Mis à jour le 25 févr. 2010
Caroline Touzin LA PRESSE

L'équipe féminine canadienne de patinage de vitesse courte piste a ainsi réitéré l'exploit de Turin en terminant deuxième à la finale du relais 3000 m, mercredi soir, à Vancouver.

Les Coréennes aussi célébraient déjà lorsque l'arbitre les a disqualifiées pour un geste d'obstruction commis contre une Chinoise en fin de course. L'entraîneur coréen a vivement protesté, en vain. Les Coréennes étaient en pleurs.

«Disons qu'on a eu un peu de chance, mais cela fait partie du courte piste. Surtout en finale, c'est particulièrement agressif», a dit l'entraîneur du Canada, Sébastien Cros, après la course.

Les filles ont bien patiné, a noté l'entraîneur. Elles ont suivi de très près les Chinoises et les Coréennes jusqu'à la mi-course. Puis l'écart s'est creusé, mais le Canada a su maintenir son avance sur les Américaines, qui ont finalement remporté le bronze.

En signe de solidarité, les quatre patineuses du relais - Jessica Gregg, Kalyna Roberge, Marianne St-Gelais et Tania Vicent - ont invité leur coéquipière Valérie Maltais à les rejoindre sur la glace pour saluer la foule. La patineuse de La Baie, cinquième membre de l'équipe, n'aura toutefois pas de médaille puisqu'elle n'a pas patiné à Vancouver.

«Je la voulais tellement, cette quatrième médaille olympique en relais. Notre équipe est exceptionnelle», a commenté la plus expérimentée de l'équipe, Tania Vicent. Celle-ci est la première Canadienne à remporter quatre médailles en quatre jeux consécutifs.

Sa coéquipière, Kalyna Roberge, a d'ailleurs tenu à rendre hommage à la patineuse de 34 ans. «Je vous avertis tout de suite, moi, je ne me rends pas jusque-là. Tania est vraiment extraordinaire», a lancé Roberge, en faisant du même coup monter les larmes aux yeux de sa coéquipière. Toutes deux faisaient partie de l'équipe de relais à Turin.

En 2006, la Corée avait gagné. Le Canada, après une course très agressive, s'était classé deuxième. Les Chinoises, troisièmes, avaient été disqualifiées au profit des Italiennes. C'est donc une revanche pour la Chine, qui a terminé au premier rang cette fois-ci, établissant une nouvelle marque mondiale, de surcroît.

C'est une seconde médaille pour la recrue de l'équipe, Marianne St-Gelais, 20 ans, qui est passée à l'histoire mercredi soir en remportant la médaille d'argent du 500 m. «On a fait une super belle course. On était déjà satisfaites du bronze, alors là, l'argent», a lancé la jeune femme pétillante.

Pour le directeur du programme de courte piste, Yves Hamelin, cette médaille représente un soulagement. «Ça remonte le moral. Les filles ont fait la course qu'on attendait», a-t-il indiqué.

Plus tôt en soirée, le chef de file de l'équipe canadienne, Charles Hamelin, s'est facilement qualifié en vue des quarts de finale du 500 m, qui seront présentés demain. Il a survolé sa vague préliminaire en établissant un nouveau record olympique. Record battu dans la vague suivante par... son coéquipier François-Louis Tremblay, aussi qualifié. Leur troisième compatriote, Olivier Jean, sera également de l'épreuve demain.

Autre bonne nouvelle pour l'équipe canadienne: Kalyna Roberge, Tania Vicent et Jessica Gregg se sont toutes trois qualifiées plus tôt en soirée en vue des quarts de finale du 1000 m, aussi présentés demain. Belle soirée en perspective.

L'équipe de patinage de vitesse courte piste est arrivée à Vancouver avec l'objectif de rapporter six médailles. Avec celle de mercredi soir, le Canada est rendu à deux. Il ne reste plus que trois finales à disputer. Il est techniquement encore possible de dépasser le total de Turin en 2006, où le Canada en avait gagné quatre.