Il était 22h à Helsinki lorsque l'arbitre Dan O'Hallaran a déposé la rondelle entre Saku Koivu et Ryan Kesler.

Mis à jour le 26 févr. 2010
François Gagnon LA PRESSE

Koivu a remporté la mise en jeu. La Finlande tout entière se préparait à se coucher tard pour célébrer la victoire de son équipe aux dépens des États-Unis et la présence en finale du tournoi olympique qui venait en prime.

La Finlande s'est finalement couchée tôt. Très tôt.

Car la mise en jeu remportée par Koivu a été la seule victoire finlandaise de la période au cours de laquelle les Américains ont marqué six buts.

Six buts dont la Finlande ne s'est jamais remise encaissant un revers gênant de 6-1. Saku Koivu et ses compatriotes pourront se reprendre samedi dans le cadre du match pour l'obtention de la médaille de bronze.

Quant aux Américains, ils tenteront de remporter l'or pour la troisième fois de leur histoire.

Bourde de Kiprusoff

Les États-Unis ont amorcé le match en force.

Ils ont aussi profité d'une bévue épouvantable du gardien Miikka Kiprusoff. Sorti de son filet pour intercepter un dégagement de Phil Kessel, Kiprusoff a jonglé avec la rondelle.

Au lieu de la rediriger vers la bande, il a tenté une passe. Il l'a ratée. Complètement. Le gardien finlandais a rejoint la lame du bâton de Ryan Malone qui n'a eu qu'à tirer dans une cage déserte.

«J'ai été surpris de recevoir la rondelle et je me suis assuré de viser en plein centre du but. J'étais un peu nerveux. Normalement, je marque mes buts du cercle bleu des gardiens. Je ne voulais pas manquer mon coup», a commenté Ryan Malone en riant.

«C'est un très mauvais jeu dont j'assume l'entière responsabilité», a indiqué Kiprusoff.

Déjà secouée par ce but marqué dès la troisième minute de jeu, la Finlande s'est ensuite fait assommer par cinq autres buts.

Zach Parisé, Erik Johnson et Patrick Kane ont profité d'une combinaison de l'échec-avant efficace de leur équipe et du jeu désolant de leurs adversaires pour marquer.

Le but de Kane a chassé Kiprusoff. Il faut dire qu'il venait d'accorder un quatrième but sur sept tirs seulement.

Venu en relève, Niklas Backstrom n'a pu stopper la débandade.

Avec la complicité de Brian Rafalski, Patrick Kane a marqué son deuxième du match moins de trois minutes après l'entrée en scène de Backstrom. Quinze petites secondes plus tard, Paul Stastny a inscrit son premier du tournoi.

Le match était alors fini. Ou presque...

Antti Miettinen a évité le blanchissage pour la Finlande en fin de troisième.

Un puissant tir décoché du haut du cercle de mise en jeu a dévié sur le patin du défenseur Jack Johnson avant de déjouer Tim Thomas.

Venu en relève à Ryan Miller, Thomas n'a jamais eu le temps de réagir au changement de direction de la rondelle.

Pour une première fois depuis le début du tournoi, Ryan Miller n'a pas été un acteur de premier plan pour les Américains vendredi. Il avait stoppé les 18 tirs des Finlandais. De ces 18 tirs, trois, peut-être quatre, se sont traduits par de véritables occasions de marquer.

Apogée hâtif?

«Nous avions remarqué que plusieurs équipes avaient débuté lentement contre eux au cours du tournoi. Nous tenions donc à nous imposer rapidement. Je me serais bien contenté d'une avance d'un but après la première période, mais les buts se sont multipliés ensuite. Je lève mon chapeau à l'équipe finlandaise qui doit trouver le moyen de composer avec les contrecoups de cette défaite avant de rejouer dès demain pour le match de médaille de bronze. C'est loin d'être évident», a indiqué l'entraîneur-chef Ron Wilson.

De leur côté, les Américains profiteront de la journée de samedi pour préparer leur match de grande finale et rêver à la médaille d'or.

«Il est impossible d'empêcher nos gars de penser à la médaille d'or, car ce sera l'enjeu du match de dimanche. Depuis qu'ils sont petits, ces gars rêvent de gagner la Coupe Stanley et une médaille d'or aux Jeux olympiques. Tout ce que je souhaite, c'est que nous n'avons pas atteint notre apogée deux jours trop tôt», a conclu Wilson.