Tammara Thibeault a été sacrée championne du monde chez les moins de 75 kg, vendredi, à Istanbul. En grande finale, la boxeuse montréalaise a eu raison de la Panaméenne Atheyna Bylon par décision partagée 4-1 (30-27, 27-30, 30-27, 30-27 et 29-28) et elle a explosé de joie lorsque sa victoire a été confirmée dans cette journée où le Canada a obtenu deux médailles.

Mis à jour le 20 mai
mathieu laberge Sportcom

« Demain matin, je vais me réveiller et je vais me dire “Ah, je suis championne du monde !” J’étais vraiment excitée de monter dans le ring. C’était vraiment juste une question de vraiment savourer le moment », a mentionné Thibeault, rayonnante au bout du fil en entrevue avec Sportcom.

« Boxing Canada et tous ceux qui entourent les athlètes ont vraiment tout fait pour nous encadrer et s’assurer qu’on ait la meilleure préparation possible, car on savait que c’était un gros tournoi et que nous avions le talent pour réussir. J’étais super confiante », a-t-elle poursuivi dans le tourbillon suivant sa victoire.

Dans ce duel qui était une reprise de la finale des Championnats panaméricains du mois dernier, où la Québécoise s’était imposée 5-0, c’est elle qui a pris l’avance 4-1 dans un premier round où les deux opposantes se sont longuement observées. Thibeault a lancé quelques attaques rapides dans la dernière minute et même si elles n’ont pas ébranlé son adversaire, elles ont été suffisantes pour obtenir la faveur des juges.

Bylon, âgée de 33 ans, a attaqué la Montréalaise au corps en début de deuxième round et les coups ont été cette fois beaucoup plus nombreux. La Panaméenne a connu ses meilleurs moments du combat en atteignant son adversaire à la tête avec une belle droite, sauf que Thibeault s’est bien défendue, sans toutefois répliquer avec des attaques marquantes. La Canadienne a tout de même remporté le round 3-2.

C’est troisième et dernier round que la future championne du monde s’est pleinement éclatée. Ses coups ont atteint la tête de Bylon beaucoup plus souvent, alors que cette dernière était moins énergique et surtout plus brouillonne dans son style. Thibeault a maintenu la cadence dans la dernière minute du combat et a imprégné une belle dernière impression dans l’esprit des juges.

« Je ne pensais pas à elle (Bylon) et à comment elle était. J’étais juste sur le momentum et j’avais du fun dans le ring ! J’espère que ç’a paru, parce que moi j’en ai eu et c’est ça qui m’a motivée ! » a mentionné la boxeuse de 25 ans.

Il s’agit d’une deuxième médaille pour Thibeault aux Championnats du monde après celle de bronze aux mondiaux de 2019.

« Ce sont deux expériences différentes où j’étais à deux étapes différentes dans ma vie et de mon cheminement. Là, j’ai prouvé que j’étais la meilleure au monde et il n’y a pas grand monde qui peut dire ça. Je suis tellement contente et fière de tout ce que j’ai fait et de tout ce que mon équipe a fait. Je n’ai pas fait ça toute seule et sans tout le monde qui a fait partie de mon cheminement, je n’aurais pas pu faire ça sans eux. »

À cette médaille d’or s’ajoute une récompense de 100 000 dollars américains à la clé.

« Oui, c’est un beau bonus, mais au bout du compte ce n’est pas ça qui est important. L’important, c’est que j’ai accompli mon rêve. »

Cette généreuse bourse ne l’attirera pas vers les rangs professionnels à court terme, car elle voit dans ce titre mondial une motivation supplémentaire pour remporter une autre médaille d’or : une médaille olympique cette fois, dans trois ans, à Paris.

En finale des moins de 66 kg, Charlie Cavanagh, de Saint John, a été défaite par la Turque et médaillée d’or chez les moins de 69 kg aux Jeux olympiques de Tokyo, Busenaz Surmeneli. Cavanagh a reçu des comptes de huit au premier et deuxième round.

Après que Surmeneli lui ait asséné une solide droite à la tête au troisième assaut, l’arbitre a arrêté le combat.