Artur Beterbiev a réussi son pari. Le Russe établi à Montréal a conservé ses titres de l’IBF et de la WBC des mi-lourds en passant le K.-O. à l’Américain Marcus Browne, vendredi soir, au Centre Bell.

Publié le 18 déc. 2021
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Beterbiev ajoute ainsi une victoire à sa fiche immaculée de 17-0-0, toutes par K.-O.

Le Russe a salué la foule en français quelques instants après sa victoire.

« Bonjour, tout le monde, merci d’être ici, a-t-il lancé sur le ring. Merci pour votre soutien. »

Si Browne ne se laissait pas intimider en tout début de combat, Beterbiev a graduellement trouvé les failles dans sa défensive. Exécutant une stratégie bien claire visant à pousser l’Américain dans les coins, c’est de là que le Russe lançait la plupart de ses coups.

Au 4round, lors d’un moment délicat qui n’était pas sans rappeler la seule défaite de ce même Marcus Browne, face à Jean Pascal en 2019, Artur Beterbiev a subi une lourde coupure au front. Le sang coulait abondamment dans le visage du Russe.

Cette blessure est venue changer la donne dans ce combat.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Au 4e round, Artur Beterbiev a subi une profonde coupure au front, qui ne l’a toutefois pas empêché de poursuivre le combat.

À la remorque depuis le début, Marcus Browne a senti qu’une occasion se présentait. Il a haussé son intensité d’un cran pour en profiter.

Mais Beterbiev a fait de même. Si les deux boxeurs se faisaient avares de coups en tout début de combat, ils en ont donné pour leur argent aux partisans à partir du cinquième round.

À la fin de cet engagement, Beterbiev voyait rouge. Le visage ensanglanté, il rouait Browne de puissantes frappes qui trouvaient toutes la cible. Le Centre Bell était debout.

Le 6round a été à l’image du précédent. Après une avalanche de touches, on a cru que ça y était pour Browne au 7e. Il a posé un genou sur le sol.

Malgré une bonne dose de courage, un œil tuméfié et un visage en sang, Browne est retourné au tapis au 9round et a laissé l’arbitre Mike Griffin compter jusqu’à 10.

« C’est une première pour moi dans ma carrière, a indiqué Beterbiev à la foule, faisant référence à sa coupure au front. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans la boxe. »

Son entraîneur Marc Ramsay était très content de la performance de son poulain.

« Artur a démontré du courage et du focus après sa coupure, a-t-il déclaré aux médias. Il est resté bien concentré. Ça s’est bien passé. »

« Je suis vraiment satisfait de la tournure technique que le combat a pris. On savait que Marcus était habile. On ne voulait pas se faire prendre à froid, donc on a mis une pression constante. »

« Qui veut me donner du sang ? »

Beterbiev était visiblement de bonne humeur en se présentant aux médias après son combat. Il enchaînait les plaisanteries.

« Je n’ai pas vu ma coupure, a-t-il révélé en conférence de presse. Si je l’avais vue, j’aurais peut-être moi-même demandé à ce que le combat soit arrêté ! »

« J’ai perdu un litre de sang, est-ce que quelqu’un voudrait m’en donner ? »

Il concède même que sa coupure l’a fâché. « Quand il m’a coupé, je me suis réveillé un peu. S’il ne m’avait pas coupé, peut-être que je serais resté dans mon rythme initial un autre round. »

« Je suis vraiment content d’avoir ce combat à Montréal, a-t-il ajouté. Ça fait presque neuf ans que je suis ici. J’espère encore que mon meilleur combat sera à venir. »

Adonis Stevenson honoré

Une petite surprise attendait le boxeur Adonis Stevenson lors de cette soirée au Centre Bell. La Boxing Writers Association lui a remis le prix Bill Crawford John McCain pour son courage face à l’adversité.