Le combat n’est que vendredi, mais déjà, Marie-Eve Dicaire croit avoir gagné « une première bataille » contre Cynthia Lozano.

Mis à jour le 15 déc. 2021
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

« La bataille des communications, de l’intimidation, des pesées, explique la pugiliste de Québec. Cette fameuse gimmick-là qui est somme toute importante. »

C’est que la loquace Marie-Eve Dicaire s’est présentée à la conférence de presse de mercredi dans une salle de l’hôtel Intercontinental, au centre-ville de Montréal, le sourire accroché aux oreilles.

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Cynthia Lozano, Marie-Eve Dicaire et Yvon Michel

Le contraste était frappant, notamment lors de la photo en face à face, avec son adversaire venue de Monterrey, au Mexique.

Dicaire s’est même permis de lancer quelques mots en espagnol à Lozano, alors que les deux étaient assises à quelques mètres de distance sur la même table.

« Je lui ai dit que la ceinture allait rester au Québec », nous indique Dicaire, faisant sa propre traduction.

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Marie-Eve Dicaire

C’était en réponse à Lozano, qui avait avancé quelques instants plus tôt qu’elle repartirait avec le titre, vendredi au Centre Bell. Les deux boxeuses s’y disputeront le championnat mondial IBF des super-mi-moyennes.

Cette rixe aura lieu en demi-finale de l’affrontement d’Artur Beterbiev, qui met à l’enjeu ses titres IBF et WBC des mi-lourds face à Marcus Browne.

« Ce n’est pas la fille la plus volubile, souligne Dicaire à propos de Lozano. Mais on le voit avec Artur. Ce n’est pas le gars le plus à l’aise, mais par contre, dans un ring, il est franchement à l’aise. »

« Je devrai rester vigilante dans ce combat-là », concède-t-elle.

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Cynthia Lozano et son entraîneur

Lozano porte un masque et un chandail portant l’image du Punisher, un personnage sanguinaire en quête de vengeance issu de l’univers de Marvel. Lorsqu’on lui demande après la conférence de presse ce que ce logo signifie pour elle, elle nous répond par l’entremise d’un interprète que « c’est simplement à [son] goût ».

Interrogée pour savoir si ce sera un défi pour elle que de se battre pour la première fois à l’extérieur du Mexique, elle nous répond seulement vouloir « tout donner ».

Peu volubile, comme on vous le disait. Mais elle se fait minimalement plus bavarde lorsque vient le temps de commenter sa préparation face à Marie-Eve Dicaire.

« Dicaire sait déjà perdre, alors c’est un gros avantage », lance-t-elle, faisant référence à la défaite de la Québécoise face à Claressa Shields, en mars dernier.

L’ascension de la boxe féminine

Bien que le combat d’unification des titres IBF et WBC des mi-lourds entre Artur Beterbiev (16-0-0, 16 K.-O.) et Marcus Browne (24-1-0, 16 K.-O.) soit en tête d’affiche de ce gala « prestigieux », dixit Yvon Michel, la boxe féminine devrait vivre un grand moment, vendredi.

« Artur, c’est le champion avec 100 % de K.-O., et j’ai la chance d’être en demi-finale de cet évènement-là », se réjouit Marie-Eve Dicaire.

Évidemment, la blessure de Kim Clavel, qui devait initialement se battre dans un combat de championnat du monde des mi-mouches vendredi, est venue mettre un frein à la grande célébration qui était prévue.

« C’est sûr que ç’aurait été une grande soirée pour la boxe féminine et pour la boxe québécoise en général, convient Dicaire. […] Je crois que ça va être partie remise pour Kim. »

« De plus en plus, on va être impliquées dans des combats d’envergure, ajoute-t-elle. On va être en mesure d’aller chercher des bourses plus substantielles. On fait une différence dans la société de plus en plus. Les gens sont plus enclins à consommer de la boxe féminine, ils suivent nos combats avec attention. »

« L’avenir est très brillant pour la boxe féminine. »

Marcus Browne « dans le pétrin »

« Je suis tanné de parler. Je veux me battre. » Le souhait de Marcus Browne sera bientôt exaucé.

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Marcus Browne et Artur Beterbiev

En attendant, celui qui se considère comme un « client difficile » (tough customer) devait en découdre avec les médias et la présence de son adversaire, mercredi.

« Je ne serais pas ici si je ne croyais pas en mes moyens », ajoute l’Américain établi à Staten Island, à New York.

C’est que Beterbiev est considéré comme le favori. Mais ça ne change pas sa préparation, selon son entraîneur Marc Ramsay.

« Ce n’est jamais personnel ou une question de nom, indique-t-il. On veut y aller pour la performance, on veut aller de l’avant. Il y a des choses spécifiques en Marcus Browne dont on doit tenir compte, au niveau tactique, stratégique et technique, mais ça se limite à ça. »

Ramsay dit avoir étudié attentivement l’antagoniste de son poulain.

« Dans l’art de la guerre, c’est toujours une bonne chose de bien connaître son adversaire. De le respecter dans ses forces, de bien connaître ses faiblesses et de l’attaquer au bon moment. »

Ce sera un premier combat pour Browne à l’extérieur des États-Unis. Mais ce n’est pas un aspect dont Marc Ramsay et le clan Beterbiev comptent profiter.

« On se concentre vraiment sur ce qu’Artur peut amener à ce combat-là, et non dans quel pétrin est déjà Marcus Browne. »