(Montréal) Quand ils monteront sur le ring du court Banque Nationale du stade IGA, samedi, Kim Clavel et Mikaël Zewski n’auront aucune marge de manœuvre.

Frédéric Daigle La Presse Canadienne

Les deux boxeurs de Groupe Yvon Michel (GYM) livreront des combats cruciaux pour la suite de leur carrière. Certains diront que c’est pratiquement toujours le cas pour des pugilistes. Vrai. Mais Clavel (13-0, 2 K.-O.) et Zewski (34-2, 23 K.-O.) arrivent à un point charnière.

Clavel, championne de la North American Boxing Federation (NABF) des mi-mouches, espère devenir l’aspirante obligatoire à la championne du World Boxing Council (WBC), la Mexicaine Yesenia Gomez. Afin de ne pas laisser filer cette occasion, elle ne peut échapper son combat contre la Mexicaine Maria Soledad Vargas (15-3-1, 1 K.-O.).

Les deux belligérantes se battront alors pour le titre Silver du WBC. La gagnante devrait pouvoir affronter Gomez dans un délai très court.

« Quand tu commences ta carrière, que tu vas courir dans la neige ta musique dans les oreilles, tu te vois marcher vers le ring avec une ceinture. Tu y rêves, a imagé la boxeuse de 30 ans. Maintenant, ça m’arrive pour vrai. »

« C’est un test majeur pour Kim. Je ne dis pas ça pour tenter de mousser le combat, a assuré Yvon Michel, président de GYM. Maria Vargas est venue ici pour gagner ce combat. Elle est solide. »

La Mexicaine de 29 ans boxe habituellement deux divisions de poids plus bas que les mi-mouches.

« Je me sens forte à ce poids. Je me sens en confiance », a-t-elle assuré par le truchement d’une interprète.

Quant à Zewski, il effectue un changement important à 32 ans, en passant des mi-moyens (147 livres) aux super-mi-moyens (154 livres). Sa défaite par mise hors de combat — sa seule en carrière — à sa dernière sortie face à Egidijus Kavaliauskas lui a fait prendre un pas de recul dans les classements.

Zewski tentait alors de mettre la main sur le titre vacant Continental des Amériques du WBC, en plus de défendre sa ceinture de la North American Boxing Organization (NABO).

Le fait qu’il ait subi cette défaite sur la grande scène de la bulle de Las Vegas de Top Rank a aussi fait pâlir son étoile aux yeux de plusieurs.

Yvon Michel, qui est aussi son promoteur, ne cache pas qu’il a de grands plans pour lui s’il peut sortir victorieux de son affrontement contre le Mexicain Dilan Lozas (15-4-1, 9 K.-O.), samedi.

Commence-t-il à ressentir un sentiment d’urgence d’accéder à ces grands combats ?

« Je ne commence pas : ça fait longtemps que je ressens ce sentiment d’urgence !, a laissé tomber Zewski. Yvon le sait.

« Je n’ai pas eu la carrière que j’aurais aimé avoir, c’est certain. J’aurais voulu être un Floyd Mayweather ou un Canelo Alvarez. En lançant ma carrière aux États-Unis, j’avais toutes les raisons de pouvoir y rêver. En revenant au Québec, j’avais bon espoir que ça se passerait autrement, mais à la boxe, il y a plein de choses qu’on ne contrôle pas. J’ai eu ma chance lors de mon dernier combat. Nous sommes passés très près d’y arriver (à un combat de championnat du monde). Malheureusement, j’ai perdu.

« Alors oui, il y a un sentiment d’urgence. Il faut que ça avance rapidement. Lozas vient pour se battre. Je ne veux rien lui enlever, mais ça me prend des combats contre des adversaires de renom afin d’obtenir des combats contre des aspirants du top-5. »

Seules les victoires à ce stade-ci de sa carrière lui apporteront ces combats.

Le gala de sept combats — le premier tenu à Montréal depuis 2019 par GYM — se mettra en branle à compter de 18 h, samedi.