Une douzaine de boxeurs ont refusé de servir d’adversaire à Christian Mbilli pour ce combat présenté jeudi soir, dans l’État de New York, ont affirmé les promoteurs Ring City et Eye of the Tiger Management (EOTTM). Jesús Antonio Gutiérrez regrette sans doute de ne pas s’être ajouté à cette liste.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

Gutiérrez a subi les assauts continuels de Christian Mbilli du début à la fin des quatre rounds et un peu plus.

Alors que l’arbitre venait de lancer la cinquième reprise, le médecin est monté sur le bord du ring pour s’adresser au Mexicain, lui demandant quelques fois s’il était certain de se sentir bien.

Le combattant s’est montré convaincant. Mais le médecin avait du flair. Environ deux minutes plus tard, le duel était terminé.

Dans ce cinquième round, Christian Mbilli (18-0, 17 K.-O.) a d’abord envoyé son opposant au tapis d’un double uppercut de la droite.

Lorsque l’intervieweur lui a demandé après le combat d’analyser ces images, le protégé d’EOTTM s’est exclamé, impressionné par lui-même : « Wow ! This was Solide ! »

« Solide », pour ceux qui l’ignoreraient, est le surnom du Français d’origine camerounaise.

Courageux comme le sont les pugilistes mexicains, Gutiérrez a battu le compte de huit, mais ce n’était qu’une question de secondes.

Un crochet du gauche sur le dessus de la tête – nettement moins dur que bien des coups de puissance qu’avait multipliés Mbilli sans répit – a clos la soirée de travail des deux hommes.

Le boxeur entraîné par Marc Ramsay et Samuel Décarie n’a pas été surpris de la résistance offerte par son opposant.

« On s’y attendait, on savait que c’était un gars tough. Mais on savait aussi qu’il allait craquer au fur et à mesure », a affirmé l’olympien français, qui n’a jamais ralenti la cadence.

Jesús Antonio Gutiérrez, originaire de Tijuana, montre maintenant une fiche de 27-5-2, 14 K.-O.

Christian Mbilli a répété en entrevue d’après-combat qu’il s’agissait d’un « message » aux autres boxeurs chez les super-moyens (168 lb).

Ce combat était un message pour toute la division. Je suis prêt pour n’importe qui.

Christian Mbilli

Il a nommé Canelo Álvarez, Daniel Jacobs – « et comment il s’appelle déjà, le p’tit jeune ? », a-t-il demandé sans obtenir de réponse –, puis Caleb Plant.

En courte entrevue avec La Presse quelques minutes après le combat, alors qu’il attendait son transport, il a dit avoir une préférence pour Álvarez.

« On va y aller étape par étape, mais je suis mûr pour ces combats-là », a assuré le boxeur de 25 ans.

Entre-temps, il espère seulement que les adversaires potentiels ne se défileront pas une fois de plus.

Le gala, présenté exclusivement sur la plateforme web Twitch, avait lieu à la Military Academy de West Point, dans l’État de New York. Il s’agissait du premier gala de boxe professionnelle à se tenir à cet endroit.

Annulation et refus

À l’origine, Christian Mbilli devait affronter l’Ukrainien Ievgen Khytrov (20-2, 17 K.-O.), le 18 mars, à Porto Rico. Ce qui aurait été un défi beaucoup plus sérieux.

« On n’a pas affaire à un petit Mexicain », avait laissé tomber Mbilli, en février, lors d’une visioconférence avec les médias en prévision de ce combat…

Finalement, Khytrov a dû se désister, faute de temps pour se préparer adéquatement après avoir contracté la COVID-19.

Ce combat contre Jesús Antonio Gutiérrez n’a été communiqué qu’il y a une semaine à peine, après le refus d’une douzaine de boxeurs, dont plusieurs parmi l’élite des super-moyens, a affirmé l’organisation de Camille Estephan.