(Montréal) Francis Lafrenière a l’habitude de lancer des bombes dans le ring. Lundi, c’est en visioconférence qu’il en a lâché une : quoi qu’il advienne le soir du 30 janvier contre Steve Butler, il livrera son dernier combat.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

« Je vois ce combat-là comme mon championnat du monde », a illustré le boxeur de 32 ans de Coteau-du-Lac, lors de la visioconférence organisée lundi par Eye of the Tiger Management pour faire mousser son combat de championnat de la North American Boxing Federation (NABF) des poids moyens face à Butler.

« Je vais arriver là le couteau entre les dents, a-t-il ajouté. Ça fait longtemps que les fans attendent ce combat. Je suis heureux qu’on puisse le leur offrir. »

Lafrenière (20-7-2, 11 K.-O.) n’a pas voulu s’étendre sur la réflexion qui a mené à cette décision, mais a avoué y réfléchir depuis cinq mois.

« J’en parlerai plus après le combat, mais il n’y a rien de négatif. Je me sens bien de savoir que c’est Steven Butler, le dernier adversaire que je vais avoir. J’ai un de mes commanditaires qui m’a fait une super offre d’emploi pendant la pandémie. Je ne veux pas trop en parler, mais je suis super d’accord avec tout ça. »

Pourtant, ce titre de la NABF ouvre les portes du classement du World Boxing Council (WBC), parfois même d’un combat de championnat du monde. Sur ce point, Lafrenière s’est laissé une porte ouverte.

« Les seules choses qui pourraient me faire revenir sont une bonne paie, un combat éliminatoire ou d’envergure. C’est fini les petits combats pour moi. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Steven Butler

Pour Butler (28-2-1, 24 K.-O.), il s’agit d’un combat de retour, lui qui s’est incliné devant Ryota Murata en décembre dernier. Le Montréalais de 25 ans tentait alors de ravir la ceinture de la World Boxing Association (WBA) au Japonais.

Cet affrontement contre Lafrenière représente un certain risque pour lui, qui a été exclu du top 15 mondial à la suite de son revers contre Murata.

« Pas que je n’ai rien à gagner dans ce combat, mais en Francis, on prend un gars qui a quelques défaites à sa fiche, qui a été inactif depuis un certain temps, comme moi en fait, qui ai deux défaites, a admis Butler. Mais on le voit comme un combat menant vers mon prochain championnat du monde, vers ma gloire. On a besoin de combats comme ça.

« Un gars comme Lafrenière, c’est un gars intense, qui met de la pression. Si je ne peux pas gérer un gars comme lui, je ne pourrai jamais devenir un boxeur d’élite, une légende comme je le souhaite. En plus, le titre NABF va être en jeu, ce qui va me permettre de regagner le top 15 mondial. »

C’est un combat dangereux qui peut définir le reste de ma carrière.

Steven Butler

Depuis sa défaite à Yokohama, Butler a été opéré pour corriger un problème à l’œil gauche, ce qui explique une partie de sa longue inactivité. Comme il a obtenu le feu vert des médecins, il était important pour son promoteur et lui qu’il remonte le plus rapidement possible dans le ring.

Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management, n’était pas en mesure de confirmer le lieu du gala. Dans un entretien avec La Presse Canadienne la semaine dernière, il a évoqué la possibilité de retourner à l’Hôtel Rimouski, mais le Bas-Saint-Laurent pourrait basculer en zone rouge dans les prochains jours. S’il n’est pas impossible de tenir un gala en zone rouge, Estephan préférerait le faire en zone orange, voire mieux.

Par ailleurs, en raison du report du gala prévu à la mi-décembre, il se peut qu’Arslanbek Makhmudov et Sadriddin Akhmedov, qui doit notamment se battre pour le titre continental des super-mi-moyens de la WBA, se retrouvent sur cette carte, qui s’annonce déjà relevée.

Estephan a précisé que Makhmudov pourrait toutefois se battre aux États-Unis avant cette date. Quoi qu’il en soit, Estephan espère présenter une carte de cinq ou six combats.