Dana White en a rêvé, l’Ultimate Fighting Championship (UFC) l’a fait.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Après avoir organisé avec succès les huit derniers galas aux États-Unis, son organisation s’est installée dans l’île de Yas, aux Émirats arabes unis, où quatre cartes seront présentées entre le 11 et le 25 juillet.

« Je suis content qu’il y ait des combats même si je continue à penser qu’il y a des choses plus importantes dans la vie. On est forcés d’admettre que l’UFC fait les choses en grand et on ne peut qu’applaudir Dana White, estime l’arbitre Yves Lavigne. Ils ne lésinent pas sur les moyens, ils testent le monde et ils confinent autant les combattants que les employés. »

Ce sera encore plus vrai à Fight Island, l’île du combat.

Où est située Fight Island ?

Quand, en pleine pandémie de COVID-19, White a évoqué l’idée d’une île privée pour présenter ses galas, quelques images sont venues en tête. On imaginait un octogone au bord de l’eau dans une île au milieu de nulle part. Bien des internautes ont d’ailleurs fait le rapprochement avec le film Enter the Dragon, mettant en vedette Bruce Lee.

« De la manière dont ils l’annonçaient, ça me fait penser à des films, avoue aussi Lavigne. Tous les combattants du monde allaient se rejoindre sur une île secrète et j’étais presque jaloux. Je voulais y aller, moi aussi. Ils sont déjà allés à Abou Dhabi. C’est effectivement une île, mais je suis un peu déçu. C’est quand même un bon coup publicitaire. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Yves Lavigne, arbitre de combats d’arts martiaux mixtes

L’UFC a déjà présenté deux galas dans l’île de Yas, en 2010 et en 2019. En voiture, l’île artificielle n’est située qu’à 30 minutes du centre-ville d’Abou Dhabi et à 15 minutes de l’aéroport international. Elle comprend notamment la piste utilisée pour le Grand Prix de Formule 1, des parcours de golf, des hôtels de luxe et un parc aquatique.

Quel sera le protocole sanitaire ?

Après la présentation de huit galas depuis le début du mois de mai, l’UFC a annoncé un resserrement de son protocole sanitaire à Abou Dhabi. Les combattants et leurs entraîneurs pourraient ainsi subir quatre tests, au minimum, avant et après la soirée.

Pour le transport, l’UFC a organisé quatre vols nolisés à partir de Las Vegas, Londres, Moscou et São Paulo. Selon ESPN, ce sont dans ces villes que les combattants ont subi un premier test. Les autres tests ont lieu à leur arrivée à Abou Dhabi, avant le combat, puis au moment de quitter le Moyen-Orient. Des périodes de quarantaine, le port du masque et la distanciation physique sont aussi en vigueur.

Une partie de l’île de Yas est fermée au public durant la présence de l’UFC. La « bulle » qui accueillera 2500 personnes en tout temps inclut notamment sept hôtels, une douzaine de restaurants et la plage où est installé un octogone d’entraînement.

L’UFC a-t-il enregistré des cas positifs depuis le mois de mai ?

« En parlant avec des gens de l’intérieur, je sais que le protocole s’est amélioré, explique Lavigne. Ils font les choses comme il faut, mais malheureusement, la COVID laisse des traces. L’UFC a perdu son évènement principal de ce samedi après un test positif. »

Ce samedi, pour l’UFC 251, l’évènement principal devait opposer Kamaru Usman à Gilbert Burns pour la ceinture des mi-moyens. Sauf que ce dernier a été déclaré positif avant de prendre l’avion pour Abou Dhabi. Il a été illico remplacé par Jorge Masvidal, dont l’homme de coin, Mike Brown, a également été touché par la COVID-19…

PHOTO STEPHEN R. SYLVANIE, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Kamaru Usman

Dans les derniers jours, Pedro Munhoz et l’entraîneur Gabriel Oliveira ont aussi reçu un diagnostic positif. Le point commun entre Masvidal, Munhoz et Oliveira ? Ils s’entraînent au gymnase American Top Team à Coconut Creek, en Floride. L’État est particulièrement touché par la COVID-19 depuis quelques semaines.

« Il va y en avoir de plus en plus parce que les gars s’entraînent dans le sud des États-Unis, où il y a une éclosion, croit Lavigne. Il va y avoir d’autres annulations, mais au moins, ils les prennent avant que ça se propage [durant les galas]. »

Jacare Souza et son équipe, ainsi qu’un homme de coin de Matt Frevola, avaient également été déclarés positifs.

Quelle a été la réaction du public au retour de l’UFC ?

Le 11 mai, l’UFC était devenue la première grosse organisation sportive à présenter un évènement sportif aux États-Unis. Dans des publicités diffusées sur les réseaux sociaux, elle ne s’est pas gênée pour faire un pied de nez aux autres ligues.

« Il faut revenir à la genèse de l’UFC. On avait la planète entière contre nous, rappelle Lavigne. On a l’habitude de défoncer des portes et d’aller contre l’adversité. C’est un petit peu dans la génétique des promoteurs d’arts martiaux mixtes.

« Cela dit, c’est beaucoup plus facile pour l’UFC d’organiser quelque chose que la Ligue nationale de hockey, par exemple. Quand tu as 16 combattants et 2 gars de coin, ça réduit le nombre. »

Si le golf professionnel et le NASCAR ont repris leurs activités dans les dernières semaines, l’offre sportive reste encore très mince. Dans ce contexte, et bien aidée par quelques combats spectaculaires, dont celui entre Dustin Poirier et Dan Hooker le 27 juin, l’UFC a enregistré d’excellentes cotes d’écoute sur ESPN. Ses galas ont notamment fait le plein parmi la tranche des 18-49 ans, tant prisée par les chaînes de télévision.

La carte de ce samedi est également très attendue, avec trois ceintures en jeu.