Le calcul n’est pas compliqué : soit Marc-André Barriault (11-4-0) l’emporte samedi soir à Las Vegas contre Oscar Piechota (11-3-1), soit il voit son avenir au sein de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) s’assombrir.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Après avoir subi la défaite en mai, en juillet et en décembre 2019, il promet justement de « faire des feux d’artifice » lors du dernier combat compris dans son actuel contrat avec l’UFC.

« Sur papier, oui, ça ressemble au combat de la dernière chance. Mais j’ai travaillé sur l’aspect mental et, sans m’aveugler pour autant, je me mets un nouveau portrait devant les yeux », démarre-t-il.

« Ce qui est arrivé est arrivé. Je vois [le prochain combat] comme une renaissance. Je veux montrer que les trois premiers combats, ça a été de l’expérience. Mais maintenant, je vais montrer ma vraie valeur. »

La défaite contre Jun Yong Park, en Corée du Sud le 21 décembre, a débouché sur une profonde réflexion. Barriault dit avoir effectué « du travail sur [lui-même] » en faisant notamment appel à des psychologues sportifs. « Juste pour l’écoute », précise-t-il. En plus de modifier quelques habitudes alimentaires, intégrant les jeûnes intermittents, par exemple, il a fait un bilan sur son cheminement sportif dans l’UFC.

Reconnu pour sa force de frappe et sa propension à livrer des batailles dans l’octogone, le poids moyen s’est incliné deux fois par décision unanime et une fois par décision partagée au cours de la dernière année. De son propre aveu, il s’est éloigné de ce qui avait fait son succès avec l’organisation TKO et avant.

« Le rêve est devenu réalité assez rapidement et j’ai embarqué dans cette grosse business [l’UFC] sans prendre le temps d’analyser certaines choses et de me positionner. Je n’ai pas gardé l’essence de qui je suis. On a expérimenté certaines choses et on a essayé des façons de faire. Je ne regrette rien [...], mais je sais qu’il y a quelque chose qui m’est propre et que j’avais un peu mis de côté, explique-t-il. Je suis quelqu’un qui fonctionne dans l’action et pas dans la réaction. »

Entraînement en Outaouais

PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Andrew Sanchez donne un coup de pied à Marc-André Barriault durant un combat de l’UFC à Ottawa le 4 mai 2019

Cette volonté de revenir aux sources s’est également matérialisée avec un camp en Outaouais. C’est là que le natif de Gatineau, qui réside à Québec, y a fait ses premiers entraînements, ses débuts dans l’octogone et rencontré ses premières figures marquantes.

Dans les dernières semaines, il a notamment revu son mentor Patrick Marcil. Il a également côtoyé Dave Leduc, champion de Lethwei, et Julien Leblanc, que l’on a déjà vu avec l’organisation TKO.

Julien [Leblanc] m’a vraiment ouvert la porte. Je suis arrivé avec ma roulotte, mon chien, et je me suis stationné sur son terrain. Ça m’a permis d’être dans ma bulle, mais aussi d’avoir quelqu’un pour me prendre en charge, me pousser et me botter les fesses. On a fait un gym dans son garage avec du conditionnement physique chaque matin.

Marc-André Barriault

C’est d’ailleurs avec Marcil et Leblanc qu’il s’est rendu à Las Vegas. Il croisera le Polonais Piechota qui, coïncidence, reste également sur trois défaites consécutives dans l’UFC.

« On a sensiblement la même expérience, sauf que sa spécialité est le jeu au sol. C’est une ceinture noire de jiu-jitsu brésilien. Si je vais dans son univers, ça peut être dangereux au niveau des soumissions. Mais j’y vais avec l’intention de lui rentrer dedans et de dicter le combat. »

Le combat de Barriault se déroulera une semaine après celui de Charles Jourdain, qui s’est incliné par décision partagée contre l’Américain Andre Fili, à Las Vegas. Il a d’ailleurs suivi l’expérience du combattant de Belœil pour visualiser ce qui allait l’attendre au chapitre des tests et des restrictions de déplacements.

« La semaine du combat ne sera pas comme d’habitude, mais ça me fait du bien de savoir que j’y vais pour accomplir ma tâche sans me laisser distraire. »