Lucian Bute a tiré plusieurs leçons de sa défaite contre Carl Froch. Il a appris que la moindre inattention pouvait être fatale dans un ring. Il a appris que de prendre un adversaire à la légère pouvait l'être tout autant.

Mis à jour le 18 déc. 2013
Gabriel Béland LA PRESSE

Mais selon son entraîneur, Lucian Bute a surtout appris à souffrir. Et il est prêt à souffrir encore contre Jean Pascal, le 18 janvier prochain au Centre Bell.

«Contre Froch, Lucian a appris à souffrir. Il a ressenti beaucoup, beaucoup de douleur dans ce combat-là», explique Stéphan Larouche, qui était à Nottingham le 25 mai 2012 lorsque son poulain s'est incliné en cinq rounds d'enfer.

«Jean Pascal est le boxeur qui ressemble le plus à Carl Froch. Par moments, ça va être identique. Si Lucian est moins concentré, moins alerte, moins sur ses jambes, il va se faire surprendre... pis solide, croit l'entraîneur. Et ça peut faire mal. Mais maintenant, il sait que ça peut faire mal.»

Contre Froch, Bute a paru déstabilisé à chaque coup de puissance porté par son adversaire. Il a souvent semblé sonné, incapable de répliquer ou d'accrocher l'Anglais. Il était dépourvu de l'instinct de survie qui permet dans un ring de traverser la tempête.

Ce soir-là en Angleterre, Bute a regardé la tempête l'engloutir jusqu'à toucher le fond. A-t-il appris de cette expérience? Saura-t-il mieux réagir si Pascal l'ébranle en janvier? «Si ça fait mal, il s'écrase et en fait moins ou il monte sa boxe d'un cran?», demande Stéphan Larouche.

Du feu dans les yeux

Lucian Bute assure qu'il a mis derrière lui sa défaite contre Froch, l'unique de sa carrière. «J'ai oublié le Lucian Bute du combat contre Froch. Je veux retrouver le Lucian comme avant, fluide, concentré, avec du feu dans les yeux», a-t-il dit mardi à des journalistes venus l'observer à l'entraînement.

Son camp en préparation du combat du 18 janvier a lieu au Complexe Claude-Robillard, à Montréal. Contrairement à des habitudes bien implantées, il n'est pas parti se préparer en Floride.

«C'est simple, ici, c'est comme sa maison, explique Stéphan Larouche. Il fait sa musculation ici, il sprinte ici, il boxe ici. Tout ça dans la même bâtisse.»

Sa main gauche opérée au printemps est totalement guérie, soutient Bute. «Si je me sens comme aujourd'hui au moment de monter sur le ring, si je suis concentré et détendu, alors ça va être un combat à sens unique, prédit le boxeur. Je vais contrôler tous mes mouvements, je sais que si je suis fluide, si je laisse les mains aller...

«Jean est un gars qui boxe une minute et demie, deux minutes par round, pas plus. Il ne sera pas capable de garder le rythme contre moi», dit Bute.

Peut-être. Mais comment réagira Bute lorsqu'il se fera toucher par Pascal? Va-t-il s'écraser ou rehausser sa boxe? C'est la question que tous se posent. Ne reste plus qu'un mois avant d'avoir la réponse.