Tard dans la nuit de samedi à dimanche, Georges St-Pierre s'est présenté devant les journalistes. Des ecchymoses au visage, un sac de glace sur la tête, le champion de l'UFC n'offrait pas le portrait usuel du gagnant. Et pourtant.

Gabriel Béland LA PRESSE

Quelques instants plus tôt, devant 20 145 spectateurs au Centre Bell, St-Pierre a dominé de bout en bout son duel contre Nick Diaz. Le Québécois a remporté les cinq rounds et la victoire par décision unanime des juges; il s'agissait de la huitième défense consécutive de son titre des mi-moyens (170 lb).

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«J'ai des bleus au visage assez facilement!» a glissé GSP pour expliquer l'état déplorable de son faciès.

Si son visage était loin de refléter l'allure du combat, les statistiques, elles, ne mentent pas. St-Pierre a réussi 9 des 16 projections qu'il a tentées. Diaz n'en a tenté aucune. St-Pierre a touché son adversaire avec 105 coups de puissance contre 41 pour Diaz. Le champion a fait mouche avec un total de 210 coups contre 80 pour l'aspirant.

Même s'il n'a fait qu'une bouchée d'un Nick Diaz qui paraissait complètement éteint, certains ont encore critiqué Georges St-Pierre. Son combat s'est une fois de plus rendu à la limite. Son dernier K.-O. remonte à 2009. Le grand manitou de l'UFC a été le premier à se porter à sa défense. «Qui pensait vraiment que Georges allait se planter au milieu de l'octogone et échanger coup pour coup? a demandé Dana White. Georges a livré le combat parfait.»



Avec cette victoire, St-Pierre est devenu le combattant ayant le plus de gains dans l'histoire de l'UFC (18), ex aequo avec Matt Hugues. Le champion des poids moyens, Anderson Silva, le talonne avec 16 triomphes.

Mais cette victoire aux dépens de Diaz permet surtout de tourner une page. «Ça faisait cinq ans qu'il me courait après, alors c'est un chapitre de ma carrière qui s'achève. Je suis content», a lâché St-Pierre, qui prévoit maintenant s'offrir quelques jours de vacances.

«Je dois sortir de Montréal. Je vais aller dans un endroit exotique, où il fait chaud. Je ne dis pas où, parce que je veux avoir la paix. J'ai besoin de six, sept jours de vacances pour me reposer», a-t-il dit, ajoutant qu'il allait tout de même s'entraîner durant ces «vacances».



Objectif Johny Hendricks


À son retour en ville, St-Pierre devra vraisemblablement se préparer pour Johny Hendricks. Le costaud lutteur de l'Oklahoma, à la barbe fournie et aux oreilles décollées, a remporté samedi soir un combat contre le champion Carlos Condit. Hendricks a livré une performance explosive pour défaire Condit par décision des juges.

«Je crois que ma lutte est meilleure que celle de Georges. Je lutte depuis que j'ai 5 ans, raconte Hendricks. Aussi, je cogne plus durement que lui, c'est un fait. Je pense que je peux le finir.»

St-Pierre a accepté le défi. «Johny a obtenu un combat de championnat, il le mérite.»

Diaz demande une revanche

Nick Diaz aura, pour sa part, été égal à lui-même jusqu'à la fin. Tout au long du combat, il a nargué St-Pierre, lui envoyant des claques au visage à au moins deux reprises. «Je n'arrivais pas à entendre ce qu'il me disait, a raconté St-Pierre, la foule était trop bruyante.»

Après une semaine passée à allumer des feux, l'Américain a paru faire amende honorable à la toute fin du combat; il a fait l'accolade à St-Pierre, puis lui a serré la main. Il a même annoncé sa retraite. Quelques minutes plus tard, il affirmait à un journaliste que St-Pierre frappait comme une fillette puis demandait une revanche. «J'imagine qu'on est de retour à la case départ!» a lancé à la blague St-Pierre.

Nick Diaz est finalement arrivé à la conférence de presse d'après-combat avec 40 minutes de retard. Il a commencé par dire qu'il ne «cherchait pas d'excuses pour sa défaite», avant d'ajouter qu'il avait été mal préparé, que le décalage horaire lui avait nui et qu'il avait l'estomac à l'envers lors du combat...

Comment résumer cette semaine surréelle? St-Pierre a eu le mot juste. «Nick Diaz est un personnage assez coloré. On ne sait jamais ce qui se passe dans sa tête!»