Maintenant qu'Adonis Stevenson est aspirant obligatoire au titre de Carl Froch, on pourrait logiquement s'attendre à voir les deux boxeurs dans un ring au début de 2013. Logiquement, car les arcanes de la boxe en ont décidé autrement et il serait en fait très surprenant que ce combat se matérialise dans un avenir rapproché.

Mis à jour le 23 oct. 2012
Gabriel Béland LA PRESSE

Stevenson (19-1, 16 K.-O.) est devenu le 12 octobre aspirant au titre IBF des 168 livres en disposant de l'Américain Donovan George au Centre Bell. Il s'est par le fait même assuré d'un combat de championnat du monde dans les prochains mois.

Le hic? Le tenant du titre, Carl Froch (29-2, 21 K.-O.), ne semble pas avoir l'intention de se mesurer au gaucher de Longueuil. «Je me vois encore faire trois ou quatre combats, a déclaré Froch à un média britannique au lendemain de la victoire de Stevenson. Ceux qui me tiennent à coeur sont contre des boxeurs qui m'ont battu: j'aimerais encore affronter Mikkel Kessler et Andre Ward. À part ça, j'ai une revanche contre Lucian Bute l'année prochaine à Montréal, si le combat se produit.»

L'Anglais de 35 ans veut donc disputer trois ou quatre combats avant la retraite. Le prochain aura lieu le 17 novembre contre Yusaf Mack (31-4-2, 17 K.-O.). Le suivant devrait selon toute vraisemblance l'opposer à Lucian Bute (30-1, 24 K.-O.) en mars à Montréal. Puis, on parle déjà d'un combat contre Mikkel Kessler pour la suite.

InterBox entend d'ailleurs tout faire pour organiser cette revanche entre Bute et Froch; une revanche dont elle s'est assurée par contrat au moment d'organiser le premier combat. «Si Lucian l'emporte le 3 novembre», précise le promoteur de Bute, Jean Bédard, en référence au duel qui l'attend contre le Russe Denis Grachev (12-0-1, 8 K.-O.) au Centre Bell.

«On est tous à la même place: si tout va bien pour Lucian le 3 novembre, si tout va bien pour Froch le 17 novembre, il va y avoir une revanche au mois de mars. Je ne vois pas grand-chose pour empêcher ça, note le président d'InterBox. Le plan, c'est ça, et on n'en dérogera pas. Je pense qu'Eddie Hearn (NDLR,le promoteur de Froch) est à la même place que nous.»

L'IBF dira-t-elle non à Bute?

La question est maintenant de savoir comment réagira l'IBF. Froch devra demander une dérogation pour affronter Bute plutôt que Stevenson tout en conservant le titre. Le promoteur de Stevenson, Yvon Michel, laisse déjà entendre qu'il s'y opposera. «Je dois défendre les intérêts de mon boxeur», dit-il, avant d'ajouter que, selon lui, l'IBF refusera l'exception s'il s'y oppose.

Jean Bédard croit plutôt l'inverse. Selon lui, l'organisme de sanction pourrait difficilement refuser une demande faite au bénéfice de son ancien champion. «Lucian a été champion IBF pendant quatre ou cinq ans, il a présenté de grands combats et n'a jamais rien demandé à l'organisation. Je verrais mal l'IBF lui refuser ça», dit le dirigeant d'InterBox.

Si l'IBF acceptait l'exception, la revanche Bute-Froch aurait lieu en mars avec le titre en jeu.

Mais même si elle la refuse, la revanche aura lieu, prévient Bédard. «Rendu au niveau où les gars sont, s'il faut qu'ils se battent sans ceinture, ils vont peut-être le faire aussi. Notre objectif n'est pas d'aller chercher la ceinture, c'est de se battre contre Froch», dit-il.

À moins d'une défaite de Bute contre Grachev, on voit mal comment Adonis Stevenson pourrait se retrouver dans un ring contre Froch au printemps. Le meilleur des scénarios serait pour lui que l'IBF refuse toute demande d'exception, que Froch abandonne le titre pour se mesurer à Bute, et que Stevenson se retrouve à disputer un combat de championnat du monde intérimaire contre le plus proche aspirant.

Si l'IBF accepte la dérogation, Stevenson devra attendre encore bien des mois pour son combat de championnat, qui viendra quelque part en 2013. Les arcanes de la boxe, qu'on vous disait...