Denis Grachev est un homme de peu de mots. Le prochain adversaire de Lucian Bute les a distillés avec parcimonie mardi lors d'une conférence de presse téléphonique en vue du combat du 3 novembre au Centre Bell. Mais ceux qu'il a dits ont fait autant de bruit que la main droite assassine qui a fait sa réputation.

Mis à jour le 16 oct. 2012
Gabriel Béland LA PRESSE

«Je vais détruire Bute, a-t-il prévenu dans un anglais coloré d'un fort accent russe. Je vais chercher un K.-O. Je vais m'approcher avec mon jab, je vais laisser partir ma main droite, jusqu'à ce que Bute tombe au plancher. »



Denis Grachev (12-0-1, 8 K.-O.) est l'adversaire qu'a choisi InterBox pour le retour de défaite de Lucian Bute (30-1, 24 K.-O.). Le choix n'a rien d'anodin; on pense que le Russe expatrié en Californie peut faire sortir Bute de sa zone de confiance, tout comme Carl Froch l'avait fait en mai dernier.



Le clan Bute espère cette fois-ci que le Montréalais prédomine. La plupart des experts prédisent d'ailleurs une victoire du boxeur local, mais Denis Grachev a l'habitude d'être le négligé: à son dernier combat en avril, il a passé le K.-O. à Ismayl Sillakh, favori à 10 contre 1, au huitième round.



«Ce serait une erreur de sous-estimer Denis, prévient son entraîneur, Baruch Ferreira. Ismael Sillakh s'attendait à un combat facile et ne respectait pas Denis. Il rêvait à des combats contre Hopkins ou Dawson. Alors si Bute ne le respecte pas ce sera une erreur.»



Sillakh dominait le combat lorsque Grachev l'a atteint d'une droite au visage qui a mené à sa victoire par knockout. Il avait passé le combat à pourchasser Sillakh et avertit qu'il entend utiliser la même stratégie contre Lucian Bute. Seulement cette fois-ci, il pense pouvoir finir le combat avant le huitième round.



«Lucian Bute est un bon boxeur avec un bon bagage amateur et une belle carrière. Mais il a montré au monde, dans son dernier combat, que malgré son expérience il ne pouvait soutenir la pression, croit Grachev. Et c'est ce qu'on va faire, on va lui mettre de la grosse pression. En novembre, ça ne me prendra pas autant de temps.»



L'entraîneur du Russe, classé 11e par l'IBF à 175 livres, a d'ailleurs regardé la vidéo de la défaite de Lucian Bute aux mains de Carl Froch. «J'ai remarqué que Bute ne pouvait soutenir la pression et qu'il n'était pas confortable au corps-à-corps», analyse Baruch Ferreira, qui prévient que son boxeur «va mettre de la pression du premier au dernier round».



L'entraîneur Stéphan Larouche et toute l'équipe d'InterBox sont donc à préparer Bute à une bagarre. Le Québécois d'origine roumaine doit absolument gagner ce combat. Pour réussir son retour tout d'abord. Mais aussi pour se préparer au combat revanche contre Carl Froch, qui doit avoir lieu avant le printemps prochain au Québec.