Jean-Marc Mormeck compte sur sa «détermination» pour détrôner l'Ukrainien Wladimir Klitschko, le 10 décembre, et devenir le premier Français sacré champion du monde des poids lourds lors d'un combat hors normes programmé devant les 50 000 spectateurs de l'Esprit Arena de Düsseldorf.

Jean-Luc Courthial ASSOCIATED PRESS

«Ce sera le plus gros défi de ma carrière», a affirmé Mormeck, âgé de 39 ans, ex-champion du monde des lourds légers, qui s'attaque à une légende vivante du ring. Wladimir Klitschko est en effet détenteur des titres WBA, IBF, WBO et IBO des lourds, alors que son frère aîné Vitali est possesseur de l'autre couronne mondiale (WBC) de la catégorie reine de la boxe.

«Ce sera mon 60e combat professionnel et mon 50e K.-O.», a pronostiqué placidement l'Ukrainien de 35 ans dans les salons de l'Hôtel de ville de Paris.

Rendant une tête à son adversaire, Mormeck entend compenser ce handicap par sa fougue et une préparation physique exceptionnelle. Stéphane Caristan, l'ex-champion d'Europe du 110 mètres haies lui fait travailler la vélocité des jambes, alors que Kevin Rooney, ex-entraîneur du mythique Mike Tyson, va rejoindre Paris dès la fin du mois pour conseiller tactiquement et techniquement le Guadeloupéen.

«J'ai rencontré des plus grands que moi et j'ai toujours gagné, a noté Mormeck. Je vais travailler avec des partenaires d'entraînement qui ressemblent à Wladimir.»

Mormeck a évoqué la «mâchoire de verre» de Klitschko (trois défaites) pour affirmer ses prétentions.

«Je le taquine avec cette «mâchoire de verre', mais il a perdu ses trois combats avant la limite, il ne prend pas bien les coups. Je l'ai déjà vu en mauvais état, souligne le Français. On dit que ce n'est pas possible car il est grand et fort, mais il ne faut pas voir que le physique. C'est un ressenti, je veux être le premier champion du monde français des poids lourds.»

Champion olympique des lourds à Atlanta en 1996, Wladimir Klitschko, qui règne depuis sept ans sur la catégorie des lourds, a dévoilé la clé de sa longévité: rester actif.

«Depuis l'âge de 14 ans, je suis actif. Je suis passé des Jeux olympiques aux combats pros, a indiqué l'Ukrainien, qui ne mésestime pas son adversaire. Je compare Jean-Marc à Tyson. Il ne recule pas comme David Haye.»

L'Anglais a détrôné en 2007 Mormeck de ses couronnes WBA et WBC des lourds-légers. Klitschko a dominé Haye aux points en juillet dernier chez les lourds.

Tous les voyants semblent donc au rouge pour Mormeck aux 36 victoires pour quatre défaites: il rend une vingtaine de centimètres et une quinzaine de kilos à Klitschko, alors qu'il est plus vieux de quatre ans et devra combattre devant une arène hostile, l'Allemagne étant la terre d'adoption des frères Klitschko.

«Je suis à 36 minutes de mon rêve», rétorque Mormeck, qui se voit donc éventuellement gagner aux points ce combat en 12 rounds.

«Tout le monde à un plan, mais tout peut s'écrouler sur un coup, a averti Klitschko. Je prends Jean-Marc très au sérieux. Il a pratiquement mis K.-O. Haye, a dominé le combat, lui a mis une grosse pression, mais a perdu sur un coup.»

C'est d'un seul uppercut que Haye avait assommé un Mormeck dominateur à Levallois il y a quatre ans.