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«On ne devrait pas mélanger la politique et le football», selon le sélectionneur de la Suisse

Xherdan Shaqiri, joueur suisse originaire du Kosovo, a... (Photo Laurent Gillieron, AP)

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Xherdan Shaqiri, joueur suisse originaire du Kosovo, a célébré son but en mimant des deux mains l'aigle du drapeau albanais.

Photo Laurent Gillieron, AP

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Agence France-Presse
Kaliningrad

«On ne devrait pas mélanger la politique et le football», a déclaré le sélectionneur suisse Vladimir Petkovic, alors que ses joueurs Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri, originaires du Kosovo, ont célébré leur but avec un geste pro-albanais, lors de la victoire contre la Serbie (2-1), vendredi à Kaliningrad.

«Il est important de rester à l'écart de la politique. Nous sommes là pour vivre différentes émotions et prendre du plaisir dans l'ambiance dans laquelle nous nous trouvons», a déploré le sélectionneur suisse, après la rencontre.

«Il est bien clair que les émotions ressortent, et c'est ce qui s'est produit. Mais nous tous sur le terrain, et en dehors, nous devons nous éloigner de la politique dans le football et nous concentrer sur ce beau sport qui regroupe les gens», a ajouté Petkovic, natif de Sarajevo (Bosnie-Herzégovine).

Menée au score pendant près d'une heure de jeu par la Serbie, la «Nati» a réussi à renverser la situation grâce à ses milieux Xhaka (52e), né en Suisse de famille kosovare, et Shaqiri (90e), né au Kosovo. Les deux joueurs ont célébré leurs buts de la même manière en mimant des deux mains l'aigle du drapeau albanais.

«Je ne veux pas parler de cela», a voulu esquiver Shaqiri, désigné «homme du match» par la FIFA. Dans le foot, vous avez toujours des émotions et vous pouvez voir que ce que j'ai fait n'est que de l'émotion. J'étais juste très heureux de marquer un but, c'est tout. Je pense qu'on ne devrait pas parler de ça maintenant.»

Idem, le sélectionneur serbe Mladen Krstajic n'a voulu faire «aucun commentaire». «Comme je l'ai déjà dit, je ne m'occupe pas de ce genre de choses. Je suis un sportif, je n'ai pas de commentaires», a-t-il déclaré après la rencontre.

Ces célébrations équivoques ravivent le souvenir d'un précédent fâcheux. Le 14 octobre 2014, un match Serbie-Albanie à Belgrade avait été interrompu quelques minutes avant la pause, en raison d'un envahissement du terrain et des échanges de coups entre joueurs et supporteurs.

L'étincelle qui avait déclenché l'incendie diplomatique? Un drone avait survolé la pelouse avec un drapeau de la «Grande Albanie», projet nationaliste visant à regrouper au sein d'un même pays tous les Albanais des Balkans.

Une provocation pour les Serbes qui n'acceptent toujours pas l'indépendance de leur ancienne province majoritairement albanaise du Kosovo. Les deux pays entretiennent dans la région des relations toujours délicates en raison de différends historiques et récents.




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