L’entraîneur-chef par intérim du CF Montréal, Wilfried Nancy, prendra-t-il la relève permanente de Thierry Henry ? Rien n’est confirmé, mais déjà, le principal intéressé, lui, se sent fin prêt. S’il prend les commandes de l’équipe, l’homme de 43 ans espère amener de la stabilité à Montréal, ainsi qu’une saine éthique de travail chez ses joueurs.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Bien sûr, je me sens prêt. Mais l’objectif premier, c’est vraiment d’amener de la stabilité au niveau du club et des joueurs », a expliqué Nancy lors d’une mêlée de presse virtuelle, tenue en après-midi mardi.

Questionné à de multiples reprises sur son intérêt pour le poste d’entraîneur-chef – laissé vacant jeudi dernier par Thierry Henry, parti pour des raisons familiales –, Nancy s’est fait catégorique. « J’ai toujours été ambitieux. L’ambition, c’est important, mais l’humilité aussi. […] À certains moments, je pensais que j’aurais pu prendre la direction de l’équipe, mais si ça n’a pas été fait, c’est parce qu’il y avait des raisons. Je préfère regarder devant. Le jour où ça arrivera, ça arrivera », a-t-il assuré d’un trait.

Celui qui en est à sa sixième saison au sein du personnel d’entraîneurs de la première équipe du CF Montréal se place « en continuité » avec la mentalité de Thierry Henry. Mais il assure qu’il a ses propres idées. Des « discussions » avec le directeur technique Olivier Renard ont déjà eu lieu, mais aucune décision n’a encore été prise. « Je n’ai pas l’intention de prendre plus de deux semaines avant de prendre ma décision », avait toutefois indiqué M. Renard à ce sujet il y a quelques jours. Il dit vouloir « parler à certains candidats » d’abord, mais chose certaine, « l’homme qui sera sélectionné doit adhérer à la philosophie du club ».

L’idée serait d’avoir une équipe proactive et dynamique, autant agressive avec le ballon qu’à la perte. Il faut être capables d’avoir le ballon le plus souvent possible, ce qui veut dire que, défensivement, il y a un changement d’état d’esprit à avoir.

Wilfried Nancy, pour qui la jeunesse des joueurs fait aussi en sorte que ceux-ci sont capables de « répéter les efforts à la même intensité »

Peu importe la décision du club, Nancy promet de « continuer à avancer ». Mais s’il devient l’entraîneur-chef, le natif du Havre, en France, voudra passer des messages à ses joueurs. « Ils doivent réellement prendre conscience que ce métier-là est exigeant. Oui, il y a le travail sur le terrain, mais le plus important, c’est comment on se prépare pour être sur le terrain », a-t-il avancé, en plaidant pour la mise sur pied d’une structure « bien claire » du jeu collectif, pour permettre à chacun « d’exprimer sa créativité ».

Encore des échanges

Lundi, Samuel Piette, qui pourrait hériter du titre de capitaine du CF Montréal à la suite du départ du défenseur Jukka Raitala, avait avoué que le départ de Thierry Henry était plus ou moins surprenant pour plusieurs joueurs. « Évidemment, quand la rumeur est tombée avec Bournemouth, le calcul se faisait relativement bien avec la saison qu’on a eue l’an dernier. Nous, les joueurs, étions au courant qu’il n’avait pas eu la chance de voir sa famille et de passer du temps avec eux », a-t-il dit.

« Chacun ici, chaque joueur, chaque membre du staff a ses raisons personnelles ; pour lui, c’était la famille en premier. On est vraiment très déçus de le perdre, mais on respecte son choix et on le comprend », a ajouté le Québécois de 26 ans.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Samuel Piette

Même son de cloche pour Wilfried Nancy, d’ailleurs. « Je peux comprendre pourquoi il est parti. Avant tout, on est des êtres humains. On est contents pour lui, parce qu’il se sent bien. Et ce n’est pas facile. Thierry, comme vous savez, ç’a été un champion », a dit Nancy, qui échange régulièrement avec l’ancien coach de l’équipe, même depuis son départ.

Le camp d’entraînement du CF Montréal en était à sa deuxième journée mardi. Un premier groupe de plus d’une vingtaine de joueurs y est déjà, mais d’autres sont attendus la semaine prochaine. « L’objectif, c’est que la troisième semaine, tout le monde soit au même pied d’égalité », a indiqué Nancy. Il avoue que cette façon de procéder est un « casse-tête » qui est toutefois « excitant » au sens où les deux groupes ne seront pas immédiatement à niveau égal. « On va beaucoup individualiser le travail pour avoir un groupe homogène à la troisième semaine. »

Et le club ne s’en cache pas : ses joueurs ne s’entraîneront plus à Montréal avant « longtemps » après ce camp d’entraînement. « On veut garder une certaine fraîcheur mentale pour nos joueurs, parce que quand on sera partis, on sera partis, a dit Nancy. Combien de temps on va rester ? On ne sait pas, mais c’était la moins [mauvaise] des solutions de s’entraîner ici. »

Rappelons que mercredi dernier, l’ex-défenseur étoile Laurent Ciman a été nommé entraîneur adjoint du CF Montréal. Le Belge de 35 ans a disputé trois saisons à Montréal, de 2015 à 2017, avant de se joindre au Los Angeles FC en 2018 et de porter l’uniforme du Toronto FC lors des deux dernières saisons. « Je suis très content d’être de retour à la maison, a indiqué Ciman. C’était mon souhait depuis longtemps et j’ai cette grande occasion pour moi et ma famille. Je veux maintenant apporter ma pierre à l’édifice. »

Avec La Presse Canadienne