(Montréal) Devant les filets de l’Impact de Montréal, Clément Diop cherche à faire bon usage de ses qualités athlétiques. Hors du terrain, il apparaît comme un jeune homme qui tâche de demeurer aussi serein et optimiste que possible face à la vie, même en des temps aussi troubles que ceux auxquels la planète entière est confrontée.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

La pandémie de COVID-19 tient Diop loin des stades – comme tous les autres sportifs – au moment où il semblait avoir fait sa place à titre de gardien numéro un de la formation montréalaise. Toutefois, vous ne l’entendrez pas s’apitoyer sur son sort ni dénoncer le destin.

« On voit qu’aujourd’hui, il y a des choses plus graves et plus importantes. Je relativise. Tout arrive toujours pour une raison, et c’est ma philosophie. Ce n’est pas un problème. C’est juste suspendu », a-t-il déclaré lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, jeudi.

PHOTO JEROME MIRON, USA TODAY SPORTS

Clément dans une pose méditative durant une attaque de l’Impact à l’autre bout du terrain lors du match contre FC Dallas à Frisco, au Texas, le 7 mars 2020.

« Ce n’est pas comme si on avait annulé la saison ou quoi que ce soit, a ajouté l’athlète de 26 ans, qui avait participé aux cinq matchs de l’Impact cette année, dont deux en MLS. Ça veut dire que ça va reprendre. Et je recommencerai à travailler avec Rémy (Vercoutre, l’instructeur des gardiens de l’équipe), et les autres gardiens de but, et j’essaierai de donner le meilleur de moi-même. »

Il pense à Paris

Parmi les « choses plus graves et plus importantes », il y a la situation sanitaire en France, incluant à Paris, sa ville natale, où se trouvent ses parents en ce moment, et avec lesquels il communique régulièrement.

Depuis quelques semaines déjà, l’Hexagone est en « guerre » – le terme qu’a utilisé le président, Emmanuel Macron – contre cet ennemi invisible qui avait frappé plus de 22 000 citoyens français et fait 1100 morts, selon le rapport de l’Organisation mondiale de la santé sur le coronavirus publié jeudi.

« C’est triste et malheureux parce qu’il y a des gens qui meurent, il y a beaucoup de malades et les hôpitaux sont débordés. Sans compter les gens qui ne pourront peut-être pas s’en relever, financièrement, quand tout repartira. J’ai un peu suivi la situation en France et j’espère que ça va s’arranger rapidement. »

Il y a maintenant exactement deux semaines que les activités sont interrompues dans la MLS, une décision que Diop avait vu venir, dit-il.

« C’était une question de temps »

« Je m’y attendais un peu, car on voyait qu’il commençait déjà à y avoir des matchs, à Seattle et à San Jose, qui étaient reportés », note Diop en faisant allusion aux décisions des Sounders et des Earthquakes, le 11 mars, de repousser leurs matchs respectifs du 21 mars.

« On voyait que les autres ligues à travers le monde, surtout en Europe, suspendaient leur saison. Je me doutais que c’était une question de temps avant que ça arrive en MLS, renchérit-il. Aujourd’hui, c’est la santé publique qui passe avant tout. Les domaines du sport et du divertissement sont touchés comme tout le monde. On espère que ça va s’arranger et que l’on va être de retour très vite sur les terrains. »

Lors du dernier avis de suspension de ses activités jeudi dernier, la MLS disait espérer relancer sa saison le dimanche 10 mai. L’autre souhait de la ligue, que partageait mardi le président de l’Impact Kevin Gilmore, c’est d’offrir une saison complète de 34 parties, quitte à présenter la finale de la Coupe MLS en décembre plutôt que le 7 novembre.

Un tel désir, s’il devait devenir réalité, aurait pour effet de créer une accumulation de matchs. Surtout si, en plus, la Ligue des Champions de la Concacaf relance ses activités et que le Championnat canadien est présenté comme prévu.

Beaucoup de matchs en perspective

En principe, l’Impact a encore un match retour à jouer au Honduras en Ligue des Champions, tandis que le premier duel aller-retour du Championnat canadien doit avoir lieu en juillet. En MLS, l’Impact et les 25 autres formations n’ont joué que deux parties.

Encore là, Diop essaie de ne pas trop se faire de soucis.

« Je pense que notre travail, c’est de jouer. C’est sûr que l’enchaînement des matchs peut parfois être compliqué. Ce n’est pas quelque chose qui me dérange. Je préfère jouer des matchs que ne rien faire. C’est sûr que des fois, il y a de la fatigue, mais c’est à nous de nous adapter. C’est pour ça qu’on a 25 joueurs et pas 11 joueurs, c’est pour que tout le monde puisse participer et aider l’équipe à atteindre ses objectifs », a déclaré Diop.

En attendant de pouvoir reprendre son boulot, Diop tente de demeurer en forme et en bonne condition physique, au moment où les équipes n’ont toujours pas accès à leurs complexes d’entraînement. Selon Diop, l’équipe a aidé les joueurs en fournissant des vélos intérieurs et du matériel d’entraînement, une initiative qu’il a appréciée.

« J’essaie souvent d’aller courir ou de faire du vélo d’intérieur, j’essaie de faire des séances de gym chez moi avec un tapis. On essaie de faire des push-ups, on essaie de faire des abdos, on essaie de s’entretenir du mieux qu’on peut. On doit rester professionnel, on doit se tenir prêt à revenir. »