(Genève) L’ex-président de la FIFA Sepp Blatter a remporté une première bataille juridique, puisque les procureurs suisses prévoient retirer les accusations dans l’un des deux dossiers qui pèsent contre lui en raison d’allégations de gestion frauduleuse.

Graham Dunbar
Associated Press

Le bureau du procureur général de la Suisse a confirmé samedi les informations en ce sens, à la suite d’une enquête qui portait sur la façon dont Blatter et la FIFA ont octroyé les droits de télédiffusion des Coupes du monde dans les Caraïbes en 2005.

C’est le plus récent développement dans la saga juridique contre Blatter en Suisse ces dernières semaines, tandis qu’une enquête distincte et indépendante de celle-ci, aux États-Unis, a été relancée avec de nouveaux chefs d’accusation et de nouvelles allégations en lien avec des pots-de-vin qui auraient été versés pour l’obtention des droits de télédiffusion des Coupes du monde.

Les procédures juridiques ont été lancées contre Blatter il y a quatre ans et demi et ont permis de le déloger de la présidence de la FIFA, un poste qu’il a occupé pendant plus de 17 ans. Il purge présentement une suspension de six ans imposée par la FIFA.

Un autre dossier criminel contre Blatter — il aurait autorisé un versement douteux de 2 millions au vice-président de la FIFA Michel Platini en 2011 — est toujours actif, a précisé le bureau du procureur général de la Suisse.

Les procureurs ont mentionné par voie de communiqué qu’ils ne peuvent offrir d’échéanciers pour formellement clore l’enquête dans les Caraïbes.

Un porte-parole de Blatter a été contacté pour des commentaires.

Une enquête avait été déclenchée en septembre 2015 après qu’un télédiffuseur suisse a publié un contrat ratifié 10 ans auparavant dans lequel la FIFA octroyait les droits de télédiffusion des Coupes du monde de 2010 et 2014 à l’Union caribéenne de soccer (UCF) pour un total de 600 000 $.

L’UCF était alors dirigée par Jack Warner, un vice-président déchu de la FIFA. Les droits ont ensuite été vendus à un télédiffuseur jamaïcain qui a généré des profits d’environ 20 millions.

Ce document a paru étoffer la défense de Warner en 2011, après qu’il eut quitté la FIFA alors qu’il était éclaboussé par des allégations de corruption des électeurs qui étaient opposés à Blatter. Ce dernier avançait que la FIFA lui avait offert les droits de télédiffusion des Coupes du monde pour une bouchée de pain, en retour de son aide pour permettre à Blatter de remporter l’élection présidentielle.