Il règne une curieuse ambiance chez les Maple Leafs de Toronto.

Publié le 5 avr. 2019
Mathias Brunet LA PRESSE

Leur place en séries éliminatoires est pourtant assurée et une victoire, ou un défaite en surtemps, demain au Centre Bell, leur procurerait une deuxième saison consécutive de 100 points ou plus.

Mais Toronto ne connaît pas une bonne fin de saison. Ils ont une fiche de 4-7-2 depuis leur victoire à Edmonton le 9 mars. La perspective d'affronter les puissants Bruins de Boston en première ronde n'est guère encourageante.

À l'aube du match contre Tampa, jeudi, Babcock a vanté la gestion de personnel du Lightning. «Il a fait un bon travail pour garder leurs joueurs, pour les convaincre de se plier aux exigences du plafond salarial, dit-il en faisant référence à Steve Yzerman. Et ils ont bien repêché pour ajouter ainsi sans cesse de nouveaux joueurs de qualité.»

Sa déclaration, prise au premier degré, révèle une admiration sans bornes pour le travail d'Yzerman, un ancien de l'organisation des Red Wings comme lui.

Mais à Toronto, certains ont interprété la chose différemment. William Nylander a raté une portion importante de la saison dans l'attente d'un nouveau contrat. Il a finalement accepté 45 millions pour six ans. Son salaire occupe 10 millions sur la masse salariale cette année, et 6,9 millions pour les cinq prochaines années... après deux saisons de 61 points.

Auston Matthews, lui, touchera 11,6 millions l'an prochain. C'est deux millions de plus par année que le meilleur compteur de la LNH, Nikita Kucherov, qui a accepté 9,5  millions annuellement l'été dernier. Même Steven Stamkos, 97 points cette saison, a signé à «rabais», un contrat annuel de 8,5 millions.

On se demande désormais combien exigera le meilleur compteur des Maple Leafs, Mitch Marner, 93 points cette saison, et un joueur autonome avec compensation à compter du 1er juillet.

Dans un contexte où aucune vedette des Leafs n'a fait de cadeau à l'organisation dans les négociations de contrat, Marner et son agent peuvent-ils vraiment se permettre de laisser des millions sur la table alors que ses coéquipiers n'ont pas fait pareil sacrifice?

Le même raisonnement s'applique au défenseur Jake Gardiner, de retour au jeu jeudi contre Tampa, après une absence de plusieurs semaines. Gardiner touche quatre millions cette saison et deviendra joueur autonome sans compensation le 1er juillet.

Certains y ont aussi vu une flèche à l'endroit du DG Kyle Dubas. Il serait fort étonnant que l'entraîneur des Maple Leafs attaque ainsi publiquement son directeur général.

Par contre, il peut ressentir une certaine frustration à l'endroit de ses jeunes vedettes, entre autres Nylander, qui n'ont pas fait preuve d'autant d'abnégation que les stars du Lightning.

Le match de demain contre le Canadien ne voudra rien dire pour Toronto. On devrait même donner congé à Nazem Kadri et Jake Muzzin. Le CH, lui, sera peut-être déjà éliminé advenant une victoire des Blue Jackets ce soir.

Connaissant Babcock, il n'a pas la tête aux controverses concernant les soucis salariaux de l'équipe, et le Canadien demeure le cadet de ses soucis.

Il doit plutôt peaufiner sa stratégie ultime afin de contrer le redoutable trio constitué de Patrice Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak, la semaine prochaine, et enfin permettre aux Leafs de franchir la première ronde.

* * *

À LIRE 

Je rentre de Washington ce matin. J'écris de l'aéroport Dulles. Voici mon résumé du match d'hier, pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu.