Défait hier soir par les Capitals à Washington, le CH a vu deux de ses rivaux directs se qualifier pour le tableau éliminatoire. Les espoirs s'amenuisent...

Mis à jour le 5 avr. 2019
MATHIAS BRUNET LA PRESSE

Analyse: un mince espoir

La voix brisée, vidés physiquement et émotivement, Brendan Gallagher et les principaux leaders du Canadien avaient évidemment déjà appris la victoire des Hurricanes de la Caroline lorsqu'ils sont rentrés dans le minuscule vestiaire du club visiteur du Capital One Arena de Washington, après leur amère défaite de 2-1, hier soir.

« Nous aurons besoin d'aide... », murmurait Gallagher, les yeux rougis par l'émotion.

Cette défaite, combinée à la victoire des Hurricanes contre les Devils du New Jersey, assure à la Caroline une participation aux séries éliminatoires.

Le seul espoir, un mince espoir, réside du côté des Blue Jackets de Columbus. Ils doivent perdre leurs deux derniers matchs, contre les Rangers de New York et les Sénateurs d'Ottawa, et le Canadien doit vaincre les Maple Leafs de Toronto, pour que le CH puisse se qualifier pour les séries.

C'était un match à saveur éliminatoire hier soir à Washington. Et comme dans toutes les rencontres de cette envergure, la moindre erreur prenait des proportions énormes.

C'était l'égalité 1-1 en début de deuxième période lorsque Paul Byron a reçu une passe de Carey Price pour effectuer la sortie de zone à sa ligne bleue.

Byron avait peu de temps pour réagir puisqu'Andre Burakovsky fonçait à toute allure dans sa direction. Mais dans de telles guerres de tranchées, où chaque pouce gagné compte, l'ailier posté à cet endroit doit réussir son jeu.

Or l'attaquant du Canadien a perdu la rondelle, Burakovsky l'a récupérée et l'a passée à Nic Dowd dans l'enclave, et les Capitals ont pris l'avance pour ne plus jamais la perdre.

Ce même Byron qui était revenu au jeu courageusement deux matchs plus tôt après un retentissant knock-out subi lors d'un combat la semaine dernière. Était-il en pleine possession de ses moyens hier soir ? Lui seul le sait - et peut-être les membres de sa garde rapprochée.

Mais difficile de blâmer un joueur qui en a donné autant à l'équipe, et qui revenait au jeu si rapidement après un coup si dur.

« C'était un match serré, on a travaillé fort jusqu'ici, mais [hier] soir il en manquait un peu, a commenté Claude Julien, ému lui aussi après la rencontre. Malheureusement, ça fait mal parce que c'est un match qu'on devait gagner. C'est un but qui a fait la différence. Ils ont été plus opportunistes que nous. C'est une équipe qui a perdu son dernier match alors qu'elle devait le gagner, elle pouvait terminer au premier rang avec une victoire, ce sont deux équipes qui devaient gagner. »

L'entraîneur-chef du Canadien préfère vivre d'espoir d'ici le prochain match des Blue Jackets, ce soir à New York.

« Nous ne sommes pas morts. Nous sommes conscients que nous avons besoin d'aide. On espère être encore en vie demain », a dit Claude Julien.

Julien espérait un apport important de ses joueurs de soutien pour ce match crucial, dans une rencontre à l'étranger où il n'avait pas droit au dernier changement de trios.

Le trio de Max Domi s'est retrouvé régulièrement opposé à celui d'Alex Ovechkin et de Nicklas Backstrom. L'entraîneur-chef des Capitals, Todd Reirden, semblait favoriser aussi une confrontation entre le trio de Phillip Danault et celui d'Evgeny Kuznetsov.

Malheureusement, le trio composé de Byron, Nate Thompson et Jesperi Kotkaniemi de même que la troisième paire formée par Christian Folin et Jordie Benn se sont retrouvés chaque fois ensemble sur la glace lors des deux buts des Capitals et de leurs joueurs de troisième et quatrième trios.

Sur le premier but des Capitals, l'oeuvre de Lars Eller, encore lui, Folin a malencontreusement perdu la rondelle derrière le filet.

Les vedettes des Capitals, Ovechkin, Backstrom et Kuznetsov, avaient été blanchies, celles du Canadien aussi, mais les joueurs de soutien de Washington ont eu le dessus sur ceux du CH. Un air connu.

Mais peut-on vraiment reprocher quoi que ce soit à cette vaillante petite équipe ?

Ils ont dit

« On ne sait jamais »

« Il faut oublier le match. Nous devons gagner notre prochain match. On ne sait jamais. Carey [Price] a été bon pour nous toute l'année, il a été notre meilleur joueur, c'est un athlète et une personne d'exception. »

- Max Domi

« On affrontait un bon club, c'était un match serré, mais c'est une défaite difficile à digérer. On a donné beaucoup de chances de marquer et Carey Price a été très bon, mais on en a obtenu beaucoup aussi, et leur gardien a lui aussi été très bon. Une ou deux erreurs font pencher la balance. Nous avons été compétitifs jusqu'à la fin. »

- Brendan Gallagher

« Ce n'était pas notre meilleure performance des derniers matchs. Mais nous avons quand même obtenu de bonnes chances de marquer. Il faut faire le vide en prévision de notre prochain match. Tous nos joueurs ont tout donné, même si ce n'était pas notre meilleur match. »

- Shea Weber

« C'était un autre match de séries. Nous avons montré beaucoup de caractère récemment. Ce n'est pas agréable de perdre, mais nous ne pouvons pas avoir de regrets. »

- Carey Price

Propos recueillis par Mathias Brunet, La Presse

Dans le détail

Trio d'observation sur le match entre le Canadien et les Capitals

Holtby intraitable

Braden Holtby adore affronter le Canadien. Il montre une fiche de 12-2-2 contre le CH, avec une moyenne de 1,72 et un taux d'arrêts de ,941. Et comme si ça ne suffisait pas, le gardien numéro un des Capitals vivait une séquence heureuse avant le match avec quatre victoires à ses quatre dernières rencontres, sept buts accordés seulement et un formidable taux d'arrêt de ,938, de bon augure à l'aube des séries. Holtby n'a pas été aussi occupé de Price, mais il a réalisé des arrêts importants en première période, coup sur coup devant Max Domi et Tomas Tatar, et ensuite sur une rondelle déviée par Brendan Gallagher devant son filet.

PHOTO SUSAN WALSH, ASSOCIATED PRESS

Braden Holtby (70) a remporté hier son cinquième match à ses cinq dernières rencontres.

Eller se gâte encore

Lars Eller ne manque jamais de faire mal à son ancienne équipe. Il a marqué quatre buts lors des quatre affrontements précédents contre le Canadien, dont le but gagnant en prolongation le 19 novembre au Centre Bell. Hier encore, il a ouvert la marque, à la suite d'un cafouillage de Christian Folin derrière le but de Carey Price. Folin a perdu la rondelle aux mains de Brett Connolly alors qu'il tentait de manoeuvrer du revers, Connolly a remis la rondelle à Eller laissé seul devant le filet de Price. Le défenseur suédois n'a pu revenir à temps pour empêcher Eller de manoeuvrer. Il s'agissait pour le Danois d'un 13e but, cinq buts de moins que l'an dernier, mais d'un 36e point, à deux de son sommet en carrière établi la saison dernière. Eller forme un solide troisième trio avec Brett Connolly, dont c'est l'éclosion à 26 ans avec 22 buts et 46 points, et la nouvelle acquisition Carl Hagelin.

PHOTO GEOFF BURKE, USA TODAY SPORTS

Lars Eller (20) a inscrit le premier but des siens, hier. Il s'agissait de son quatrième à ses quatre derniers matchs contre le Canadien de Montréal.

Un autre but en supériorité numérique

Le Canadien a modifié sa stratégie récemment pour relancer ses résultats médiocres en supériorité numérique. L'équipe place entre autres Joel Armia dans l'enclave et l'alimente de l'arrière du filet ou de la bande à mi-chemin du territoire adverse. Cette recette a été payante. Le Canadien a marqué trois buts en 12 occasions en supériorité numérique lors des sept derniers matchs, soit un taux de succès de 21 %. Après la punition à Nicklas Backstrom dans la dernière minute de la première période, on a usé de la même stratégie. Sauf que cette fois, le tir d'Armia, sur une passe de Phillip Danault, posté derrière le but adverse, a dévié sur un adversaire et abouti sur la palette de Shea Weber, posté à l'orée du filet de Holtby. Le Canadien a provoqué l'égalité avec 28 secondes à faire dans cet engagement. Malheureusement, le Canadien n'a obtenu aucune autre occasion en supériorité numérique.

En hausse

PHOTO GEOFF BURKE, USA TODAY SPORTS

Le capitaine Shea Weber (6) a inscrit le seul but des siens, hier soir, en fin de première période, lors d'un jeu de puissance.

Jeff Petry

Joueur le plus utilisé de l'équipe, avec plus de 24 minutes de jeu, il a obtenu de nombreuses chances de marquer, dont un poteau dans les derniers instants du match.

En baisse

Christian Folin

Il a gaffé sur le premier but des Capitals et a terminé le match à - 2.

Le chiffre du match

PHOTO SUSAN WALSH, ASSOCIATED PRESS

Tom Wilson (43) et Jeff Petry (26) pourchassent une rondelle libre

8 min 59 s

Temps d'utilisation de Paul Byron, le joueur le moins utilisé de son équipe, sans doute encore affecté par sa commotion cérébrale.

PHOTO SUSAN WALSH, ASSOCIATED PRESS

Paul Byron (41) tente de garder le contrôle de la rondelle malgré l'acharnement de Lars Eller (20) et de Christian Djoos (29).