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Du hockey soporifique, mais efficace dans le désert

À la surprise générale, les Coyotes de l'Arizona... (PHOTO ROSS D. FRANKLIN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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À la surprise générale, les Coyotes de l'Arizona ont remporté 12 de leurs 16 derniers matchs. Ils sont compétitifs grâce à un système de jeu très conservateur qui limite les chances de compter... des deux côtés.

PHOTO ROSS D. FRANKLIN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Ils sont décimés par les blessures. Ils ont perdu certains de leurs meilleurs jeunes joueurs dans des échanges douteux. Ils présentent une formation garnie de joueurs rejetés ailleurs ou destinés à la Ligue américaine. Et pourtant, les Coyotes de l'Arizona, seraient des séries éliminatoires si celles-ci commençaient ce soir.

À la surprise générale, les Coyotes ont remporté 12 de leurs 16 derniers matchs avec pour numéro un le gardien Darcy Kuemper, un auxiliaire de carrière obtenu l'an dernier pour deux joueurs marginaux.

Leur premier centre actuel, Nick Cousins, a été acquis des Flyers en 2017 pour un joueur de la Ligue de la Côte Est et un choix de cinquième ronde. Il connaît sa meilleure saison en carrière avec... 24 points.

Revenons sur leurs échanges, effectués par le jeune DG John Chayka, 29 ans, un adepte des statistiques avancées.

Alex Galchenyuk n'a pas rapporté les effets escomptés et il n'a pas d'impact sur les succès actuels de l'équipe. L'ancien mouton noir du Canadien a un point à ses huit derniers matchs et il joue toujours à l'aile malgré la perte des deux premiers centres Nick Schmaltz et Derek Stepan.

Galchenyuk, 25 ans, a 36 points, dont 15 buts, en 60 matchs, avec une fiche de -21, de loin la pire de son équipe.

À Montréal, Max Domi, 24 ans, profite pleinement de son départ du désert. Il a 62 points, dont 24 buts, en 70 matchs, et une fiche de +15, des sommets en carrière à tous les chapitres.

Chayka a effectué un autre échange de taille, en novembre, en cédant aux Blackhawks deux espoirs repêchés en première ronde, Dylan Strome, 3e choix au total en 2015, et Brendan Perlini, 12e choix au total en 2014, pour obtenir Nick Schmaltz, un centre droitier de 23 ans, un choix de première ronde lui aussi.

Schmaltz faisait bien à son arrivée en Arizona avant les Fêtes avec 14 points en 17 matchs avant de subir une grave blessure qui a mis fin prématurément à sa saison.

L'arrivée de Strome à Chicago a donné un nouvel élan aux Blackhawks et relancé leur jeune ailier Alex DeBrincat, ancien coéquipier de Strome dans les rangs juniors. Strome, 22 ans, a 43 points en 46 matchs à Chicago, dont 40 points à ses 32 derniers matchs. Il semble désormais montrer toutes les promesses qu'il annonçait.

Perlini sort lui aussi de sa coquille. Après des débuts modestes, il vient d'amasser neuf points à ses six derniers matchs, dont deux rencontres de suite de trois points.

Perdre ainsi trois jeunes joueurs en retour d'un centre blessé à long terme et d'un ailier improductif affecterait n'importe quel club. Mais pas les Coyotes semble-t-il.

À cela il faut ajouter les blessés. L'équipe a perdu son gardien numéro un Antti Raanta en début de saison. Leurs blessés ont raté plus de 300 matchs cet hiver.

À un certain point de la saison, les deux gardiens, Raanta et Kuemper, les défenseurs Jason Demers, Kevin Connauton et Jakob Chychrun, les attaquants Schmaltz, Christian Dvorak, Michael Grabner et Brad Richardson manquaient simultanément à l'appel.

«C'est un groupe assez spécial, a confié Chayka la semaine dernière à sa sortie du meeting des DG. Ce n'est pas seulement le nombre de matchs ratés, mais la qualité des joueurs blessés à des positions importantes.»

Les Coyotes sont compétitifs grâce à un système de jeu très conservateur qui limite les chances de compter... des deux côtés. On comprend l'entraîneur Rick Tocchet d'adopter une telle stratégie en raison du talent limité à sa disposition.

Les Coyotes ont l'une des pires attaques de la Ligue, mais viennent au neuvième rang au chapitre des buts accordés. Ils se classent aussi troisièmes en infériorité numérique, tandis que leur taux de succès en supériorité numérique se compare à leur efficacité à marquer des buts.

On cherche d'abord à éviter de se faire compter des buts chez les Coyotes. Rick Tocchet l'avait d'ailleurs exprimé lors d'une entrevue en novembre à l'occasion de son retour à Pittsburgh, où il a travaillé pendant quelques années à titre d'adjoint à l'entraîneur Mike Sullivan.

Mais cette formule, si elle donne des résultats à court terme, comporte ses inconvénients. Elle ne favorise pas, entre autres, le développement à long terme du talent.

À preuve, Domi, Strome et maintenant Perlini ont explosé ailleurs alors qu'ils plafonnaient en Arizona. Le meilleur compteur des Coyotes cette saison, Clayton Keller, 20 ans, a 40 points en 70 matchs. Il en avait amassé 65 l'an dernier.

Le deuxième sur la liste, Oliver Ekman-Larsson, est un défenseur. Il en compte 37. Les Coyotes n'ont aucun marqueur de 20 buts. Le meilleur, Brad Richardson, en a 16. Cinq joueurs chez le Canadien ont plus de buts que Richardson.

Ironique tout de même qu'un spécialiste des statistiques avancées comme John Chayka soit à la tête d'une équipe de tire-pois et qu'il accepte de céder autant des joueurs capable d'amasser des points à ses rivaux.

Pour l'instant, les Coyotes constituent une équipe Cendrillon. Il reste à voir si leurs succès actuels seront durables. Et comment Alex Galchenyuk s'épanouira dans cet environnement. Galchenyuk aura droit à l'autonomie complète à compter de fin de la prochaine saison. Je serais curieux de savoir ce que son agent Pat Brisson lui conseillera.

Malgré leurs succès, les Coyotes attirent toujours aussi peu dans le désert. Ils vendent en moyenne 13 715 billets par match. Seuls les Panthers de la Floride et les Islanders de New York font pire.

Ça ne risque pas de s'améliorer avec du hockey si peu excitant, mais la formule fonctionne pour l'instant et Tocchet pourrait même hériter du titre d'entraîneur par excellence à la fin de la saison.

* * *

À LIRE

Barry Trotz est non seulement l'un des meilleurs entraîneurs de la LNH, mais aussi un personnage éminemment sympathique, que j'ai eu la chance d'interviewer à quelques reprises au fil des ans. Jean-François Tremblay lui a parlé à son arrivée à Long Island hier en prévision du match entre le Canadien et les Islanders ce soir.




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