Malgré une fiche plutôt modeste de 164-168-48 avec le club-école du Canadien dans la Ligue américaine, quatre petits matchs de séries en quatre printemps, et une feuille de route mince en terme de développement de jeunes joueurs, Sylvain Lefebvre a reçu une prolongation de contrat de deux ans et devient le premier entraîneur en chef de l'histoire du Rocket de Laval.

Mathias Brunet

J'avais plusieurs questions pour lui hier lors d'un point de presse au nouveau domicile du Rocket, à la Place Bell. Il a répondu aux questions plus critiques sans broncher, avec la classe qu'on lui connaît, et défendu vigoureusement son bilan.

« L'organisation est heureuse de notre travail au plan du développement et on en a la preuve aujourd'hui, tout notre staff est de retour, a-t-il lancé. Je connais mon rôle avec le Canadien de Montréal. Je dois faire en sorte que les joueurs soient prêts quand l'équipe a besoin d'eux. Au fil des saisons, le Canadien a quand même eu de bonnes saisons et beaucoup de nos joueurs ont aidé le Canadien à se tailler une place en séries. Ils ont même remporté le championnat de division l'hiver dernier. Après, l'organisation prend la décision à savoir si ce jeune joue pour l'équipe ou s'ils font partie d'une transaction. Il y a aussi de nos joueurs qui sont maintenant dans la Ligue nationale avec d'autres équipes. »

Lors du dernier match de la saison contre les Rangers de New York, le Canadien comptait dans sa formation un seul joueur ayant passé au moins une saison complète sous l'autorité de Sylvain Lefebvre : Michael McCarron, et il a joué un peu plus de six minutes. Nathan Beaulieu avait été rayé de la formation et a été échangé quelques semaines plus tard aux Sabres pour un choix de troisième ronde.

« On a des joueurs comme Andrighetto, Pateryn, Tinordi qui ont aidé le Canadien ces dernières années et qui ont servi Marc Bergevin dans des échanges, a confié Lefebvre à La Presse après son point de presse. Mais les gros joueurs d'impact, Galchenyuk, Lehkonen, ne passent pas par chez nous. Parfois, comme ce fut le cas avec Sergachev, il permet d'obtenir un joueur dans un échange. Peu importe leur sort, notre but à nous était de les amener à leur plein potentiel pour qu'ils jouent dans la Ligue nationale. Quand tu remets tout ça en perspective, beaucoup de gens peuvent faire leur propre analyse, mais si le Canadien a choisi de prolonger mon contrat, c'est ce qui m'importe. Si je n'étais pas prêt à vivre avec la critique, je n'aurais pas joué aussi longtemps dans la Ligue nationale et je ne serais pas toujours entraîneur aujourd'hui. Mais les gens qui critiquent ne voient pas le travail qu'on accomplit, la passion et l'enthousiasme qu'on a de travailler avec ces jeunes-là. »

Tinordi et Pateryn sont des défenseurs marginaux dont le Canadien ne voulait plus. Heureusement, Marc Bergevin a pu obtenir Jordie Benn pour Pateryn. Andrighetto a rapporté Andreas Martinsen, un joueur de quatrième trio, et Tinordi Victor Bartley et John Scott, qui n'ont fait que passer.

Louis Leblanc, Josh Didier, Darren Dietz, Joonas Nattinen, Mac Bennett et Steve Quailer sont aussi tous passer dans la Ligue américaine sans parvenir à percer. Nathan Beaulieu n'est plus dans l'organisation, mais dans ce cas précis, il n'a que lui à blâmer.

Le Canadien a pourtant fait la preuve par le passé qu'il pouvait développer de solides joueurs au sein de son club-école: Andrei Markov, Tomas Plekanec, Mike Komisarek, Chris Higgins, Mike Ribeiro, P.K. Subban et David Desharnais ont tous passé au moins un an à Hamilton.

Sylvain Lefebvre estime que quatre ou cinq de ses protégés sont prêts à faire le saut dans la LNH dès l'an prochain. Charles Hudon, Nikita Scherbak, Michael McCarron et Jacob de La Rose lutteront en effet pour des postes au camp d'entrainement. S'ils surprennent, ils contribueront à embellir le bilan de Sylvain Lefebvre.