Malgré des moments difficiles lors de ses rappels à Montréal, Cayden Primeau demeure le gardien d’avenir du Canadien, foi de son ancien entraîneur des gardiens Stéphane Waite.

Publié le 27 janvier
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

« Il faut être patient avec Primeau, il est encore jeune à seulement 22 ans, confiait Stéphane Waite au bout du fil jeudi matin. Et il ne faut pas trop le juger au plan des statistiques quand il a été rappelé parce qu’il joue pour l’un des pires clubs de la Ligue nationale. »

Waite persiste et signe : même si le jeune Primeau a été retiré du match trois fois sur six lors de ses rappels à Montréal, qu’il montre une ronflante moyenne de 4,32, il voit encore en lui un éventuel Corey Crawford, son ancien protégé à Chicago.

« Cayden, c’est Corey Crawford de A à Z. Au plan de sa taille, de ses capacités athlétiques, de sa tête, de sa personnalité. Corey Crawford a eu à améliorer la vitesse de ses jambes et de ses bras lui aussi. Je parlais souvent avec Marc (Bergevin) en lui disant qu’il avait un futur Corey Crawford. Mais il a joué en moyenne proche de 50 matchs par année dans la Ligue américaine pendant cinq ans et s’est établi dans la Ligue nationale à 26 ans après 255 matchs dans la Ligue américaine. »

Crawford a ensuite disputé dix saisons avec les Blackhawks pendant leurs années de gloire, toutes à titre de numéro un, et remporté deux Coupes Stanley.

Depuis la fin de sa carrière universitaire à Northeastern en 2019, Primeau, un choix de septième ronde du CH en 2017, a disputé en moyenne 21 matchs dans la Ligue américaine, dont 33 la première année. Il entamera jeudi soir un deuxième match de suite, contre les Ducks au Centre Bell.

« Son développement a malheureusement été très limité depuis deux ans à cause de la situation pandémique et c’est dommage parce qu’il était bien parti. Sa première année dans la Ligue américaine avait été très bonne, il avait même joué deux matchs à Montréal où il avait bien fait. Depuis deux ans, ça stagne un peu, mais ça n’est pas de sa faute ni celle du Canadien. Il est dans des années où il doit jouer souvent. »

Dominique Ducharme soulignait d’ailleurs en point de presse mercredi que Primeau, 6 pieds 3 pouces, jouerait dans la Ligue américaine dans un monde idéal, mais l’absence à long terme de Carey Price et Jake Allen force l’organisation à le garder à Montréal et le retour en forme de Samuel Montembeault pourrait le garder sur le banc plus souvent qu’autrement.

À Kent Hughes, sans doute, de dénicher un gardien ailleurs dans la LNH pour permettre à Primeau de jouer plus souvent dans les mineures.

« Il faut trouver le moyen de le faire jouer en moyenne 45 matchs par année, répète Stéphane Waite. Pour le reste, il a tout : la taille, le caractère, j’adore son état d’esprit, jamais trop émotif, ne descend jamais trop bas non plus, un kid super intelligent. »

Entre temps, le CH compte à cette position trois espoirs éparpillés aux quatre coins du globe : Frederik Dichow, 20 ans, 6 pieds 5 pouces, repêché en cinquième ronde en 2019, brillant cet hiver en Suède, et en route vers Pékin pour représenter le Danemark ; le Tchèque Jakub Dobes, 20 ans lui aussi, 6 pieds 4 pouces, repêché en cinquième ronde en 2020, fiche de 17-6-1, moyenne de 2,07 et taux d’arrêts de.932 à Ohio State, dans la NCAA et enfin Joe Vrbetic, 19 ans, 6 pieds 6 pouces, repêché en septième ronde en 2021, fiche de 15-6-6, mais moyenne de 3,07 à North Bay dans la Ligue junior de l’Ontario.

Dichow et Dobes ont été repêchés alors que Stéphane Waite était encore avec l’organisation du Canadien, mais celui-ci ne participait pas aux décisions lors du repêchage.

« Vincent Riendeau allait voir les matchs des espoirs en prévision du repêchage. On se fiait beaucoup sur lui. Mon rôle consistait à faire mes recommandations générales aux dépisteurs lors d’un meeting de début de saison et les qualités qu’on recherchait chez les gardiens. La taille en est une, il ne faut pas se le cacher. C’est important même si je n’encourage pas ça au niveau du hockey mineur. Tu n’as pas le choix de le regarder comme organisation. Les autres critères, les habiletés, le gardien est-il rapide au niveau des mains et des jambes, a-t-il de belles capacités athlétiques au niveau de l’agilité et de la flexibilité. »

Waite leur disait aussi de ne pas se fier aux statistiques. « On a trop souvent repêché des gardiens en raison de ses statistiques. Tout ça est très trompeur. J’ai souvent vu de très bons gardiens avec de mauvaises statistiques parce qu’ils jouaient avec des équipes faibles. Son langage corporel aussi, pour voir son caractère. Comment il réagit après un but. »

L’ère post Carey Price est-elle commencée ? Seuls Jeff Gorton et Kent Hughes détiennent la réponse…

Dylan Strome s’éclate

Dylan Strome était fréquemment rayé de la formation de Blackhawks en début de saison. Chicago cherchait à l’échanger, dit-on, mais y avait-il des preneurs avec son salaire annuel de trois millions et seulement sept points en 22 matchs ? L’entraîneur qui ne lui faisait plus confiance, Jeremy Colliton, a été congédié en novembre et graduellement Strome a gagné la confiance du nouveau coach Derek King. Avec quatre points mercredi soir, Strome a désormais neuf points à ses huit derniers matchs, au centre du premier trio avec Patrick Kane et Brandon Hagel. Il joue entre 17 et 20 minutes par rencontre depuis six matchs…

À ne pas rater !

1- L’ancien défenseur de la LNH et animateur au 91,9 Sports Gilbert Delorme l’a échappé belle. Il ne conservera pas de séquelles de son AVC et a même repris le travail deux semaines plus tard. Il se raconte à Guillaume Lefrançois.

2- Gros match du Canada contre le Honduras jeudi soir dans sa quête d’une qualification pour la Coupe du Monde. Jean-François Téotonio résume les propos de l’entraîneur en chef John Herdman.

3- Simon-Olivier Lorange nous met au parfum de la situation des gardiens chez le Canadien, avec le retour en santé de Samuel Montembault.