On ne s’attendait pas à un grand cru, lundi en Arizona, et c’est en plein ce que l’on a eu.

Mis à jour le 17 janvier
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Deux équipes de fond de classement, du jeu sans inspiration, des joueurs désintéressés. Ça a donné une victoire des Coyotes par la marque de 5-2, et la seule bonne nouvelle, c’est que personne n’a eu à déneiger sa voiture pour aller voir ça.

Le sommaire du match
Le clavardage du match

Ce match fut d’un si profond ennui que seule la rumeur d’une possible nomination du prochain DG en plein match nous a permis de garder un certain intérêt. « J’aimerais ça avoir des réponses… mais je n’en ai pas en ce moment », a résumé Jonathan Drouin d’un air résigné.

Cayden Primeau a dû céder son filet à Samuel Montembeault après un match de 4 buts accordés sur 16 tirs. C’est un autre rappel que le remplaçant de Carey Price n’a toujours pas été trouvé, et qu’à la lumière des dernières nouvelles, il faudrait bien y penser un jour.

« J’ai effectué le changement de gardien pour changer un peu le momentum, a expliqué Dominique Ducharme. Ils n’ont pas eu une tonne de chances, mais ils ont su en profiter. On peut pas dire que c’est de sa faute, mais on voulait voir Montembeault en troisième et c’est ce qui est arrivé. »

Puisqu’il ne reste à peu près plus aucun suspense à cette saison, nous allons devoir nous accrocher à ces deux questions : que fera Dominique Ducharme ? Et ensuite, que fera le prochain DG, qui devrait être nommé sous peu ?

En ce qui concerne Ducharme, c’est un peu compliqué. Il doit gagner pour espérer ravoir du boulot, ici ou ailleurs, et son plus gros défi consistera à raviver la flamme de la passion chez des joueurs qui l’ont de toute évidence perdue.

PHOTO NAM Y. HUH, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Dominique Ducharme

Il y a de ces signes qui ne mentent pas, et quand on voit certains vétérans jouer les spectateurs devant leur gardien, jouer la carte du moindre effort, il appartient au coach de brasser un peu la cage.

Mais Ducharme pourra-t-il y arriver ?

« Dans certains moments, on a été ordinaires, a admis l’entraîneur après ce désastre. Les Coyotes ont profité de leurs occasions, mais il y a eu quelques jeux, certainement, où on aurait pu faire mieux. Il faut que les gars reviennent plus rapidement au niveau de jeu qu’ils sont capables d’offrir… nos gars sont capables de mieux que ça. »

Est-ce vraiment le cas ? Si c’était seulement les plus jeunes qui piquaient du nez, ce serait une chose, mais on voit très bien les vétérans qui font partie de ceux qui peuvent « faire mieux ». Ils ne le font pas, et si on est honnête, ils ne le font pas depuis octobre, pour la plupart.

Ce qui nous amène au prochain DG.

Pauvre lui. Il devra rapidement déterminer ceux qui se traînent les pieds et qui veulent partir, et aussi, il devra tenter d’aller chercher le maximum en retour de ces gars-là. Mais ce ne sera pas si facile, et un match comme celui de lundi, ou à peu près tout le monde paraît mal, ne sera pas de nature à provoquer une flambée des prix parmi les autres DG qui s’intéresseraient aux joueurs du CH.

« C’est difficile, a ajouté Jonathan Drouin. Les gars comme Josh Anderson, qui reviennent au jeu après six semaines d’absence… je sais que ce n’est pas une excuse non plus, c’est à nous de mieux jouer.

« Ce n’est pas à quoi on s’attendait. On est dans les moments difficiles présentement. C’est dur à accepter, mais il nous reste plein de matchs à disputer cette saison. Alors on va oublier celui-là, mais c’est sûr que ça fait mal. »

Ça fait mal parce que le Canadien n’affrontait pas exactement le club de l’Armée rouge de 1976 en ce petit lundi en Arizona. Il affrontait les Coyotes, qui campent à merveille le rôle de tapis d’entrée pour le reste de la ligue soir après soir depuis maintenant plusieurs saisons.

On rappelle la marque finale : Coyotes 5, Canadien 2.

Avec cette défaite, le Canadien vient un peu consolider sa 32place. Et ce 32e rang, c’est exactement où ce club mérite de vivoter en ce moment.

En hausse

Jonathan Drouin

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Jonathan Drouin

Il a été l’un des seuls avec un chandail blanc à se présenter sur la glace à Glendale.

En baisse

Cole Caufield

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Cole Caufield

Il ne joue avec aucune confiance… et il a conclu ce match avec - 3 à sa fiche.

Le chiffre

32

Le nombre d’équipes dans la LNH, et aussi le rang du Canadien au classement général.

Dans le détail

Carey Price se fait (encore) attendre

Carey Price n’a pas été vu devant un filet cette saison, et on peut se demander si on le reverra bientôt. Ainsi, le gardien vedette a pu consulter ses médecins récemment au sujet de cette blessure à un genou qui tarde à guérir. Mais la durée de son absence demeure indéterminée, selon le Canadien. « Ce n’est pas un recul, mais il n’a pas pu profiter de ces semaines-là pour avancer dans sa réadaptation, a noté l’entraîneur lundi midi avant le match de son club en Arizona. Carey est au même point qu’avant Noël, quand nos activités ont cessé à cause de la COVID-19. » Le retour de Price n’est pas pour tout de suite, comme celui d’un autre gardien, Jake Allen. Le Canadien a confirmé qu’Allen a subi des examens lundi, lui qui s’est blessé lors du match du 12 janvier à Boston contre les Bruins. Il n’y a aucune date de retour au jeu prévue dans son cas.

Distanciation physique au Gila River Arena

Les images à la télé nous ont montré des rangées et des rangées de bancs vides, comme c’est souvent le cas en Arizona, et selon la feuille officielle des statistiques du match, c’est une foule de 9495 spectateurs qui a assisté à ce classique entre le Canadien et les Coyotes. Le chiffre nous apparaît bien généreux, mais il est bien représentatif de cette autre saison de misère en Arizona, où le club local attire une moyenne de 11 575 spectateurs par match, bonne pour le troisième rang parmi les pires moyennes du circuit, après Buffalo et Ottawa.

Autre décision difficile pour le CH

Après le match, Dominique Ducharme a blagué (enfin, on pense) que sa fiche est de « 0-11 » quand il exige une reprise vidéo. Encore une fois, le Canadien a perdu à ce petit jeu, cette fois quand Ducharme a tenté de faire valoir que les Coyotes et Antoine Roussel avaient commis de l’obstruction sur le but de Nick Schmaltz en deuxième période. Le but a été accordé, et le Canadien ne s’en est jamais vraiment remis. « À mes yeux, [Alexander] Romanov le pousse vers le coin, pas vers le but, a expliqué Ducharme. Clairement, ça a empêché [Cayden] Primeau de se déplacer et de faire un arrêt. »

Ils ont dit

Je suis allé au filet et j’ai été poussé un peu et j’ai pu passer la rondelle… L’arbitre m’a dit tout de suite qu’il n’y avait pas eu d’obstruction sur le jeu parce que j’ai été poussé. J’ai senti que ce but leur avait coupé les ailes.

Antoine Roussel

On a accordé des surnombres coûteux. On n’en est jamais revenus. […] Tout le monde veut gagner chaque match. On l’a dit avant le match : tous les matchs sont importants. On a essayé, ça n’a pas marché.

Laurent Dauphin

J’aimerais dire pourquoi ça marche pas, j’ai pas de réponse en ce moment. Je peux juste dire qu’on doit être prêts à commencer les matchs 100 fois plus forts que ça. On savait quelle sorte de match on allait avoir, on savait l’enjeu qu’il allait y avoir pour nous. C’est difficile de commencer comme ça. Et on a laissé aller un but en fin de deuxième.

Jonathan Drouin

En début de match, ils ont saisi leurs occasions. On a quand même pu revenir dans le match vers la deuxième moitié de la période, avec le beau but de [Rem] Pitlick. Ils ont marqué sur un drôle de jeu sur le troisième but. […] Je ne pense pas que nos joueurs jouent à leur plein potentiel, certainement pas [lundi] soir. Je pense que nos gars sont capables de mieux que ça.

Dominique Ducharme