Le Canadien a commencé son congé des Fêtes plus tôt que prévu.

Mis à jour le 19 déc. 2021
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Le Tricolore devait s’envoler ce lundi matin pour Long Island, où il devait affronter les Islanders en soirée. Il était ensuite censé affronter les Rangers de New York, mercredi, et les Devils du New Jersey, jeudi.

Or, la LNH et l’Association des joueurs ont annoncé dans un communiqué commun avoir tiré un trait sur ces trois rencontres, ainsi que sur toutes celles impliquant des équipes canadiennes et américaines du 20 au 23 décembre, en raison des « inquiétudes liées aux voyages transfrontaliers ». On invoque les restrictions fédérales « fluides » sur la circulation des voyageurs entre les deux pays.

Quelques heures plus tard, l’équipe a également annoncé « une pause de ses activités par mesure préventive jusqu’au 26 décembre inclusivement », ce qui signifie que les joueurs ne s’entraîneront pas d’ici là.

Les duels entre équipes américaines pourront toutefois avoir lieu, mais aucune équipe canadienne ne rejouera avant le 27 décembre. Le Canadien, lui, ne renouera avec l’action que le lendemain à Tampa, premier arrêt d’un voyage qui l’amènera aussi en Caroline (30 décembre) et à Sunrise (1er janvier). Si ces matchs demeurent à l’horaire, s’entend.

Hormis ces reports, on réitère la volonté de la ligue et des joueurs de poursuivre la saison comme prévu, et ce, alors que des voix s’élevaient pour une pause complète des 32 équipes.

« Malgré une hausse des cas positifs parmi les joueurs, les entraîneurs et le personnel hockey, un faible nombre de cas a résulté dans des symptômes sévères », lit-on dans la même missive. Les experts médicaux de la ligue et de l’Association ont ainsi déterminé qu’un arrêt des activités des équipes devait se faire « au cas par cas », en fonction de l’envergure des éclosions ainsi que de l’allure des effectifs en santé disponibles pour jouer des matchs.

Par ailleurs, à la lumière des éclosions récentes, qui causent ou causeront le report d’au moins 39 matchs d’ici Noël, la ligue et l’Association des joueurs affirment discuter « activement » de la présence des joueurs de la LNH aux Jeux olympiques de Pékin. Une décision en ce sens devrait tomber « au cours des prochains jours ».

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Le match de jeudi soir entre le Canadien et les Flyers a été disputé à huis clos.

Inquiétudes

L’incertitude monte depuis plusieurs jours aux quatre coins de la ligue en raison de l’explosion des cas de COVID-19. Six équipes du circuit ont d’ailleurs annoncé qu’elles cessaient leurs activités jusqu’au 26 ou au 27 décembre. Les derniers à avoir fermé boutique sont les Red Wings de Detroit, qui l’ont confirmé dimanche en fin d’après-midi.

Partout dans la LNH, la COVID-19 fait des ravages. Plus de 100 joueurs ont désormais adhéré au protocole du circuit qui prévoit le monitorage des infections et des cas en observation.

Le Canadien n’échappe pas à la tendance, même s’il n’est pas aussi touché que certaines autres équipes. De retour en santé après avoir contracté le virus, Brendan Gallagher et Sami Niku ont retrouvé leurs coéquipiers sur la glace, dimanche, après plus de deux semaines d’absence. Arturri Lehkonen et Cédric Paquette, en revanche, n’y étaient pas. Lehkonen a officiellement été ajouté au protocole de la COVID-19 samedi, tout comme Laurent Dauphin, dimanche, lui qui s’est pourtant entraîné en matinée. Quant à Paquette, il a été placé préventivement en isolement en attendant le résultat d’un test. L’équipe n’a pas encore fourni de mise à jour sur son statut.

Même si Brendan Gallagher a martelé que les joueurs veulent disputer les 82 matchs de la saison, il n’a pas caché que la situation suscitait des inquiétudes chez les joueurs et qu’elle est bien présente dans les conversations entre eux. Personne ne voulait se retrouver coincé en quarantaine dans une chambre d’hôtel le soir du réveillon.

On comprend qu’on a un travail à faire, mais on veut s’assurer que tout le monde ait la chance de voir sa famille pendant les Fêtes.

Brendan Gallagher

Cela étant, la proximité entre New York et le Québec aurait permis à un membre de l’équipe atteint de la COVID-19 de rentrer au pays en voiture. Mais Noël serait tout de même passé à la trappe, puisque la personne aurait dû se placer en isolement dès son arrivée.

Gallagher n’a pas « peur » pour autant. « Ça fait deux ans qu’on vit avec ça. Ça ne doit pas affecter notre joie de vivre, a-t-il dit. On veut tous passer du temps en famille. »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Brendan Gallagher

Il aurait souhaité que devant la résistance du variant Omicron aux doubles doses de vaccin, le gouvernement canadien accélère la distribution d’une troisième dose à la population. Car, rappelle-t-il, les vaccins contribuent à réduire les hospitalisations.

Mais l’inquiétude ne se limite pas à celle d’attraper le virus. Car il y a aussi, et surtout, le risque bien réel de le transmettre à ses proches. La contagion a grimpé en flèche avec le variant Omicron.

Plusieurs joueurs ont des enfants. La conjointe de certains d’entre eux est enceinte. Chris Wideman vient tout juste d’avoir un bébé, a énuméré Samuel Montembeault. « Les gars ne veulent pas risquer de ramener [la COVID-19] dans leur famille, a ajouté le gardien. À Noël, ça peut déraper, et plusieurs personnes peuvent l’attraper. »

Prêts à jouer

Chez le Canadien, on se préparait quand même à jouer. Après que l’entraînement prévu samedi eut été annulé par mesure préventive, celui de dimanche a duré plus d’une heure. Il a notamment permis aux joueurs rappelés d’urgence du Rocket de Laval de s’acclimater aux habitudes du grand club.

Samuel Montembeault avait reçu l’assurance qu’il disputerait l’un des trois matchs du voyage. « Si on y va, je suis content », avait-il dit.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Samuel Montembeault

« On a fait ce qu’on avait à faire. Il y a tellement de choses qui sont hors de notre contrôle, il faut être prêt à s’adapter tout le temps », a rappelé Dominique Ducharme.

L’entraîneur-chef a répété que la seule chose que son personnel et lui pouvaient faire, c’était de renforcer l’importance de la prévention.

Même s’il jugeait « préoccupant » de constater « ce qui se passe à travers le monde et dans le sport », il disait garder « confiance » envers la LNH pour assurer la sécurité de tous ses travailleurs.