Les cérémonies d’avant-match au hockey sont parfois jugées un tantinet trop longues. Pas jeudi. Après une saison complète sans spectateurs, chacune des 30 minutes de la cérémonie des Tigres de Victoriaville, à l’occasion de l’ouverture de la 53e campagne de la LHJMQ, était justifiée.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Émotion dans l’air et intensité sur la patinoire ; la soirée n’a pas été banale au Colisée Desjardins pour la levée de la bannière des champions et, du même coup, le début d’une saison un peu plus « normale » – enfin, diront certains.

Les partisans des Tigres n’ont pas pu voir leur équipe gagner la Coupe du Président à domicile, en juin dernier, mais ils se sont assurés d’être présents pour l’honorer jeudi. Environ 2200 d’entre eux étaient présents, dans le respect des mesures sanitaires actuelles, alors que les Cataractes de Shawinigan étaient en visite.

La troupe de Carl Mallette s’est assurée de ne pas décevoir sa foule : elle a fait preuve d’une belle combativité en comblant un déficit de 2-0 en troisième période. Elle a eu le dessus en fusillade, gracieuseté de l’assistant du capitaine Maxime Pellerin, qui a marqué le seul but. L’attaquant a fait signe aux spectateurs de faire plus de bruit, une image qu’on n’avait pas vue depuis longtemps dans les arénas de hockey junior.

Une bonne nouvelle

Avec « beaucoup d’émotion et de fébrilité », le commissaire Gilles Courteau s’est adressé aux médias quelques heures avant le match. D’entrée de jeu, il est revenu sur l’annonce du jour dans le monde sportif, celle du gouvernement du Québec qui venait de lever la limite de spectateurs dans les amphithéâtres à compter du 8 octobre.

Ainsi, 12 des 18 équipes de la LHJMQ joueront bientôt dans des arénas bien bruyants, comme dans le temps. Évidemment, le port du masque et le passeport vaccinal seront obligatoires pour assister aux matchs.

« Les partisans nous ont grandement manqué et nous sommes très heureux de les revoir dans nos gradins », a souligné M. Courteau.

« C’est un élément important de pouvoir permettre aux joueurs de jouer devant des spectateurs, de continuer à présenter un spectacle de qualité comme ils l’ont fait l’an dernier dans une saison extrêmement difficile où ils ont eu à faire preuve de beaucoup de discipline et de résilience, a-t-il ajouté. Je m’attends à ce que les équipes connaissent une très bonne saison et que l’enthousiasme revienne. »

Le commissaire en a également profité pour révéler que la totalité des joueurs, du personnel hockey et administratif ainsi que des familles de pension à travers la Ligue étaient adéquatement vaccinés, hormis un entraîneur adjoint, un « cas d’exception qu’il reste à finaliser ».

Pas de craintes financières

Dans une entrevue avec le journal Acadie Nouvelle, en juillet, le président du Titan d’Acadie-Bathurst, Serge Thériault, avait lancé un cri d’alarme : si les partisans n’étaient pas au rendez-vous cette saison, la franchise devrait être vendue et relocalisée. L’équipe a essuyé un déficit de 1,2 million de dollars au cours des deux dernières saisons.

Jeudi, deux mois après cette sortie, le commissaire ne semblait pas le moins du monde inquiet pour l’avenir de la franchise.

« On a beaucoup travaillé au cours de l’été sur ce dossier-là, et au moment où on se parle, je peux vous dire que j’aime beaucoup l’évolution du dossier, la direction où ça s’en va et je demeure très confiant que cette équipe-là va demeurer en place », a-t-il mentionné.

Malgré une saison écourtée et l’absence de spectateurs dans la dernière année, il a affirmé n’avoir aucune crainte financière, et ce, pour aucune des organisations du circuit.

« En ce moment, on travaille justement à s’assurer que le budget de dépenses, autant de la ligue que des équipes, est en relation avec ce qu’on vit en ce moment. »

Il y a deux ans, Gilles Courteau avait indiqué à La Presse avoir un intérêt pour une équipe sur la Rive-Sud de Montréal. À l’époque, il avait qualifié le projet d’« embryonnaire ». L’exigence ? La construction d’un amphithéâtre de 5000 places. Une expansion n’étant pas envisageable, il devrait s’agir d’une relocalisation.

En 2021, l’idée est toujours là.

« Une équipe sur la Rive-Sud de Montréal est toujours un objectif que nous avons comme ligue, a-t-il soutenu. Il y a beaucoup de gens qui sont venus me rencontrer pour me déposer des projets, avec plein de bonnes intentions. Mais je pense que la réalité va se faire après la première pelletée de terre. Au moment où on se parle, il n’y en a pas, mais on ne perd pas espoir parce que c’est un marché qui serait très intéressant à développer. »

« Mais notre priorité, c’est nos 18 équipes et de s’assurer qu’elles vont être capables d’opérer dans leur marché pour plusieurs années à venir », a-t-il précisé.

Un repêchage virtuel, encore

Gilles Courteau a profité de l’ouverture de la saison pour annoncer que le prochain repêchage de la LHJMQ se tiendra les 17 et 18 juin 2022. Pour une troisième année consécutive, il sera présenté virtuellement. Une décision surprenante, alors qu’on ignore où en sera la pandémie de COVID-19 dans huit mois et que le repêchage de la Ligue nationale de hockey, lui, doit avoir lieu en présentiel à Montréal.

« Le facteur financier est un élément important pour nous, a-t-il noté. Toutes nos rencontres, on les tient virtuellement. Il n’y a pas de rencontres physiques, justement sur le plan de l’économie… Il faut qu’on puisse être un peu plus vigilants dans l’opération, les dépenses de nos équipes. »

Rappelons également que la Ligue canadienne de hockey a annoncé il y a une dizaine de jours à peine que le prochain tournoi de la Coupe Memorial, le plus gros évènement annuel de hockey junior au pays, se tiendrait à Saint John, au Nouveau-Brunswick, en 2022.

« Ça va être une très belle opportunité pour Saint John, la population de Saint John, qui a été durement éprouvée dans les dernières années au niveau économique », a mentionné M. Courteau à ce sujet.

« Quand tu es le club hôte, c’est l’équipe qui absorbe les revenus et dépenses alors on va souhaiter que ce soit un évènement à la hauteur des standards qu’on a mis en place depuis plusieurs années et que le retour après une absence de deux ans va se faire de façon grandiose et que les Sea Dogs vont bénéficier de cet impact-là, tout comme l’ensemble des équipes de la LHJMQ et de la LCH », a-t-il ajouté.

La dernière Coupe Memorial a eu lieu en 2019, à Halifax. C’est une équipe de la LHJMQ, les Huskies de Rouyn-Noranda, qui avaient été couronnés champions.