Tout le monde serait sombre et silencieux après avoir perdu une finale de la Coupe Stanley. Shea Weber l’a été. Sur la glace, en enlaçant ses coéquipiers. En conférence de presse, les yeux dans le vide, casquette vissée sur la tête. Que savait-il de la gravité de ses blessures ?

La Presse

Selon plusieurs médias, dont TVA Sports, TSN et Sportsnet, les blessures nombreuses pourraient forcer le capitaine du Canadien à rater l’entièreté de la prochaine saison. Peut-être même plus, avancent certains.

C’est ce qu’auraient révélé les dernières évaluations médicales du défenseur chevronné. Il faut dire que les dernières années n’ont pas été de tout repos pour Weber, un guerrier sur la glace, qui n’est pas exactement du genre à se ménager.

Depuis 2017, il a été opéré à un pied et à un genou, en plus de subir une blessure à une cheville. Une fracture à un pouce à la fin de la dernière saison s’est ajoutée à cette liste déjà (trop ?) longue. Le numéro 6 avait d’ailleurs manqué les huit derniers matchs des siens avant le début des séries éliminatoires. Il avait fait un retour inspiré, et inspirant, en séries, jouant plus de 25 minutes par soir, jusqu’à atteindre la grande finale.

Contactée par La Presse mercredi soir, l’organisation du Canadien a réitéré que Weber subissait des examens médicaux, mais a refusé de commenter la situation.

Par conséquent, tout indique que le Tricolore ne protégera pas son capitaine au repêchage d’expansion pour le nouveau club de Seattle, qui aura lieu le 21 juillet, toujours selon plusieurs médias. Une décision logique sur le plan contractuel, car le Kraken n’aurait aucune raison de choisir un joueur à l’écart de l’action pour une si longue période.

Chaque équipe doit protéger sept attaquants, trois défenseurs et un gardien, ou encore huit patineurs et un gardien. Le Kraken pourra piger une fois parmi toutes les équipes de la LNH, à l’exception des Golden Knights de Vegas, afin de bâtir une formation complète.

Quelle est la suite ?

Weber est le leader du Canadien depuis son arrivée en 2016, dans la transaction que vous connaissez et qui marquera le règne du directeur général Marc Bergevin.

Le géant de 6 pi 4 po et 230 lb a été l’un des piliers à la ligne bleue de l’équipe durant toutes ces saisons, et tout au long du parcours éliminatoire qui s’est terminé face au Lightning de Tampa Bay. À la lumière des dernières informations, on comprend que c’était peut-être sa dernière chance de mettre la main sur le gros trophée, après plus de 1000 matchs dans la LNH et deux titres olympiques.

« Plusieurs d’entre nous sont à court de mots. C’est dur, avait-il laissé entendre. On joue pour cette raison, on arrive très proche, et nous n’avons pas pu finir notre travail. »

À 36 ans, rater une saison entière pourrait aussi vouloir dire que la fin de sa carrière a sonné. Il reste au contrat de Weber cinq saisons, au salaire annuel d’un peu plus de 7,8 millions.

Pour Bergevin aussi, cette longue absence pourrait demander beaucoup de travail.

En premier lieu parce que des défenseurs numéro un capables d’engranger autant de minutes ne poussent pas dans les arbres. Il lui faudra regarder rapidement du côté du marché des transactions, ou encore espérer qu’un joueur autonome de premier plan se laisse charmer le 28 juillet prochain. Le nom de Dougie Hamilton, un gros défenseur droitier et offensif, sera certainement celui qui reviendra le plus souvent.

Cette blessure, si elle devait s’avérer, forcera par ailleurs l’entraîneur-chef Dominique Ducharme à jongler avec ses duos. Jeff Petry deviendrait alors de facto le premier défenseur, accompagné maintenant de Ben Chiarot et de Joel Edmundson dans le top 3.

Cela dit, ce n’est pas la première fois que l’on croit Weber étendu au sol pour le compte. L’ancien journaliste du réseau Sportsnet Nick Kypreos avait affirmé en février 2020 que sa carrière était en péril. Le grand défenseur, habitué à la douleur, était revenu au jeu quelques jours plus tard.

Avec la collaboration de Katherine Harvey-Pinard, La Presse