(Las Vegas) À l’extérieur de l’aréna, une scène qui n’était pas là la veille est apparue sur la plaza devant le T-Mobile Arena. Des camions de restauration s’y sont stationnés.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Sur la patinoire, les joueurs criaient à chaque but marqué. Dans les gradins, des préposés s’affairaient à déposer des serviettes blanches sur chacun des quelque 18 000 sièges.

Après une semaine d’entrevue, d’entraînements, après un long vol vers le Nevada, cette improbable demi-finale Canadien-Golden Knights se met finalement en branle lundi soir.

« On a fait ce qu’on avait à faire, on a eu le repos nécessaire. Je sens que les gars ont hâte de commencer. On est dans le bon état d’esprit. On sait à quoi s’attendre. C’est le temps de jouer », a lancé Dominique Ducharme, l’entraîneur-chef du Canadien, après l’entraînement matinal de lundi.

Le sujet de l’attente en est un qui est populaire par les temps qui courent. On vient de parler de l’attente du CH depuis sa victoire expéditive contre les Jets au deuxième tour. À une autre échelle, il était abondamment question de l’attente de 16 ans de Shea Weber, qui disputera enfin la première demi-finale de sa carrière dans la Ligue nationale.

Mais s’il y en a un qui en sait quelque chose sur l’attente, c’est bien Cole Caufield. On connaît son histoire ce printemps. Éliminé plus tôt qu’anticipé au championnat de fin de saison de la NCAA, il s’est ensuite joint au Rocket de Laval, pas avant d’avoir effectué sa quarantaine allégée de sept jours. Le petit ailier droit a ensuite été rappelé par le Tricolore, mais a dû attendre près de deux semaines avant de disputer son premier match.

Le voici, à peine deux mois après avoir signé son premier contrat, dans le carré d’as de la LNH. « Ces moments-là n’arrivent pas souvent », observait Caufield, en visioconférence.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Cole Caufield

Dans la joie

Si Caufield réalise qu’il vit un moment particulier, il n’a toutefois pas l’air d’un gars bien nerveux. Une fois les exercices principaux terminés, il s’est installé avec une demi-douzaine de coéquipiers et s’est mis à tirer des rondelles à la pelletée dans le filet désert. Après un tir sur réception hors cible, un de ses coéquipiers lui a lancé un « Mais c’était quoi, ça ? ». Caufield s’est repris dès l’occasion suivante, se méritant un petit contact amical de Shea Weber.

« Je ne le connaissais pas beaucoup, mais on voit son arrogance [swagger]. Peu de jeunes ont ça. Sa confiance est au plafond ! », a noté l’attaquant Josh Anderson.

« Ça vient avec ta personnalité, estime Caufield. Je ne dirais pas que c’est de l’arrogance, mais plutôt de la confiance. Il faut toujours rester positif. C’est facile de se décourager rapidement dans cette ligue. Il faut juste y aller une étape à la fois. »

Caufield s’en tire plutôt bien jusqu’ici dans les séries. Il compte quatre passes, dont deux sur les buts en prolongation de Nick Suzuki et de Tyler Toffoli.

« Il est vraiment impressionnant. Les petits joueurs sont souvent difficiles à frapper, et il est très agile, a ajouté Anderson. Il joue depuis assez longtemps, il sait comment se sortir du pétrin. Il n’a pas peur d’aller dans les coins. On l’a vu contre Winnipeg, il n’a pas peur d’encaisser une mise en échec pour faire un jeu. »

Ça adonne bien, parce que les Golden Knights aiment ça, donner des mises en échec. Vous trouvez le Canadien robuste ? Depuis le début des séries, les Knights distribuent en moyenne 39 mises en échec par tranche de 60 minutes, soit 5 de plus que les joueurs du Tricolore. Il faudra voir à quoi ressembleront les confrontations, mais Caufield devra s’attendre à être visé si les robustes William Carrier, Ryan Reaves et Keegan Colesar-membres du quatrième trio-sont sur la patinoire en même temps que lui.

Étonnamment, Caufield connaît du succès même s’il n’a toujours pas marqué depuis le début des séries. Ses talents de marqueur ont toujours été sa qualité principale, et il l’a démontré à son arrivée dans les rangs professionnels : trois buts en deux matchs avec Laval, quatre en dix rencontres avec le CH.

Aucun de ses 22 tirs n’a touché la cible depuis le début des séries, mais Ducharme ne semble aucunement inquiet. « Il doit continuer à faire la même chose. Il obtient de bonnes chances. Ces joueurs-là en marquent un et ils peuvent partir sur une séquence de 5-6-7 matchs. On l’a vu avec Tyler [Toffoli]. Il n’a pas marqué au début contre Toronto, mais ensuite, il est parti sur une séquence. »

Petry avec ses coéquipiers

Par ailleurs, les trois blessés du Canadien ont participé à l’entraînement matinal. Jake Evans, Jeff Petry et Jon Merrill portaient cependant des chandails bleus, suggérant qu’ils ne peuvent pas encore encaisser de contacts. Aucun des trois ne devrait jouer lundi, puisqu’ils ont fait des exercices supplémentaires avec les réservistes.

Ducharme continue à se montrer optimiste pour un retour de Petry, parlant d’un retour « prochainement ». Cela dit, le défenseur s’est encore très peu servi de sa main droite, et n’a pris aucun tir réellement puissant.

Si on se fie aux trios observés, aucun changement ne devrait être apporté par rapport au dernier match.

La formation du Canadien à l’entraînement

Lehkonen-Danault-Gallagher
Toffoli-Suzuki-Caufield
Byron-Kotkaniemi-Anderson
Armia-Staal-Perry

Chiarot-Weber
Kulak-Edmundson
Romanov-Gustafsson

Price

La formation attendue des Golden Knights

Pacioretty-Stephenson-Stone
Marchessault-Karlsson-Smith
Tuch-Roy-Janmark
Carrier-Kolesar-Reaves

Martinez-Pietrangelo
McNabb-Theodore
Holden-Whitecloud

Fleury