Il restait neuf minutes à jouer au match. Le Canadien menait 2-0. La pire avance au hockey ? Rien pourtant pour inquiéter les fidèles.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Les « olé olé », « Carey, Carey » et « Na na na na, goodbye » se sont mis à se faire entendre à l’extérieur du Centre Bell, devant la terrasse de La Cage. La folie a éclaté quand Tyler Toffoli a inscrit le troisième but du Canadien, avec quelques minutes à jouer au match.

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« On est trop contents !, a lancé Denley St-Julien quelques secondes après la fin du match. Ça va péter ! Ils ont super bien joué. La défense et Price étaient incroyables. Beaucoup de crédit aux jeunes. »

« Quel comeback ! s’est exclamé un autre partisan, jubilant. C’est incroyable ! C’est typique de Toronto, ça. Je vais être là à tous les matchs, je vais acheter mes billets tout de suite ! »

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« Je ne peux pas m’exprimer, je suis trop excité », a ajouté un autre, tout juste sorti de la foule qui sautait tout autour.

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« Je me sens tellement bien pour la ville. C’est tellement d’énergie pour tout le monde, avec toute cette histoire de COVID », a balancé un autre partisan.

« C’est bien ! C’est parfait ! », s’exclamait pour sa part Nathan Claret, étudiant à l’Université McGill d’origine française, dont c’était seulement le deuxième match à vie.

« Je suis un fan fini du Canadien, c’est dans mon sang. Je me sens tellement bien, c’était incroyable. » Pour preuve, ce passionné arborait un tatouage du logo du CH sur son avant-bras gauche.

Lentement, mais sûrement

Ce n’est que dans les minutes qui ont précédé la première mise en jeu que les chandails rouges ont commencé à apparaître tout autour de la terrasse de La Cage. Lentement, le petit groupe initial s’est transformé en petite foule. Plus d’une centaine de paires d’yeux étaient fixées sur l’écran géant à l’intérieur du restaurant.

Des chandails de Gionta, Caufield, Laraque, Weber, Lafleur, Souray, Price et Domi apparaissaient un peu partout dans la foule. Stéphane Mailloux, présent avec son colocataire Yannick Lecours pour le deuxième match d’affilée, affichait quant à lui fièrement son chandail de Tom Brady, des Buccaneers de Tampa Bay. Explications, s’il vous plaît ? « C’est le GOAT [Greatest of all time]. Les Canadiens aussi sont des GOAT. »

Certains partisans étaient installés sur la terrasse. D’autres étaient debout, tout autour. La plupart portaient un masque. Pas toujours de la bonne manière, mais au moins, il était là.

« On est venus voir le Canadien battre les Maple Leafs », lançait avant le match un groupe de sept jeunes amis, tous munis de leur masque. « On est fébriles. Je pense que, grâce à Carey, on va y arriver », affirmait quant à lui Martin Gagnon, détenteur d’abonnements de saison venu voir le match avec son fils Émile. Au sifflet final, tous deux avaient eu raison.

Les partisans ont été plutôt tranquilles tout au long du match. Les « Go Habs Go » se sont faits rares jusqu’en deuxième période, quand Brendan Gallagher a marqué son premier de la série pour donner les devants 1-0 au Canadien.

Les cris se sont fait entendre de nouveau une minute plus tard, lorsque Carey Price s’est imposé devant Zach Hyman. La foule s’est même permis quelques applaudissements quand Auston Matthews a frappé un poteau avec huit minutes à jouer en deuxième période. Quelques minutes plus tard, Corey Perry trouvait le fond du filet et ajoutait à l’avance de Montréal.

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Il commençait à faire froid dehors entre la deuxième et la troisième période, mais les partisans étaient toujours là. Et de plus en plus nombreux.

« L’ambiance est tendue, oh, là là ! », a lancé Victor Duranceau.

« C’est plus stressant que le confinement ! », a ajouté Denley St-Julien.

La tension a grimpé à mesure que les minutes passaient, jusqu’à l’explosion quand Tyler Toffoli a validé le billet du Canadien pour Winnipeg.

Chez les politiciens

Sur les réseaux sociaux, c’était évidemment le délire chez les partisans du Canadien. Du groupe, deux se sont particulièrement démarqués, de par leurs fonctions respectives : le premier ministre du Canada et le premier ministre du Québec.

Justin Trudeau a d’abord fait preuve d’audace auprès de ses électeurs torontois en affichant clairement ses couleurs dès le début du match.

Puis, au sifflet final, ses ambitions sportives étaient sans équivoque.

Pour sa part, François Legault, amateur de hockey bien connu, a réagi plusieurs fois durant le match, jusqu’à cette missive finale pour narguer, tout doucement évidemment, son homologue ontarien Doug Ford.