Les Flames de Calgary et le Canadien de Montréal viennent de prendre des décisions semblables et différentes à la fois.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Ces deux organisations canadiennes ont congédié leur entraîneur. Claude Julien la semaine dernière, Geoff Ward jeudi soir.

Le Canadien a embauché un entraîneur de la nouvelle garde, Dominique Ducharme, pour remplacer Julien. À Calgary, un coach de la vieille école, Darryl Sutter, entend relancer les Flames.

Montréal et Calgary avaient de grandes attentes en début de saison. Marc Bergevin a ajouté Jake Allen, Joel Edmundson, Tyler Toffoli et Josh Anderson à sa formation.

Le DG des Flames, Brad Treliving, croyait avoir réglé une grande lacune en embauchant le meilleur gardien disponible sur le marché des joueurs autonomes, Jakob Markstrom. On espérait avoir comblé la perte de T.J. Brodie avec l’acquisition du défenseur à caractère défensif Chris Tanev.

Or, Toronto et Winnipeg dominent la division canadienne. Les Oilers, le Canadien et les Flames se battent pour l’instant pour les deux dernières places donnant accès aux séries.

Les Oilers sont troisièmes avec 28 points (fiche de 14-11). Le Canadien suit, deux points derrière (fiche de 10-6-6), mais avec trois matchs de plus à disputer.

Calgary est cinquième (fiche de 11-11-2), deux points derrière le CH, mais avec deux matchs de moins à disputer. Vancouver se rapproche tranquillement, mais a joué cinq matchs de plus que Montréal.

Darryl Sutter, 62 ans, rappelle de bons souvenirs aux fans des Flames. Il a dirigé l’équipe de 2002 à 2005 et a même mené les Flames en finale de la Coupe Stanley en 2004. C’était la belle époque des Jarome Iginla et Miikka Kiprusoff. Il a quitté son poste d’entraineur en 2006, mais est demeuré DG jusqu’en 2011.

Il a rendu sa patrie albertaine fière en remportant deux Coupes Stanley par la suite avec les Kings de Los Angeles.

Sutter ne fait pas dans la dentelle. Il est intransigeant. Ses équipes sont costaudes et résolument défensives. Il est davantage craint par ses joueurs que fin psychologue.

La fin de la récréation a sonné à Calgary. Depuis son congédiement par les Kings en 2017, Sutter est retourné sur le ranch familial en Alberta. Peut-être a-t-il pris le temps d’étudier la génération Y. Peut-être pas.

À ses trois dernières saisons à Los Angeles, Sutter a raté les séries éliminatoires deux fois et a perdu en première ronde à une autre reprise.

Mais Brad Treliving avait besoin d’un électrochoc. Il est peut-être le prochain à sauter. Depuis le congédiement de Bob Hartley en 2016, quatre entraîneurs se sont succédé : Glen Gulutzan, Bill Peters, Geoff Ward et maintenant Sutter, doté d'un contrat de trois ans.

Hartley est le seul entraîneur depuis la finale en 2004 à avoir mené les Flames en deuxième ronde. Les Flames sont plus compétitifs depuis quelques saisons, mais le bilan demeure mince. Ils ont perdu en première ronde trois fois depuis 2017 et raté les séries une autre fois. Ils ont gagné une seule ronde en 17 ans et raté les séries sept fois.

Certains ont des doutes aujourd'hui, comme Matt Larkin, du magazine Hockey News. Il rappelle que Sutter rejoint l'un des clubs les moins costauds de la LNH, alors qu'il affectionne plutôt les équipes musclées et robustes. Il pourrait y avoir un choc de cultures.

Treliving doit prendre une partie du blâme. Il a pris quelques raccourcis depuis son embauche en 2014. L’acquisition de Travis Hamonic en 2017 a fait mal. Calgary a cédé des choix de première et deuxième ronde en 2018 et un choix de deuxième ronde en 2019 pour l’obtenir. Hamonic s’est vite retrouvé sur la troisième paire à Calgary, avant de quitter l’organisation l’automne dernier. Les Islanders ont repêché trois espoirs, parmi lesquels Noah Dobson, promis à un brillant avenir. Samuel Bolduc et Ruslan Iskhakov, repêchés en deuxième ronde, demeure des espoirs intéressants.

L’acquisition de Dougie Hamilton en 2015 n’a pas donné les résultats escomptés non plus. Elle a coûté un choix de première ronde et deux choix de deuxième ronde en 2015.

Il s’agissait d’un repêchage riche où Mathew Barzal, Thomas Chabot, Brock Boeser et Kyle Connor, entre autres, étaient encore disponibles au 15e rang.

Au moins, Treliving a pu récupérer Elias Lindholm et Noah Hanifin en incorporant Hamilton dans une offre avec Micheal Ferland et Adam Fox quelques années plus tard.

Ces acquisitions, doublées des embauches coûteuses de James Neal et Troy Brouwer, ont permis aux fans des Flames d’espérer à chaque début de saison des printemps glorieux, mais ils ont été déçus à chaque fois.

Darryl Sutter constitue sans doute la dernière carte dans le jeu de Treliving.