L’idée des centres qui jouent à l’aile est un sujet plutôt délicat à Montréal. Les sagas Alex Galchenyuk, Max Domi et Jonathan Drouin ont laissé des traces.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

À Winnipeg, Pierre-Luc Dubois, un centre naturel, joue à l’aile depuis deux matchs. Mais pour l’heure, le sujet est tout sauf lourd. Prenez ce qu’a répondu Dubois quand il a été invité, mercredi, à raconter comment Paul Maurice lui avait appris sa nouvelle affectation.

« Un matin, je suis arrivé à l’aréna, Paul m’a dit : “Tu vas jouer avec Scheif et Wheels.” Ce sont deux joueurs incroyables. Il n’a pas eu à me tordre le bras ! »

Scheif, c’est Mark Scheifele, un joueur régulier comme un adepte des céréales All Bran. Après quatre saisons de suite à un point par match en moyenne, il compte 28 points en 19 sorties cette saison. Wheels, c’est Blake Wheeler, un des très bons fabricants de jeux du circuit.

Résultat : en deux matchs dans son nouveau rôle d’ailier gauche, Dubois totalise… cinq points ! Assez réussi comme départ à sa nouvelle position.

« Je peux être meilleur. Mon exécution n’est pas encore à 100 %. J’essaie de bien me positionner », a décrit Dubois, après la victoire de jeudi.

Un peu de stabilité ne lui nuira pas non plus. Sa sortie de Columbus a été mouvementée ; il s’est ensuite plié à une quarantaine de 14 jours à Winnipeg, au terme de laquelle il a retrouvé ses nouveaux coéquipiers. Mais une blessure au haut du corps lui a fait rater quatre matchs.

Après l’entraînement de vendredi, Dubois a eu droit aux éloges de son nouvel entraîneur.

Il a de très bons instincts défensifs. Je ne dis pas que c’est un candidat au trophée Selke. Mais il est au bon endroit, son bâton est bien placé et, en faisant de la vidéo, on voit qu’il a un réel intérêt pour cet aspect du jeu. Physiquement, il est très gros, et il a de très bonnes mains. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’il est ici pour jouer au hockey, pour devenir un joueur complet.

Paul Maurice, entraîneur-chef des Jets de Winnipeg

Souvenirs des Maritimes

Après la rencontre de jeudi, Dubois a esquissé un large sourire lorsqu’il a été interrogé sur Nikolaj Ehlers. À 172 lb, le Danois n’est pas exactement réputé pour sa robustesse. Mais ça ne l’a pas empêché de livrer un courageux combat contre Corey Perry.

« Je me souviens qu’il avait tout de même du caractère, mais je ne savais pas qu’il avait ça en lui ! », a lancé Dubois.

Le Québécois connaît bien Ehlers pour avoir été son rival de division dans la LHJMQ pendant un an. En 2014-2015, Dubois était une recrue de 16 ans avec les Screaming Eagles du Cap-Breton, tandis qu’Ehlers, alors âgé de 18 ans, était le joueur le plus dominant des Mooseheads d’Halifax.

« Tu voyais qu’il était spécial, se souvient Ehlers. Il est pas mal plus gros maintenant, mais il n’était pas petit non plus à l’époque. Il avait du talent, lisait déjà très bien le jeu. Je ne suis pas surpris de voir ce qu’il fait maintenant. »

Les Jets ont repêché Ehlers au neuvième rang en 2014, une décision qu’ils ne doivent certainement pas regretter, si on regarde les joueurs sélectionnés après lui. Deux ans plus tard, les Jets repêchaient Patrik Laine au deuxième rang, tandis que les Blue Jackets de Columbus réclamaient Dubois au rang suivant. C’est ce même Laine qui a permis aux Jets d’obtenir Dubois.

« C’est drôle, tu affrontes un gars dans le junior et six ans plus tard, il est ton coéquipier ! », a observé Ehlers.