Comme tous les entraîneurs qui héritent de nouvelles fonctions en cours de saison, Dominique Ducharme a sa part de problèmes à corriger au sein de son équipe. Voici les principaux.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

1. Price ou Allen ?

Celui-là n’est pas tant un chantier qu’une décision cruciale, dès son premier jour en poste : quel gardien envoyer dans la mêlée ce jeudi à Winnipeg ? Le Tricolore vient d’obtenir une semaine complète sans match ; on n’avancera pas que Carey Price a besoin de repos ! Cette semaine lui a aussi donné du temps pour peaufiner sa technique en compagnie de Stéphane Waite. Cela dit, Jake Allen lui est largement supérieur depuis le début de la saison. Le dilemme est donc le suivant : Ducharme doit-il y aller avec Allen, qui a donné les meilleures chances de succès au CH jusqu’ici, ou avec Price ? Ce dernier demeure un des meneurs de cette équipe, et ça enverrait un drôle de message que de l’asseoir au banc pour un match aussi symbolique.

2. Réparer Price

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Carey Price

Peu importe la décision de jeudi, la relance de Price apparaît tout en haut de la liste des priorités de Ducharme. Avec une efficacité de ,893, le Britanno-Colombien vient en effet au 22e rang parmi les 30 gardiens de la LNH qui ont disputé au moins 10 matchs cette saison. Sa moyenne de 2,95 le place au 18e rang. Une seule fois depuis qu’il est officiellement gardien numéro 1 (après le départ de Jaroslav Halak en 2010) Price a présenté de pires statistiques après 11 matchs ; c’était lors de l’horrible campagne 2017-2018. Cette fois, cependant, ses statistiques sont plus préoccupantes, car Allen, qui joue derrière la même équipe que lui, connaît beaucoup de succès (moyenne de 2,14, efficacité de ,932).

3. Le désavantage numérique

Le désavantage numérique, malgré une production de sept buts, vient au 22e rang du circuit (76,4 %) depuis le début de la saison. Dans les huit derniers matchs, Montréal a cédé 8 fois en 28 occasions (71,4 %). Une partie du problème pourrait se régler si le chantier précédent était arrangé. En effet, selon Natural Stat Trick, Allen montre un taux d’efficacité de ,900 quand son équipe est à court d’un homme, contre ,818 pour Price. Il n’y a toutefois pas que ça. Le Tricolore a généralement sept ou huit attaquants dans sa formation qui sont capables de jouer en infériorité numérique. Parmi eux, Joel Armia, Tyler Toffoli et Nick Suzuki sont ceux qui accordent le moins de buts. Jadis le duo de confiance, Phillip Danault et Artturi Lehkonen ont perdu de leur fiabilité. L’adversaire inscrit 10,59 buts par tranche de 60 minutes quand ils sont sur la patinoire ; ce taux était de 7,92 l’an passé, et de 6,58 en 2018-2019.

4. L’avantage numérique

Restons dans les unités spéciales. L’avantage numérique sera intéressant, car c’était une compétence partagée entre Ducharme et Kirk Muller, emporté dans le ménage mercredi. Alex Burrows, qui en héritera, devra relancer une unité qui vient au 20e rang de la LNH (18,2 %) et qui a inscrit un seul but dans les huit derniers matchs (1 en 17, 5,9 %). Dans l’immédiat, il faudra notamment déterminer comment déployer Shea Weber et Jeff Petry, tantôt au sein de la même vague, tantôt séparés. Les problèmes ne datent toutefois pas d’hier. Depuis le retour (en 2016) de Kirk Muller, réputé comme un spécialiste de l’avantage numérique, le Canadien se classe au 24e rang dans la LNH, avec un taux de succès de 18 %.

5. La discipline

« On a besoin de résultat ASAP. » S’il y a un aspect sur lequel Bergevin a été incisif dans son point de presse, c’est sur la discipline, exigeant des changements le plus vite possible (ASAP, « as soon as possible »). Cette saison, le Canadien passe en moyenne 6 min 18 s par match en infériorité numérique. Seulement six équipes dans la LNH passent plus de temps dans cette situation. Il y a aussi le type de pénalités, notamment les six pour avoir dégagé la rondelle dans les gradins. Avec ses 10 pénalités mineures, Ben Chiarot est le joueur le plus souvent coupable.

6. Le troisième duo

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Alexander Romanov

Comme bien d’autres aspects, le troisième duo de défenseurs n’était pas si problématique quand l’équipe allait bien. Dans les huit premiers matchs, Alexander Romanov et Brett Kulak formaient ce duo, et Romanov obtenait même 20 minutes de jeu certains soirs. La stabilité était telle que le septième défenseur, Victor Mete, a demandé une transaction parce qu’il était las d’attendre son tour ! Romanov a toutefois montré quelques signes de ralentissement quand Claude Julien a instauré une rotation. Depuis, les trois défenseurs de soutien offrent beaucoup moins de constance. Tout ça au moment où le duo de Chiarot et Weber montre lui aussi des signes de ralentissement.

7. La prolongation

Mine de rien, ce sont déjà quatre points que le CH a laissés sur la table jusqu’ici par son incapacité à marquer en prolongation. Deux fois, l’adversaire a marqué en quatrième période. Deux autres fois, ça s’est rendu en tirs de barrage, et ça s’est soldé par une défaite pour Montréal. Le Canadien a maintenant joué près de 17 minutes à trois contre trois. Selon Natural Stat Trick, l’équipe n’a obtenu que trois chances de marquer de grande qualité, et en a accordé sept. Le plus grand signe d’un problème : dimanche, quand le dangereux Brady Tkachuk a été laissé libre comme un motocycliste au New Hampshire autour du filet de Jake Allen.