Le gardien du Canadien de Montréal Carey Price avait affirmé en souriant lors du camp que les joueurs adverses n’auraient pas beaucoup de plaisir à s’installer devant son filet cette saison.

Publié le 29 janv. 2021
Alexis Bélanger-Champagne La Presse Canadienne

On en a eu la confirmation jeudi soir, quand Ben Chiarot s’en est donné à coeur joie avec l’attaquant des Flames de Calgary Matthew Tkachuk, le projetant sur la glace sur une distance de quelques mètres avec un double-échec bien senti tôt dans la rencontre. Les deux ont éventuellement jeté les gants en troisième période, après une autre bousculade autour du filet de Price.

« Nous savons que l’une de nos responsabilités est de nous assurer que Carey ou Jake (Allen) puisse travailler à son aise, sans être bousculé, a mentionné Chiarot en visioconférence vendredi. En tant que joueur physique, vous voulez vous assurer que l’adversaire n’a pas de plaisir à s’installer devant le filet. »

Tkachuk n’a pas eu l’air de s’amuser jeudi, et ça risque d’être aussi désagréable samedi, quand les Flames (2-3-1) affronteront encore une fois le Canadien (5-0-2) au Centre Bell.

« Ils travaillent fort ! C’est toujours une bonne bataille contre eux », a dit Chiarot lorsque questionné sur le fait qu’il allait affronter Tkachuk ou son frère Brady, des Sénateurs d’Ottawa, encore 18 fois cette saison.

« Shea et moi, nous n’avons pas peur du jeu physique. Oui, il aime provoquer l’adversaire, mais ce n’est pas quelque chose qui va nous affecter », a-t-il ajouté en parlant de Matthew Tkachuk.

L’arrivée de Joel Edmundson, un autre colosse, et d’Alexander Romanov, qui n’a pas froid aux yeux, ont aussi aidé le Tricolore à protéger le devant du filet jusqu’ici cette saison.

L’accent à l’entraînement cette semaine a surtout été mis sur les chances accordées dans le haut de l’enclave. Les Flames ont obtenu quelques occasions à partir de cet endroit, jeudi, particulièrement en début de rencontre.

Moins de pression sur la défense

À l’autre bout de la patinoire, l’offensive du Tricolore continue de fonctionner à plein régime. Après sept matchs, elle compte 33 buts à son dossier, dont sept inscrits par les défenseurs de l’équipe (21,2 %). Brett Kulak est le seul défenseur du Canadien ayant pris part à un match cette saison sans avoir encore touché la cible.

Même si l’échantillon est encore relativement mince, la défense du Canadien produit à un rythme similaire à celui de l’an dernier, quand elle a généré 42 des 208 buts (20,2 %) de l’équipe.

« Ils sont tous gros et robustes, mais ils peuvent faire de bons jeux, a souligné l’attaquant Jake Evans en parlant de la brigade de l’équipe. C’est bien de les voir tuer le jeu rapidement en zone défensive et relancer l’attaque. »

Malgré la production de la brigade, Chiarot a souligné qu’elle ressentait peut-être moins de pression de contribuer offensivement puisque l’attaque continue de marquer tôt et souvent.

Selon le site morehockeystats.com, le Canadien domine la LNH en ayant mené en moyenne pendant 39:10 lors de ses sept premiers matchs cette saison. Il a tiré de l’arrière pendant seulement 3:39, en moyenne.

« Nous ne ressentons pas la pression d’appuyer l’attaque ou de forcer des jeux, a indiqué Chiarot. L’offensive vient des attaquants et de leur jeu en zone offensive. Pour notre part, nous pouvons jouer de manière un peu plus conservatrice puisque nous sommes en avance au pointage. Nous nous concentrons sur notre travail en défense. »

De son côté, l’entraîneur-chef Claude Julien a noté que les défenseurs étaient toujours encouragés à appuyer l’attaque, mais qu’ils le faisaient peut-être en deuxième vague plutôt qu’en menant le jeu.

Le jeu d’échecs sur les unités spéciales

Le Canadien retrouvera les Flames pour une deuxième fois en trois jours samedi. Il s’agit de la troisième série de rencontres du Tricolore cette saison, après deux matchs consécutifs à Edmonton et trois d’affilée à Vancouver.

Julien avait noté au cours du camp que cette situation particulière en vertu du calendrier condensé cette saison allait forcer les équipes à faire des ajustements d’un match à l’autre.

« Les ajustements sont surtout sur les unités spéciales, a indiqué Chiarot. À cinq contre cinq, c’est du hockey. C’est une question de voir quelle équipe va travailler le plus fort. Tous les systèmes de jeu sont semblables. »

Le Canadien s’en est bien sorti sur les unités spéciales jeudi, dans sa victoire de 4-2 face aux Flames. Il a été 2-en-3 en avantage numérique et a ajouté un but en infériorité numérique. Pour leur part, les Flames ont inscrit un but en supériorité en fin de rencontre, lors de leur quatrième occasion.

« D’un point de vue tactique, vous pouvez vous préparer, mais il y a des choses que vous allez constater lors du premier match et que vous allez ensuite vouloir exploiter, a mentionné Evans. Je pense que c’est un peu plus difficile quand vous gagnez le premier match. Ce sera difficile samedi. »