À un certain moment, Jarmo Kekäläinen aura à trancher : son entraîneur-chef John Tortorella, pour lequel il éprouve un bel attachement, ou l’avenir de son organisation.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Les rumeurs d’échange se multiplient au fil des jours à propos de son premier centre Pierre-Luc Dubois. Mais à force d’avoir le nez collé sur l’arbre, on ne voit plus la forêt.

Dubois n’est pas la seule vedette des Jackets à vouloir fuir Columbus depuis quelques années.

Sergei Bobrovsky et Artemi Panarin ont laissé planer le doute sur leurs intentions à l’aube de la saison 2018. Un an plus tard, ils profitaient tous les deux de leur autonomie complète pour quitter l’Ohio.

Matt Duchene, acquis à la date limite des transactions en 2019, n’a pas su se faire convaincre de rester non plus.

Puis, en octobre 2020, Kekäläinen a sacrifié Josh Anderson parce que celui-ci refusait de signer une prolongation de contrat avec l’équipe.

On peut comprendre Dubois de vouloir quitter à tout prix Columbus. Non seulement votre entraîneur traite ses joueurs avec une extraordinaire condescendance et un mépris rare, mais aussi l’exode de joueurs ne cesse jamais.

Autre fait primordial à considérer pour Kekalainen, et sûrement déjà un facteur dans la réflexion de Dubois : 20 joueurs de l’équipe n’auront plus de contrat d’ici la fin de la saison 2022, dont huit à la fin de la saison actuelle.

Seth Jones, David Savard, Boone Jenner, Nick Foligno, Max Domi, Riley Nash et les deux gardiens, Elvis Merlzlikins et Joonas Korpisalo, auront droit à l’autonomie complète en 2022. Voudront-ils rester ou imiteront-ils les autres ?

Zach Werenski sera joueur autonome avec compensation en 2022, mais aura un outil de négociation supplémentaire car il pourra bénéficier du processus d’arbitrage salarial.

Cette équipe construite par Kekäläinen était pourtant à l’aube de dominer pour plusieurs années, avec Bobrovsky, Jones, Werenski, Savard, Panarin, Dubois, Anderson, Atkinson, Jenner et compagnie.

Tortorella a fait des petits miracles l’an dernier avec cette équipe modeste. Le coach des Blue Jackets possède aussi de grandes qualités. Ses équipes travaillent avec acharnement, un élément cher à Kekäläinen. Mais le côté abrasif de Tortorella fait aussi fuir le talent.

Comme les Blue Jackets ont eu à sacrifier des choix de premier tour en 2017 et en 2019, et des choix de deuxième tour en 2019 et en 2020, renouveler le talent devient plus difficile.

Dubois peut-il espérer gagner à court, moyen et long terme avec cette organisation ? Poser la question, c’est y répondre.

Malgré leur 14e rang au classement général l’an dernier, les Blue Jackets avaient l’une des pires attaques de la Ligue, avec une moyenne de 2,57 buts par match. Seuls Detroit, Los Angeles et Anaheim ont fait pire.

Dubois a été le meilleur compteur avec 49 points. Un seul autre attaquant, Gustav Nyquist, a atteint la marque des 40 points (en comparaison, le Canadien, pourtant pas réputé comme étant offensif, en comptait cinq avec Tatar, Danault, Gallagher, Domi et Suzuki).

Pour y remédier, Tortorella a modifié son système de jeu cette année. L’échantillon est mince, mais les résultats sont décevants. Les Blue Jackets ont perdu leurs deux premiers matchs aux mains des Predators de Nashville et accordé huit buts (dont un dans un filet désert).

Tortorella a déjà menacé publiquement de revenir à l’ancien système ultra-défensif si ses joueurs continuaient à accorder autant de chances de marquer.

Quelques autres défaites et Kekäläinen pourrait avoir le prétexte parfait pour se départir d’un entraîneur qu’il aime, certes, mais qui pourrait lui coûter éventuellement son propre emploi…

À lire

1- Il y a neuf ans, Jake Evans était chargé de surveiller Connor McDavid dans les rangs Midget à Toronto. Ils se sont retrouvés sur la glace samedi et s’affrontent à nouveau lundi soir. McDavid n’a pas oublié « grosse tête ». Guillaume Lefrançois raconte.

2- Claude Julien prône la patience avec les nouveaux joueurs de l’équipe, entre autres Joel Edmundson. Surprenant que le coach ait même à le mentionner, le Canadien a disputé seulement deux matchs et amassé trois points. Edmundson et Jake Evans, entre autres, ont été nettement supérieurs à leur second match.

3- On replonge dans nos souvenirs lundi. Quand nous sommes-nous arrêtés pour savourer un moment en pleine couverture d’évènement ? Dans mon cas, j’étais à Ann Arbor, Michigan… Découvrez nos moments forts !