C’est peut-être Josh Anderson qui a trouvé les mots les plus justes. « C’est comme changer d’école, tu dois te faire de nouveaux amis ! »

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Ils sont plusieurs à ressentir le sentiment qu’Anderson a décrit après l’entraînement du Canadien, mercredi à Brossard.

On a longuement parlé de ces nombreux nouveaux visages que le Tricolore devra intégrer au cours du camp. Si les principaux trios et duos de défenseurs, qui sont demeurés inchangés pour la troisième journée de suite, sont les mêmes mercredi prochain à Toronto, il y aura donc cinq nouveaux venus en uniforme : Anderson, Tyler Toffoli, Joel Edmundson, Alexander Romanov et le gardien auxiliaire Jake Allen.

Le succès de Toffoli

On a tendance à croire qu’une transition est forcément difficile ; elle peut l’être hors glace, aucun doute. C’est un peu ce à quoi faisait référence Anderson quand il comparait sa situation à un changement d’école.

Sur la patinoire, par contre, les exemples de succès abondent, à commencer par Toffoli lui-même. L’attaquant appartenait aux Kings de Los Angeles depuis 10 ans quand il a été échangé aux Canucks de Vancouver, en février dernier.

La transition s’est visiblement faite en douceur, si on se fie aux statistiques : 10 points en 10 matchs, avant que la pandémie n’interrompe la saison. Parmi ces 10 points, il y a ce but, marqué à son troisième match dans son nouvel uniforme, dont vous vous souvenez peut-être.

« Quand je suis arrivé à Vancouver, on m’a immédiatement fait confiance, a raconté Toffoli en visioconférence, mercredi. On m’a donné de bonnes responsabilités. Je sens que c’est la même chose ici. Ils veulent me placer dans des situations à succès. »

Toffoli n’est pas entré dans les détails, et le format des conférences par Zoom rend les conversations fluides plus difficiles. Mais on devine que par « confiance » et « responsabilités », il évoquait son temps d’utilisation bonifié (plus de 18 minutes par match) et, surtout, la qualité de ses coéquipiers. Il a en effet eu Elias Pettersson et J. T. Miller comme compagnons de trio pendant les 10 matchs. On a déjà vu pire.

Jusqu’ici au camp, ses comparses sont Jesperi Kotkaniemi et Joel Armia, certes de bons joueurs, mais pas du tout du calibre des deux noms mentionnés plus haut.

Certaines de ces transitions heureuses se sont aussi faites à Montréal. Octobre 2018, le Tricolore accueillait Tomas Tatar et Max Domi dans ses rangs. Dès son quatrième match, Tatar s’offrait une soirée de trois points, puis allait refaire le coup au match suivant. Après six matchs, il totalisait déjà huit points. Domi ? Une jolie récolte de 11 points à ses 10 premières sorties.

Deux ans plus tôt, Shea Weber s’amenait à Montréal après 11 saisons à Nashville. Le soir de l’Halloween, le défenseur affichait un rendement de 10 points (4 buts, 6 aides) en 9 matchs.

Les difficultés de Chiarot

En revanche, Ben Chiarot avait connu une transition plus difficile l’an dernier, après huit saisons dans l’organisation des Jets de Winnipeg.

Statistiquement, sa situation n’était pas catastrophique, mais après quatre matchs, Claude Julien avait jugé bon de le rétrograder au sein du troisième duo de défenseurs. Chiarot avait notamment évoqué les styles de jeu très différents entre les Jets, qui avaient des attaquants surdimensionnés, et le Canadien, beaucoup plus petit à l’avant.

Corey Perry, un autre nouveau visage du Canadien, qui n’a pas encore sa place au sein des quatre premiers trios, a lui aussi vécu un atterrissage difficile à Dallas, après 14 ans à Anaheim. À la mi-novembre, l’ailier droit avait été blanchi 12 fois en 14 sorties.

Comme Perry et Chiarot avant lui, Josh Anderson en est également à un premier changement d’organisation, mais ne semble pas particulièrement inquiet par la nouveauté.

« On patine beaucoup, on exerce de la pression. En zone neutre, on veut jouer rapidement et les ailiers ne peuvent pas être trop statiques. C’était pas mal ce qu’on faisait aussi à Columbus, et j’aime bien ce système », a décrit Anderson.

Joel Edmundson change quant à lui d’organisation pour la deuxième saison de suite. L’an dernier, les Blues l’avaient échangé aux Hurricanes le 24 septembre, en plein milieu du camp d’entraînement. « J’ai eu besoin d’environ une semaine pour comprendre le système. Ce n’était pas si gros comme changement, se souvient-il. Je me sens déjà bien dans le système du Canadien, et il reste une semaine au camp. »

Pour sa part, Julien entend offrir de la stabilité aux nouveaux venus afin de les aider à trouver leurs repères. C’est d’ailleurs ce qu’il fait après trois jours de camp.

« Tu ne commences pas un camp en mélangeant les trios tous les jours, tu ne pourras jamais trouver de la chimie, souligne l’entraîneur-chef. En les laissant avec les mêmes joueurs, ça leur permet d’apprivoiser le système seulement, au lieu du système et de nouveaux coéquipiers. »

Julien vante Byron

Dans son point de presse, Claude Julien a été questionné à quelques reprises sur le sort qui attend Paul Byron. Plusieurs personnes, dont l’auteur de ces lignes, estiment que le poste du petit attaquant n’est pas garanti dans la foulée des « choix difficiles » que Marc Bergevin a évoqués dimanche. Byron a encore trois ans de contrat à écouler, à 3,4 millions de dollars par saison, et le Tricolore est très serré sous le plafond salarial. Julien s’est porté à la défense de Byron, un assistant au capitaine, rappelons-le. « Je ne vois pas pourquoi son rôle serait différent. Son jeu n’a pas changé, son coup de patin est le même, a dit Julien. Les blessures peuvent te ralentir, mais là, il semble bien aller et patine bien. Comment il sera utilisé, on verra, je vais m’ajuster au quotidien. Je ne peux pas définir son rôle à 100 %. Mais une chose qu’on aime, c’est sa polyvalence. »