La demi-finale entre Équipe Canada junior et la Russie mettra en vedette deux géants du monde du hockey, mais il opposera aussi deux gardiens au parcours bien différent.

Simon Servant
La Presse Canadienne

Pour défendre son titre au Championnat du monde de hockey junior, le Canada devra une fois de plus écarter de son chemin la Russie, lundi soir. Mais cette fois, c’est l’espoir de premier plan Yaroslav Askarov qui sera devant le filet des Russes.

Pour les amateurs de hockey junior, le nom d’Askarov est loin d’être inconnu. Avant même de devenir le gardien numéro un de la Russie pour ce tournoi, le jeune homme de 18 ans avait déjà été comparé à des gagnants du trophée Vézina comme Carey Price ou son compatriote Andrei Vasilevskiy. De plus, il a régulièrement fait sa marque lors d’évènements internationaux, comme la Coupe Hlinka-Gretzky, le Défi mondial des moins de 17 ans ou le Championnat du monde des moins de 18 ans.

À sa première participation au Mondial junior, l’an dernier, Askarov a connu quelques difficultés et il a dû céder sa place à Amir Miftakhov pour le match de la médaille d’or, remporté par le Canada. L’expérience acquise semble toutefois l’avoir préparé à prendre les bouchées doubles.

Lors de la ronde préliminaire, Askarov a inspiré confiance à sa défensive et il a aidé la Russie à vaincre les États-Unis et la Suède. En quarts de finale, contre l’Allemagne, il a parfois joué de chance, mais il n’a tout de même permis qu’un seul but.

Ce genre de performances font réfléchir les entraîneurs adverses et on ne sait jamais si l’imposant gardien de six pieds quatre pouces est mûr pour voler un match à lui seul à son prochain départ.

« Affronter un gardien en contrôle, ça peut arriver à tous les matchs et à tous les pays, a mentionné l’entraîneur-chef du Canada, André Tourigny. Depuis samedi, nous jouons des matchs sans lendemain et nous savons que dans cette situation, tout peut arriver. La marge est tellement mince entre les pays et nous savons que ça va être difficile. »

La réputation d’Askarov n’est plus à faire et c’est donc sans surprise qu’il y a environ trois mois, il a été le premier gardien sélectionné au repêchage de la LNH — au 11e rang, par les Predators de Nashville. Du côté de Devon Levi, il a dû attendre une journée de plus et 201 autres choix avant de finalement entendre son nom être prononcé par les Panthers de la Floride.

PHOTO JASON FRANSON, LA PRESSE CANADIENNE

Kaiden Guhle (21) et Devon Levi (1)

L’histoire semble tirée d’un film pour adolescents, dans lequel le personnage sous-estimé doit trouver une façon d’avoir le meilleur sur le garçon le plus populaire de l’école.

Pourtant, Levi est un habitué des grands moments. Il a connu d’excellentes séries dans la Ligue de hockey midget AAA, en 2018-19, avant d’être nommé le joueur par excellence du Défi mondial junior A et de la Ligue centrale de hockey junior A.

Sorti un peu de nulle part, après avoir été ignoré du camp estival d’Équipe Canada junior, le Montréalais de 19 ans a épaté Tourigny et l’entraîneur des gardiens Jason LaBarbera lors du camp de sélection et il n’a toujours pas perdu un match depuis qu’il est devenu l’homme de confiance.

« Quand Devon est arrivé au camp, il s’entraînait avec un petit groupe de joueurs et Jason venait toujours nous dire qu’il était bon, rapide et qu’il compétitionnait. Quand il a commencé à s’entraîner avec le reste de l’équipe, nous avons vu la même chose que Jason, a expliqué Tourigny. Lorsqu’il a réussi un blanchissage pendant un de nos matchs intra-équipe, je pense que c’est à ce moment qu’il a pris les devants à nos yeux. »

Levi montre un dossier de 5-0-0 avec une moyenne de buts alloués de 0,64, un pourcentage d’arrêts de ,967 et deux blanchissages. Il a d’ailleurs blanchi Askarov et les Russes lors du seul match préparatoire du Canada, le 23 décembre.