Avec la perte de Nick Suzuki et de plusieurs autres leaders, l’entraîneur du Storm de Guelph, George Burnett, s’attendait à une saison difficile l’hiver dernier dans la Ligue junior de l’Ontario.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Or, au moment de l’interruption de la saison, Guelph montrait une fiche de 32-23-3 malgré une formation plutôt inexpérimentée. Burnett doit ses succès en grande partie à un autre jeune membre de l’organisation du Canadien, un centre droitier comme Suzuki, son capitaine Cam Hillis, 19 ans.

Hillis a signé cette semaine un contrat de trois ans avec le CH, après avoir obtenu 83 points en 62 matchs, en route vers une saison de 91 points sur une saison complète.

Il est le seul parmi les quatre juniors canadiens repêchés en 2018 à avoir obtenu un contrat. Allan McShane, Cole Fonstad et Samuel Houde espèrent toujours un appel de la direction du Canadien, mais leurs chances d’imiter Hillis semblent minces.

Dès le premier jour

« Cam a été notre joueur le plus important dès le premier jour », confie au bout du fil Burnett, 58 ans, ancien entraîneur-chef pendant quatre ans dans la Ligue américaine, et brièvement à la tête des Oilers d’Edmonton. Burnett a aussi dirigé les Bulls de Belleville (et P.K. Subban) pendant plusieurs saisons.

Parmi ses décisions importantes, Burnett a nommé Hillis capitaine même si son jeune joueur a disputé seulement 33 matchs et amassé 22 points, la saison précédente.

« Il a surmonté beaucoup d’adversité. Il a surmonté trois blessures majeures l’an dernier. Personne ne sait à quel point il a inspiré notre équipe lors de la conquête de la Coupe Memorial, l’an dernier, même s’il ne pouvait pas jouer. »

Burnett jure qu’il n’a pas agi par charité. « On ne nomme jamais un joueur capitaine pour l’aider. Il était non seulement notre meilleur joueur, mais aussi notre meilleur leader. Notre attaquant Pavel Gologiev se dirigeait vers une saison de plus de 100 points après une année difficile et Cam a eu un impact important sur ses succès. »

Le talent d’Hillis a été reconnu par les entraîneurs de la Ligue junior de l’Ontario à la fin du mois de mars. Il a terminé troisième pour le titre de meilleur passeur dans l’Association de l’Ouest, derrière Cole Perfetti, choix probable parmi le top 10 au prochain repêchage, et Ryan Merkley, choix de premier tour des Sharks en 2018.

Il a terminé au troisième rang au chapitre des mises au jeu et au troisième rang pour la qualité du jeu défensif, derrière Damien Giroux et Liam Foudy, choix de premier tour des Blue Jackets de Columbus en 2018.

George Burnett évite évidemment toute comparaison avec son meilleur joueur des séries l’an dernier, Nick Suzuki, un centre droitier comme Hillis.

« Ça ne serait pas juste de le faire. Cam a joué deux ans et demi dans notre ligue, comparativement à quatre ans pour Nick. Ce sont des joueurs différents, même si les deux se démarquent par leur ardeur au travail et leur capacité à rendre leurs coéquipiers meilleurs. Nick va compter davantage au niveau de la LNH. Cam est avant tout un fabricant de jeux. Il possède beaucoup de qualités, mais il ne compte pas comme Nick et il ne tire pas comme Nick. Pas encore, du moins. »

Ténacité

Si le scénario se déroule comme prévu, Hillis, choix de troisième tour en 2018 derrière Jesperi Kotkaniemi, Jesse Ylonen, Alexander Romanov et Jacob Olofsson, se joindra au Rocket de Laval. Il pourrait aussi retourner dans les rangs juniors comme joueur de 20 ans.

« Il a plusieurs choses à améliorer, dit Burnett. Mais je ne dirai jamais à Cam Hillis qu’il n’est pas capable d’atteindre un objectif. Il n’est pas très gros, 5 pieds 10 pouces et 175 livres, il est peut-être jugé petit selon les standards de la Ligue nationale. Mais il s’est beaucoup amélioré au chapitre de sa force physique et de sa résistance. Il est tenace. Mais il choisit désormais mieux ses batailles. Il se protège mieux. Sa vision du jeu reste extraordinaire. »

Le Canadien détenait 11 choix en 2018, dont six dans les trois premiers tours. Les plus négatifs diront qu’ils auront gaspillé des choix s’ils n’offrent pas de contrat à McShane, Fonstad et Houde. Les plus positifs affirmeront au contraire qu’ils n’auraient peut-être jamais pu mettre la main sur Romanov, Jordan Harris et Hillis sans cette abondance de choix.