Dans les 24 dernières heures, il a beaucoup été question de l’ascendant qu’avait Nate Thompson dans le vestiaire, auprès des jeunes. Thompson parti, on pourra observer une partie de son héritage mardi soir, lors de la visite des Canucks de Vancouver à Montréal.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

C’est que Jake Evans prendra - à moins d’une surprise - la place du populaire vétéran, au centre du quatrième trio. Rappelé lundi, Evans disputera un septième match dans la LNH, mais seulement un deuxième au centre.

Le premier, c’était le 15 février, contre les Stars de Dallas. Le Tricolore disputait un deuxième match en deux soirs, et Thompson avait abdiqué en raison d’un virus.

« Ce jour-là, ça allait vite, se souvient Evans. Mais toute la semaine, on prenait des mises au jeu à l’entraînement. C’était important que je le fasse, car je me faisais laver par lui et [Jordan] Weal. Ça m’a aidé ! »

Evans s’en était plutôt bien tiré contre les Stars, gagnant la moitié de ses mises au jeu (4 en 8). Il avait terminé sa soirée de travail de 11 minutes de jeu avec un différentiel de +1.

Sauf que cette fois, il ne sera pas simplement le remplaçant. Avec le départ de Thompson, le poste de quatrième centre pourrait être le sien pour les 18 matchs à jouer au calendrier. Il dit que la direction ne lui a rien confirmé quant à son statut d’ici la fin de la saison, mais Claude Julien parlait comme un entraîneur qui souhaite lui donner une vraie chance de montrer qu’il peut occuper ce rôle à temps plein dans la LNH.

« C’est ce qu’on verra. Mais on soupçonne que ce soit le cas », a dit Julien, après l’entraînement optionnel de mardi matin.

La marge de manoeuvre

Lors de son point de presse de lundi, Marc Bergevin a expliqué comment sont gérés les espoirs de l’équipe à Laval. « Certains soirs, ces jeunes-là ont de la difficulté. Mais Joël [Bouchard, l’entraîneur-chef du Rocket] continue à les mettre sur la patinoire », mentionnait le DG.

Des dires confirmés par Evans. « À Laval, on avait beaucoup de soutien et de confiance des entraîneurs. Tant qu’on travaillait fort et qu’on jouait pour l’équipe, on avait du temps de jeu. D’avoir ça, quand tu es jeune, ça aide beaucoup. »

Avec cette confiance, Evans a inscrit 38 points (14 buts, 24 passes) en 51 matchs, avec un différentiel de -5. Sa fiche est d’autant plus impressionnante qu’au 15 novembre, il n’avait que 4 points en 17 matchs, et un différentiel de -9.

On dit toutefois souvent que la LNH n’est pas une ligue de développement, et Evans en est bien conscient.

« Ici, je sais que je n’aurai pas autant de marge de manoeuvre. Tu joues dans la LNH, contre des joueurs incroyables. Tu ne peux pas faire d’erreurs », a dit le jeune homme.

Julien, lui, n’a pas aimé être questionné au sujet de la gestion des erreurs des jeunes.

« On voit un jeune monter et la première chose dont on parle, ce sont les erreurs. Moi, je vais parler de ce qu’il apporte. C’est un joueur très intelligent. Il a passé une saison et demie à Laval et il s’est amélioré. L’expérience qu’il a acquise a porté ses fruits quand il a été ici. J’ai beaucoup de confiance en lui. Il a écoulé les punitions et il a fait le travail. »

Dale Weise sera, selon toute vraisemblance, son ailier droit mardi. Weise a vu Evans évoluer à Laval en fin de saison dernière et cette année. Et il le voit apte à gérer avec ses possibles erreurs de recrue.

« C’est probablement la partie la plus difficile pour un jeune, surtout au centre. Il y a beaucoup plus de responsabilités. Mais il a la bonne attitude, il ne se prend pas trop au sérieux, il est capable de rire de ses erreurs, ce qui est important quand tu apprends une position aussi importante », a souligné le numéro 22.

Trois changements

C’est une formation bien différente de celle du dernier match que l’on devrait voir à l’oeuvre, puisque Thompson, Ilya Kovalchuk et Nick Cousins ont été échangés depuis. Evans, Jordan Weal et Dale Weise prendront leur place. Ces départs, et les blessures à Xavier Ouellet et Victor Mete, font en sorte que le CH compte le nombre minimal de joueurs (12 attaquants, 6 défenseurs) pour affronter les Canucks.

Des purges comme celle qu’on a vu ces derniers jours peuvent parfois scier les jambes à une équipe. Cette possibilité n’inquiète toutefois pas Julien.

« On a perdu de l’expérience, du leadership, des gars rassembleurs, a admis l’entraîneur-chef. Mais on a un groupe qui va se présenter ce soir, qui va continuer à compétitionner, parce que c’est le genre de groupe qu’on a. »