L’empreinte qu’a laissée Guy Lafleur sur l’histoire du Canadien de Montréal, et sur celle du hockey au Québec en général, est indélébile. Mais le Démon blond aurait voulu contribuer encore davantage au succès de l’organisation avec qui il a remporté trois championnats des compteurs et cinq Coupes Stanley.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, M. Lafleur a avoué qu’il aurait adoré jouer un rôle prédominant dans la direction du Canadien.

L’automne dernier, sur le même plateau, son ancien coéquipier Serge Savard, directeur général du Canadien de 1983 à 1995, a manifesté son regret d’avoir confiné Lafleur à un emploi dans l’équipe de marketing de l’équipe, dont il est toujours l’un des principaux ambassadeurs, plutôt que de lui avoir offert un poste dans le « groupe hockey ».

Savard en était encore à ses premiers pas comme directeur général lorsque Guy Lafleur a annoncé sa retraite, au début de la saison 1984-1985, à la suite d’une mésentente avec son entraîneur Jacques Lemaire. Si c’était à refaire, il aurait fait du célèbre numéro 10 un membre de sa garde rapprochée.

« Je ne sais pas s’il aurait aimé ça, mais j’aurais dû faire ça », avait dit Savard.

Dimanche soir, Guy Lafleur a confirmé à Guy A. Lepage que « oui, c’est une chose [qu’il aurait] aimé faire ». « Mais ça n’a jamais adonné », a-t-il concédé.

Après être revenu au jeu quelques années plus tard dans l’uniforme des Nordiques de Québec à la fin des années 80, Lafleur s’est enquis de la possibilité de se joindre à la direction du club après son retrait définitif du jeu, mais le président de l’organisation, Marcel Aubut, lui a signifié que le directeur général du moment, Pierre Pagé, n’avait pas besoin d’adjoint.

Or, « à cette époque, les Nordiques étaient sur le point d’être vendus, et je ne le savais pas », a dit Lafleur dimanche soir.

Retour en santé

L’apparition de Guy Lafleur à Tout le monde en parle conclut le retour du légendaire ailier droit dans l’espace public après une longue convalescence. Lundi dernier, il était au Centre Bell pour accueillir Alexis Lafrenière et les principaux espoirs québécois en vue du prochain repêchage de la LNH, mais il s’est fait assez discret.

À Radio-Canada, il a raconté que c’est lors d’un voyage de pêche au Labrador qu’il a vécu les premiers signes précurseurs d’un problème cardiaque.

De retour au Québec, il s’est soumis à un examen de routine préalable au renouvellement de son permis de pilotage d’avion, mais un électrocardiogramme a révélé des éléments inquiétants. Au cours des jours suivants, il subissait un quadruple pontage coronarien.

Deux mois plus tard, on lui découvrait une tache cancéreuse sur un poumon ; subséquemment, on lui a retiré le lobe du poumon droit ainsi que les ganglions.

Voilà maintenant M. Lafleur de retour sur pied. Il dit avoir adopté de plus saines habitudes de vie, alors qu’il a notamment arrêté de fumer.

« Tu étais un joueur de hockey qui fumait ! », s’est exclamé Guy A. Lepage.

« Je fumais parce que je voulais que les autres joueurs soient de la même vitesse que moi », a rétorqué le Démon blond, provoquant l’hilarité dans l’assistance.

Le médecin m’a dit que j’étais bon pour 25 ans encore !

Guy Lafleur

M. Lafleur s’est dit « très content » de renouer avec la vie publique après des mois de repos à la maison. « C’est des choses qui t’aident à regarder en avant et à continuer d’avancer », a-t-il dit.

Il a reçu l’appui de dizaines d’anciens coéquipiers et adversaires. Bobby Orr, gloire des Bruins de Boston dans les années 60 et 70, lui a justement passé un coup de fil au cours des derniers jours.

« Après avoir vécu tellement d’animosité et de bataille sur la glace, les joueurs se soutiennent et s’informent, ils veulent que ça aille mieux. Ça fait vraiment plaisir », a dit M. Lafleur.

Il a par ailleurs parlé de la nouvelle gamme de vins portant son nom qu’il s’apprête à lancer au cours des prochaines semaines. Guy A. Lepage a donc servi aux invités présents en studio un verre de Guy Lafleur Signature, Chardonnay 2017.

Après avoir trinqué, Dany Turcotte, « fou du roi » de l’émission, a remis à M. Lafleur une carte sur laquelle était écrit : « Levons nos coupes de vin bleu, blanc, rouge à votre santé ! »