Si Ilya Kovalchuk est ici, à s’amuser et à jouer au hockey avec un plaisir qui ne se dément pas, c’est un peu grâce à Nate Thompson.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Mais avant, un peu de contexte.

Le 16 décembre dernier, les Kings de Los Angeles, qui avaient consenti à Kovalchuk un contrat de trois ans pour 18,75 millions de dollars américains à l’été 2018, décident qu’ils n’en peuvent plus de lui, et placent son nom au ballottage afin de déchirer son contrat. C’est la fin de Kovalchuk chez les Kings, et c’est peut-être aussi sa fin dans toute la LNH, parce que bien franchement, qui allait bien vouloir de lui ? Avant le divorce, les Kings l’avaient laissé dans les gradins le temps de 18 matchs consécutifs. Il devait bien y avoir une bonne raison.

Mais Kovalchuk, lui, avait encore le goût de jouer au hockey, et quand il a été mis au courant de l’intérêt du Canadien pour ses talents, il a passé un coup de fil à Thompson, son coéquipier de jadis chez les Kings.

« Avant d’accepter l’offre du Canadien, je savais évidemment que cette équipe a fait partie des six premières de la ligue, je savais qu’il y a eu plusieurs coupes Stanley, plusieurs joueurs légendaires qui ont joué avec le club, a-t-il expliqué vendredi à Brossard. Et puis j’ai parlé à Nate avant de venir ici, et c’est lui qui m’a dit à quel point le Canadien est une bonne équipe, composée de bons gars aussi, et il m’a parlé de la ville, de l’ambiance. Alors ça ne faisait plus aucun doute pour moi, je devais venir jouer ici. »

De Montréal, Kovalchuk avait pu conserver d’excellents souvenirs au fil des ans lors de ses visites au Centre Bell à titre de joueur adverse. « Quand j’étais avec les Thrashers d’Atlanta et que Bob Hartley était le coach, on se faisait toujours un devoir d’arriver ici en avance, quelques jours avant notre match contre le Canadien. J’ai toujours aimé l’ambiance en ville, l’ambiance au Centre Bell, la bonne musique qui est diffusée à haut volume pendant l’échauffement. J’en ai toujours gardé un excellent souvenir. »

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Nate Thompson (44)


L’attaquant de 36 ans l’a déjà dit, il l’a répété une autre fois vendredi : ici, lui, il adore. Bien sûr, il n’est pas le premier à dire ça, et on aurait besoin de quelques écrans de téléphone pour dresser la liste de tous les joueurs qui ont flirté avec le Canadien au gré des saisons pour mieux se pousser avec un autre club à l’été.

Mais quand il parle de son amour pour le hockey, pour la ville, quand il parle de son amour pour notre météo (« j’espérais pouvoir revoir un peu de neige… mais peut-être pas autant que ça ! »), Kovalchuk paraît sincère. Sur ce point, il n’est pas sans rappeler un autre compatriote russe de grand talent, Alex Kovalev, peut-être le dernier avant lui à faire bondir de leur siège les fans du Centre Bell de cette façon.

Il se trouve d’ailleurs que les deux hommes sont de bons amis. « Je connais Alex très bien parce que nous étions des co-chambreurs quand on était tous deux des membres de l’équipe nationale de hockey russe… mais malheureusement, je n’ai pas eu le temps de lui parler depuis que je suis ici. Il est assistant pour un club de la KHL maintenant. »

En attendant de penser à la saison prochaine et au prochain contrat, Ilya Kovalchuk aime mieux penser aux Maple Leafs de Toronto, les visiteurs de samedi soir au Centre Bell. On lui a déjà expliqué que les matchs CH-Leafs, le samedi soir en plus, sont toujours un peu spéciaux.

Vous aurez compris qu’il a très hâte.

« Ma famille est en ville, tout le monde va avoir l’occasion de vivre de très près cette grande rivalité… Moi, je suis prêt aux moments comme ça. J’aime ce genre de pression, c’est plaisant. »

Et puis au fait, n’allez pas lui parler de la date limite des échanges qui s’en vient, de ces rumeurs qui font état d’un possible déménagement si jamais une autre équipe voulait offrir un choix de deuxième tour au Canadien en retour. Il ne veut rien entendre de tout ça, parce qu’il a plutôt un objectif différent en tête.

« Je veux vivre l’atmosphère des séries ici, a-t-il ajouté. De ce que l’on m’a dit, les gens deviennent fous ici quand c’est les séries, la ville ferme et tout le monde regarde les matchs. C’est ce que je veux vivre. »

Drouin devra (encore) attendre

PHOTO NICK WASS, THE ASSOCIATED PRESS

Jonathan Drouin (92) s’est blessé le 15 novembre dernier.

Jonathan Drouin se sent mieux… mais pas assez pour pouvoir sauter sur la glace et prendre part à un match dans l’immédiat. Ainsi, à moins d’un énorme revirement de situation, l’attaquant québécois ne sera pas en mesure d’affronter les Maple Leafs de Toronto, samedi soir au Centre Bell. Il a bel et bien pris part à l’entraînement de vendredi à Brossard, mais n’affichait pas son enthousiasme des beaux jours au terme de celui-ci. « Je me sens mieux mais on verra samedi matin comment ça se passe, s’est-il limité à dire. C’est sûr que c’est long et que je suis un peu impatient. C’est une saison qui est longue pour moi. » On croit comprendre que c’est en premier une question de confort pour Drouin, qui a été opéré au poignet gauche et qui porte encore un protecteur à cet endroit. « C’est guéri, maintenant ça revient au joueur lui-même de savoir quand il va se sentir en mesure de jouer, a expliqué l’entraîneur Claude Julien. On attend sa réponse. »

Encore des microbes

Comme le reste de la population québécoise, les joueurs du Canadien doivent composer ces jours-ci avec un quotidien composé de microbes, de collègues qui toussent et de Purell. Ainsi, pas moins de quatre joueurs ont dû rater l’entraînement de vendredi en raison de symptômes grippaux, soit Tomas Tatar, Victor Mete, Jordan Weal et Ryan Poehling, qui sont tous des cas incertains en vue de samedi soir pour la visite des Maple Leafs. Le défenseur Shea Weber, toujours blessé, était absent lui aussi de l’entraînement de vendredi.