Jeff Petry vaudrait au moins un choix de première ronde et deux espoirs (de deuxième ordre). Ainsi écrit le distingué Elliotte Friedman dans sa plus récente chronique cette semaine. L’analyste fait un parallèle entre Jake Muzzin, échangé des Kings de Los Angeles aux Maple Leafs de Toronto pour un choix de première ronde et deux jeunes joueurs.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Los Angeles a repêché le défenseur suédois Tobias Bjornfot au 22e rang et obtenu Carl Grundstrom, 22 ans, et Sean Durzi, 21 ans. Les deux jouent dans la Ligue américaine cet hiver.

Muzzin venait de connaître une saison de 42 points à Los Angeles et jouait en moyenne 21:39 par match. Petry, l’an dernier, a amassé 46 points et jouait en moyenne 23:07 par match. Au rythme actuel, il dépassera légèrement ce total cet hiver.

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Le défenseur des Maple Leafs Jake Muzzin, portant le chandail d'entraînement.

Une telle offre serait évidemment alléchante pour le CH. Mais le contexte des Kings en janvier 2019 était différent de celui du Canadien aujourd’hui. Los Angeles avait un club vieillissant et médiocre et entamait un cycle de réinitialisation.

Le Canadien, lui, est au cœur de ce cycle. Comme je l’écrivais la semaine dernière, la saison 2020-2021 constituera l’an trois de ce processus de réinitialisation. Il faudra des résultats. D’autant plus que la banque d’espoirs est déjà bien garnie.

Si Petry est échangé, le top quatre défensif du CH encaissera un dur coup. Petry demeure un défenseur de premier plan et un pilier essentiel lorsque Shea Weber tombe au combat. À 35 ans l'été prochain, celui-ci est encore plus sujet aux blessures.

Petry n’a raté aucun match depuis trois ans, joue toujours plus de 23 minutes par match et amasse au minimum une quarantaine de points. Qui le remplacera s’il part ? Cale Fleury, malgré sa fougue et son talent, est encore vert. Il a seulement 21 ans et manque d’expérience.

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Cale Fleury mettant en échec Zac Rinaldo, des Flames de Calgary lundi dernier.

Noah Juulsen est toujours incommodé par ses maux de tête. Il a disputé 12 matchs cette saison. Josh Brook est encore en apprentissage… dans la Ligue américaine. On l’a rayé de la formation deux matchs sur trois le week-end dernier.

Marc Bergevin doit trouver un équilibre entre l’avenir et le succès pour la troisième année de son plan. Une vente de feu signifierait l’abandon de tout espoir de participer aux séries éliminatoires pour les prochaines saisons, sans garantie de succès à long terme. Son refus d’échanger Carey Price et Shea Weber, annoncé hier par Pierre Lebrun, entre dans cette logique. Qui, de toute façon, voudra céder ses meilleurs espoirs pour des vétérans sous contrat pour encore six ans ? Un bon joueur avec un contrat monstrueux n’est pas un bon joueur sur le marché. Petry, lui, a encore une autre année à son contrat seulement.

Le cas Tomas Tatar diffère. On peut davantage se passer de lui que de Petry. Avec tout le personnel en santé, le CH compte Jonathan Drouin, Max Domi (ou Nick Suzuki), Artturi Lehkonen, Brendan Gallagher, Joel Armia, Paul Byron et désormais Ryan Poehling aux ailes. Cole Caufield joindra probablement le club en fin de saison ou au début de la prochaine.

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Jonathan Drouin marquant un but aux dépens du gardien Elvis Merzlikins des Bluejackets de Columbus le 12 novembre 2019.

La valeur de Tatar n’a jamais été aussi élevée. Il a 40 points en 48 matchs. À ce rythme, il en amassera 68, sa meilleure saison en carrière. Il vient d’avoir 29 ans. Son contrat prend fin en juillet 2021 et son salaire occupe 4,8 millions sur la masse salariale (Vegas en assume 500 000 $). On lui devra 4,2 millions l’an prochain puisque 6 millions lui ont déjà été versés à la première année de son entente.

Sans être un monument de fiabilité défensive, il joue de façon adéquate pour occuper un poste au sein de l’un des meilleurs trios de la LNH à égalité numérique. Vegas avait offert des choix de première, deuxième et troisième ronde aux Red Wings en février 2018 alors qu’il avait seulement 28 points en 62 matchs au compteur.

Detroit en a profité pour repêcher Joe Veleno avec le choix de première ronde en 2018 et Robert Mastrosimone avec le choix de deuxième ronde en 2019. Veleno, 20 ans, a amassé six points en six matchs au Championnat mondial junior. Mastrosimone, 18 ans, a 12 points en 19 matchs à sa première saison à Boston University.

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Joe Veleno durant un exercice d'Équipe Canada junior le 29 décembre 2019 à Ostrava, en Tchéquie.

Si on offre au Canadien un choix de première pour Tatar, Marc Bergevin devra y songer sérieusement. Le CH a déjà en banque son premier choix en 2020 pour le repêchage présenté à Montréal, fort probablement un top-10, deux choix de deuxième ronde, fort probablement aussi dans le top-10 de la deuxième ronde (le sien et celui de Chicago), son choix de troisième ronde et trois choix de quatrième ronde.

Sinon, il y a aussi les joueurs de location : Nate Thompson et Marco Scandella. Sans oublier Ilya Kovalchuk, dont la valeur ne doit cesser de monter après un cinquième point en six matchs hier, beaucoup de créativité, mais aussi de fougue et de robustesse, et un temps d’utilisation presque toujours supérieur à 20 minutes par match.

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